XVIII
Jonas devient ambitieux.
La première parole de Jonas fut :
« Et mon vin ?
— Tout à l’heure, lui dis-je ; dans deux ou trois mois ; patiente un peu. »
Le sonneur me regarda d’un air hébété.
Chamaï lui détacha une bourrade amicale dans les côtes.
« Je suis content de te revoir tout de même, ivrogne, lui dit-il.
— Et moi aussi, capitaine, et moi aussi, répondit Jonas. Qu’est-ce que je dois faire à présent ?
— Tu dois faire, lui répondis-je, exactement ce que te dira Hannon, pour nous aider à sortir de ce lieu maudit et à rejoindre nos navires. »
Jonas parut réfléchir profondément. Son front se rida, tellement il fit effort pour rassembler ses pensées, et la couche de vernis rouge qui l’embellissait s’écailla de plus en plus.
« Alors, dit-il enfin, je retournerai, moi aussi ?
— Sans doute, répondis-je ; as-tu l’intention de rester ici avec tes sauvages ?
— Dans ton huile de poisson ? appuya Himilcon.
— Ah ! je vais vous dire : ici, je suis dieu.
— Belle divinité ! dis-je en haussant les épaules.
— Quand je serai sur les navires, continua Jonas, Chamaï me donnera des coups de poing et le seigneur Hannibal des coups de pied ; chacun m’appellera Jonas la bête, Jonas tête de bœuf, Jonas la brute. Ici, c’est moi qui donne des coups aux autres. J’ai rossé tellement le dieu des sauvages du Nord, un dieu qui savait siffler et chasser les nuages, qu’il en est mort une heure après. Les sauvages m’apportent tout ce que je veux, des bœufs, des renns, de la viande plus qu’un homme ne peut manger. A Eltéké, les petits garçons couraient après moi et m’appelaient le simple, le niais, l’idiot ; et les anciens me donnaient les travaux les plus lourds à faire, outre que je tirais toute l’eau du puits. Et quand j’avais porté les gros paniers d’olives sur ma tête et les grands sacs de blé sur mon dos, j’étais bien content quand on me donnait seulement une petite mesure de vin. Ici je n’ai qu’à souffler un peu dans ma trompette, et tout le monde se prosterne, et les vierges du peuple m’apportent un bœuf ou un grand poisson tout au moins. C’est une belle chose d’être dieu. On ne fait rien et on mange son soûl ; voilà ! »
Nous regardâmes tous notre sonneur de trompette avec admiration. Jamais Jonas n’avait tenu un discours aussi long ; jamais il n’avait raisonné avec tant d’intelligence et de lucidité. Sa profession de dieu lui avait évidemment ouvert les idées, et même, d’une certaine manière, donné de l’ambition. Nous étions stupéfaits.
« Alors, lui dis-je, tu ne veux pas venir avec nous ?
— Je ne dis pas cela, capitaine, répondit Jonas avec une vivacité insolite. Je vous aime bien tous, et surtout Hannon. Où ira Hannon, j’irai.
— Tu veux, reprit Himilcon, t’abreuver d’eau puante et d’huile de poisson, et ne plus jamais goûter de ta vie au bon vin d’Helbon ?
— Non, non ! s’écria Jonas.
— Tu veux, dis-je à mon tour, rester sous le ciel brumeux et froid, et ne plus revoir le soleil de Palestine, et les coteaux de Dan, et les bois d’oliviers ?
— Non, non ! gémit le sonneur les larmes aux yeux.
— Tu veux, dit Bicri, ne plus manger de pain, de bon pain de fleur de froment et de bons gâteaux frits dans l’huile d’olives, et ne plus revoir Jaffa et la riante Jérusalem ?
— Non, non ! pleura Jonas, emmenez-moi ; j’irai, j’irai.
— Tu veux, reprit Hannon, ne plus revoir Eltéké, et ne pas triompher en racontant dans ton village les choses extraordinaires que tu as vues, les Béhémoth, les Léviathans, la cuisine de Nergal et comment tu as été dieu toi-même ?
— Ils ne me croiront pas, beugla Jonas, ils me donneront cent coups de bâton ; mais emmenez-moi vite. Allons, retournons, rentrons chez nous, allons vite à Eltéké.
— Sans compter, dit encore Bicri, que nous emmènerons Guébal, et que nous le ferons voir par toute la tribu de Dan, et par celle de Benjamin aussi. »
Cette fois, Jonas n’y tint plus. Il poussa de véritables mugissements et versa un torrent de larmes.
