LE POÈME A LA NUIT
La mer phosphorescente étincelle et reluit.
Un nuage a l’aspect d’un mont couvert de glace,
Une pâle clarté déchire au loin l’espace,
La lune brillera sur la crête à minuit.
C’est l’heure où frôlant l’air de ses ailes, sans bruit,
Vole aux sapotilliers le chat-huant vorace ;
Poète, négligeant l’Hymette et le Parnasse,
Il te faut composer un poème à la nuit ;
A la nuit tropicale, immense, sans pareille,
Portant l’étoile verte et l’étoile vermeille,
Dont le voile est de feu, d’ombre et de diamant.
Chante, la voix des mers immenses t’accompagne
Et l’encens sept fois pur des fleurs de la montagne,
Charmera ton silence et ton recueillement.