LE SOIR
Le vent dans les palmiers chante des odes pures
Et la vague blanchit le golfe lumineux ;
L’horizon est de pourpre et les pitons sont bleus
Dans les grands cocotiers les noix blondes sont mûres.
Les algues dans l’air frais sèchent leurs chevelures.
Les sables un à un éteignent leurs doux feux.
Le jour meurt. Des pluviers reviennent deux à deux
Vers l’îlot où la lame a de rauques murmures,
Un nuage a noyé le profil pur des monts ;
Les canots sont rentrés parmi les goémons,
A l’ouest rougit encor la dernière des voiles.
Viens voir pour enchanter ton cœur toujours amer,
Sous l’azur éternel, où naissent les étoiles,
Miroiter les déserts immenses de la mer !