« Oh ! dit-il, emmenez-moi avec Guébal et avec vous. Allons-nous-en de chez ces vilains sauvages. Tuons-les tous ; donnez-moi une canne, un bâton, une trique, une poutre, que je les assomme ! Je me repens d’avoir hésité, et je ne le ferai plus jamais.
— Jonas, observa Hannibal, pleure exactement comme un veau. Je suis heureux de voir rentrer dans ma troupe un si bon sonneur de trompette. Tiens, Jonas, voici deux sicles d’argent pour toi ; ce sera pour te débarbouiller quand nous serons de retour sur nos navires. Les sauvages qui m’ont dépouillé ont oublié de prendre ma bourse.
— Voici, dit Hannon, ce que nous allons faire. J’ai écrit à Amilcar de ne rien brusquer et de parlementer avec les sauvages, jusqu’au moment où il entendra sonner la trompette. Alors, qu’il réponde avec toutes les siennes. Je profiterai de ce moment pour leur expliquer que les dieux nous appellent et nous disent de leur amener les victimes. Une fois de l’autre côté de la chaussée et près des nôtres, nous ne serons pas embarrassés pour nous tirer d’affaire.
— C’est parfait, répondis-je. Mais comment sauras-tu que nos compagnons parlementent avec les sauvages ?
— Oh ! pour cela, ne crains rien. Ils viendront bien vite me le dire. Rien ne se fait ici sans le dieu Jouno et son prêtre.
— Alors patientons, dit Hannibal. Toutefois je dois dire que la patience est pénible ; depuis trente heures mon ventre est vide et je meurs de faim.
— Et moi donc ! s’écria Bicri.
— Et nous ! » dîmes-nous tous.
Hannon se précipita vers la porte et croassa quelque chose.
« Qu’est-ce que tu fais ? demandai-je.
— Je leur dis que le dieu a faim ! Ne crains rien : les mâchoires de Jonas leur ont appris à ne pas mesurer les offrandes. »
Un instant après, les sauvages apportaient devant le temple des entassements de viande qu’Hannon nous repassa. Poissons bouillis, venaison rôtie, et même grandes cornes remplies de boisson, rien n’y manquait. Nous tombâmes sur les victuailles en gens affamés ; le dieu prit modestement sa part du repas, un léger poisson moitié gros comme un thon et une simple cuisse de renn.
Hannon mangeait de bon appétit en nous accablant de questions. Puis il prit une des grandes cornes remplies de liquide qu’il avait fichées en terre par le bout pointu, et, la portant à sa bouche, se mit à boire à grands traits. Jonas l’imita.
« Horreur ! s’écria Himilcon en faisant des gestes qui exprimaient l’épouvante ; horreur ! Voilà qu’Hannon et Jonas boivent de l’huile de poisson ! »
Hannibal partagea l’indignation du pilote.
« Quels hommes êtes-vous devenus dans vos pérégrinations ! exclama-t-il. Le gosier humain se peut-il pervertir à ce point ?
— Mais non, mais non, répondit Hannon en riant, ce n’est pas de l’huile de poisson ! Les Celtes de l’ouest, et les Kymris, et les Souomi du nord, et les Goti de l’est, et les Guermani du sud, fabriquent également cette boisson avec de l’orge fermentée et le suc d’une autre plante. Ce n’est pas aussi bon que du vin, sans doute, mais ce n’est pas mauvais ; goûtez-en, et vous verrez que c’est potable. »
Hannibal ouvrait de grands yeux.
« Gisgon m’a parlé d’une boisson de ce genre, s’écria Himilcon, et je me souviens d’en avoir bu moi-même à l’embouchure du Rhône. Voyons donc un peu. »
Il approcha une corne de ses lèvres, non sans méfiance. Chacun de nous l’imita.
« C’est aigre, s’écria Bicri.
— C’est amer, dit Chamaï.
— Je reconnais cette piquette, déclarai-je.
— Et moi aussi, dit le matelot ; c’est fade.
— C’est mauvais, appuya Hannibal en vidant sa corne jusqu’à la dernière goutte. Est-ce que cela enivre ?
— Sans doute, répliqua Hannon.
— C’est exécrable, dit Himilcon le dernier. Tiens, donne-m’en encore un peu. »
Hannon lui passa une corne. Le pilote la vida d’un trait.
« C’est écœurant, conclut-il, mais passe-m’en encore une autre corne. Après tout, cela vaut toujours mieux que de l’eau. »
Himilcon et Hannibal finirent par se réconcilier tout à fait avec la boisson des sauvages. Il me parut même que le pilote se réconciliait un peu trop. Nous finissions de manger quand on appela Hannon du dehors. Le jour commençait à poindre.
