PETITS PAYSAGES
LE FLAMBOYANT
Sous l’étincelle d’or des oiseaux-mouches braves,
Le rouge flamboyant semble un volcan de fleurs ;
Une averse un instant a noyé ses splendeurs,
Mais le soleil couchant va raviver ses laves.
L’ARBRE INCONNU
Au bord de la savane où broutent les cabris,
L’arbre en fleurs dont les fruits sont aimés des perruches
Semble un grand arc-en-ciel ivre d’un bruit de ruches,
Tant il est éventé de vols de colibris.
L’ARBRE ROUGE
Quand l’aube blanche et rose inonde la prairie,
Il est comme un récif de corail aux cieux clairs ;
Sur lui des papillons voltige la féerie,
Les oiseaux-mouches bleus le traversent d’éclairs.
L’EUCALYPTUS
Le bel eucalyptus balancé par le vent
Semble d’un vaisseau fou la grande voile verte ;
Qu’il est doux à ses pieds de s’endormir, rêvant
Qu’on est parti tous deux vers une île déserte.
LES POISSONS
Vous qui jouez aux eaux des anses découvertes,
Du doux chant des oiseaux vous ignorez le miel ;
Mais vous savez l’îlot cher aux Sirènes vertes,
Poissons mystérieux, frères de l’arc-en-ciel.
LA TOURTERELLE
La vérandah laissait rentrer l’heure laiteuse
Et la lune dorait l’île de sa clarté ;
Toute la claire nuit, nous avons écouté
Ton frais roucoulement, tourterelle amoureuse.
LES LUCIOLES
J’aime les clairs de lune où miroitent les anses,
Mais préfère les nuits où voltigent vos feux,
Lucioles, berçant à l’heure du silence,
Vos douces lampes d’or dans les grands arbres bleus.