LES VAUTOURS
J’ai vu dans les couloirs d’hôpital et d’hospice
Passer la caravane innombrable des maux ;
Et parmi les cités en deuil tous les fléaux
Qui dans la chair de l’homme allument le supplice.
Un avorton, victime innocente du vice,
Souffrait dans les draps blancs de son étroit berceau,
Et ses yeux agrandis par le mal et très beaux
Semblaient chercher le ciel et demander justice.
Et je songeais alors à votre mission,
Prophètes pleins d’amour et de compassion,
Savants brûlés aux feux de vos laboratoires ;
Vous qui rêvez, dans le silence et la clarté,
D’arracher à jamais toutes les ailes noires,
Des grands vautours planant sur notre humanité.