« A la trompette, vivement, dit-il en rentrant, et apprêtons-nous ! » Jonas emboucha aussitôt son instrument et en tira des sons formidables, pendant qu’Himilcon achevait de vider les cornes, en protestant que cette boisson était répugnante et qu’il ne l’avalait que par horreur de l’eau.
Un instant après, le son lointain de la trompette phénicienne nous répondit en sonnant joyeusement le ralliement. C’était le signal du départ. Nous sortîmes, Hannon et Jonas en tête. Les sauvages s’écartaient sur notre passage, donnant les marques du plus profond respect. Une demi-heure après, nous étions au milieu de nos compagnons, Hannon dans les bras de Chryséis, Jonas dans les étreintes de Guébal, et Chamaï tellement occupé à embrasser Abigaïl, qu’il ne vit même pas Hannibal, Himilcon et Bicri se donner cette douce satisfaction de rosser les trois sauvages les plus voisins.
Cette manière de leur faire nos adieux les indisposa-t-elle contre nous ? Ou bien, la singularité de notre rencontre avec nos camarades et le départ de Jonas leur apprirent-ils les qualités terrestres et l’imposture de leur dieu ? Toujours est-il qu’ils nous accompagnèrent jusqu’à nos navires à coups de pierres et coups de lance ; mais nous étions en nombre et bien disposés à les recevoir. Nous pûmes nous embarquer heureusement, sans perdre personne, et même sans blessures sérieuses. Parmi ceux qui reçurent des horions, je dois signaler Jonas, dont le nez fut irrévérencieusement entamé par une pierre, que lui lança un de ses anciens et fervents adorateurs.
« Enfin, m’écriai-je, dès que nos navires eurent pris la mer et commencèrent à s’éloigner de cette côte inhospitalière, enfin Hannon, tu vas nous raconter tes aventures. Je ne doute pas qu’elles ne soient des plus intéressantes et des plus accidentées.
— Je le veux, » répondit Hannon.
Nos navires se dirigeaient vers l’ouest pour revenir dans la direction de l’île de Preudayn ; la mer était belle, le vent favorable. Tout le monde se groupa sur l’arrière autour du scribe et de Jonas pour écouter leur récit. Mais avant qu’Hannon commençât, Jonas voulut absolument être débarbouillé et endosser des vêtements phéniciens : ce qui lui fut accordé. Enfin, Hannon ayant pris place au milieu de nous, et Jonas à son côté, avec son singe sur son épaule, le scribe commença en ces termes :
« Vous saurez que quand les sauvages nous capturèrent en Tarsis, il y a maintenant plus d’un an, nous courûmes d’abord un grand danger. Un homme phénicien, qui se trouvait là, nous apprit que Bodmilcar était avec eux, et ils tinrent conseil ensemble pour nous livrer ce traître. Sur ces entrefaites, un des chefs des sauvages, enthousiasmé de la trompette de Jonas, nous réclama, et nous refusa à Bodmilcar, qui, nous dit-on, venait d’être blessé. Sauvé de la méchanceté de ce scélérat, je pus, dès la tombée de la nuit, écrire sur une de mes courroies de sandale, à l’aide d’un bout de bois que je trempai dans mon sang, car j’étais blessé moi-même, un message que je liai à la patte de Guébal ; je comptais que l’instinct du singe et son amitié pour Bicri le pousseraient à vous rejoindre.
— Et tu ne t’es pas trompé, répondis-je. Nous avons, en effet, reçu le message.
— Je le pensais bien, ne voyant pas revenir Guébal, reprit Hannon. Le soir même, nous partions vers le nord, conduits par une troupe d’Ibères qui nous traitèrent assez bien. Après un long et pénible voyage, nous arrivâmes à des montagnes d’une hauteur prodigieuse et couvertes de neige. Elles s’appellent Pyrène et séparent Tarsis du pays des Celtes. Nous y fûmes remis au chef des Guipuzcoa, auquel nous étions destinés. Ces Guipuzcoa ou Bascons sont d’agiles et belliqueux sauvages, qui vivent dans les montagnes au bord de la mer, combattant les Celtes au nord-est, les Aitzcoa ou hommes des rochers au nord-ouest et les Ibères au sud. Nous y passâmes deux mois, guettant une occasion de nous échapper. Enfin elle se présenta : la plupart des sauvages étaient partis en guerre et nous avaient laissés à leur village, qui est bâti sur pilotis à l’embouchure d’une petite rivière. Nous pûmes nous emparer d’une pirogue, y jeter à la hâte quelques provisions et prendre la mer. C’est ainsi que nous arrivâmes chez les Celtes. J’appris d’eux qu’il venait de passer de ce côté des navires, et je reconnus entre leurs mains différents objets vous ayant appartenu. Je ne doutai pas que ces navires ne fussent les vôtres, et les Celtes m’ayant fait comprendre que vous aviez pris la direction du nord, naviguant vers le pays d’Armor, je partis sur une de leurs barques qui allait vers cette contrée. C’est là que j’appris un peu la langue celtique. Les gens d’Armor étaient en ce moment en guerre avec les Kymris de l’île de Preudayn, et refusèrent de m’y conduire. Je séjournai deux mois dans leur archipel, ne sachant comment faire pour vous rejoindre à ces îles du nord, où je savais, de source certaine, que vous aviez abordé. Je finis par trouver une barque de Kymris, d’une tribu qui n’était pas en guerre avec ceux de Preudayn, et qui nous offrit de nous y conduire. Je m’embarquai joyeusement, mais un coup de vent nous poussa vers les régions de l’est.
