HÉRÉDITÉ

Quand un noble idéal gonfle l’âme sereine,

Nous rêvons la lumière en elle et non la nuit ;

Et nous nous efforçons d’y taire tout vain bruit

D’orgueil et d’en chasser l’injustice et la haine.

Mais, ravivant le flux des passions lointaines,

Invisible et présente, au gré du temps qui fuit,

Toujours l’Hérédité fatale nous poursuit,

Vieux revenant sorti des ténèbres humaines.

L’héritage des morts est en ses doigts cruels

Et nous sentons en nous, ainsi qu’en des Babels,

Gronder l’écho confus des vices séculaires.

Car du legs ancestral rien ne s’est effacé,

Le sang des vieux péchés coule dans nos artères ;

Sur l’avenir s’allonge l’ombre du passé.