VERS LE CAP-AUX-OISEAUX

I

Faisons chanter les vers comme de verts roseaux

Et faisons-les bondir comme de blanches lames ;

Le canot caraïbe au rythme gai des rames,

O charme, nous conduit vers le Cap-aux-Oiseaux.

II

Sous le ciel merveilleux qui sans fin se déploie,

Nous aurons, je le sens, d’incomparables jours ;

Ah ! dans le grand désert sauvage de l’amour

Il est des oasis adorables de joie.

III

Que le grand vent qui souffle, aux quatre coins des cieux

Emporte aux portes d’or des étoiles mes rêves ;

Je veux les voir monter à l’horizon des grèves,

Vers les hauts archipels des astres radieux.

IV

Les oiseaux de l’aurore annoncent la lumière ;

La clef d’or du soleil brille au portail du jour.

Le feuillage est heurté d’une brise légère.

Je m’éveille et je vois tes yeux, mon jeune amour !

V

Quand nous irons tous deux écouter sur la grève

Les complaintes du flot et les lyres du vent,

Mon cœur sera chargé d’un bonheur émouvant ;

Les îles de tes yeux sont douces à mon rêve.