Nous arrivâmes à des montagnes couvertes de neige.
— Oui, s’écria Jonas, il nous faisait tourbillonner comme les feuilles sèches ; et c’est là que je vis des Léviathans, soufflant de l’eau par le nez plus haut que le mât de ce navire ; et c’est là que nous restâmes trois jours sans boire ni manger !
— C’est vrai, reprit Hannon. La tempête était terrible. Elle nous jeta sur la côte, dans la vase et dans les marécages, où nous faillîmes périr. Nos Kymris s’y noyèrent. Pour nous, demi-nus et mourant de faim, nous avons vécu huit jours dans les bois, mangeant des racines et des fruits sauvages.
— Mauvaise nourriture, observa Hannibal.
— Et que buviez vous, dans ces marais croupis ? dit Himilcon.
— L’eau vaseuse et saumâtre.
— Triste boisson, soupira le pilote. Je ne la connais que trop !
— A la fin, continua Hannon, Jonas, qui sonnait à chaque instant de sa trompette pour attirer l’attention des habitants, s’il y en avait, finit par se faire entendre d’une troupe de Souomi qui émigraient vers l’est. Ces sauvages fuyaient devant les Kymris, et aussi devant les Guermani du sud, gens de taille gigantesque, roux de cheveux et très-féroces. Ils détruisent partout les anciens habitants du pays, et s’emparent de leurs territoires. Aux éclats retentissants de la trompette de Jonas, les sauvages nous entourèrent, stupéfaits d’admiration. Tout en nous les surprenait, mais surtout, pour ces peuples imberbes et assez chétifs, la barbe et la taille de Jonas étaient extraordinaires ; trompette et barbe aidant, nous leur inspirions une terreur superstitieuse. Je ne tardai pas à m’en apercevoir, et je l’exploitai à notre profit. C’est ainsi que nous les avons suivis vers leur nouvelle demeure, que nous les avons vus construire ce village où nous étions et que nous y sommes restés, Jonas comme dieu et moi comme son prêtre. Mais, dans toute ma grandeur, je pensais sans cesse à vous, à nos navires, au ciel brillant des rivages de la Grande Mer et à la chère Sidon.
Jonas sonnait à chaque instant de sa trompette.
— Où nous retournons cette fois, dis-je aussitôt ; car à présent j’ai été aussi loin qu’un homme peut aller, et l’heure du retour est arrivée.
— Vive le roi ! s’écria Chamaï ; nous allons donc revoir le soleil !
— Et boire du vin ! s’écria Himilcon en jetant son bonnet en l’air en signe d’allégresse.
— Et nous vêtir magnifiquement ! dit Hannibal, car nos habits commencent à s’user, et bientôt nous ressemblerons plutôt à des mendiants qu’à des guerriers. »
Chacun dit son mot, exprimant la joie que lui causait le retour. Le seul Jonas resta silencieux.
« Eh bien ! et toi, Jonas, tu ne dis rien ? lui demandai-je. Tu ne te réjouis pas de revoir Eltéké et le pays de Dan ?
— Est-ce qu’ils me croiront seulement, répondit le sonneur, quand je leur dirai comment j’ai vu des Béhémoth, et des Léviathans à la douzaine, et les cuisines de Nergal ? Et comment les Souomi m’honoraient et m’apportaient, en un jour, plus de viande qu’on n’en mange en une année dans la maison de mon père ? Est-ce qu’ils me croiront ?
— Nous te porterons tous témoignage, s’écria Chamaï, et le roi lui-même te verra et voudra t’entendre, et il saura que tu es un homme bon et fidèle. »
Bouleversé des marques de tendresse que lui donnait Chamaï et de la perspective des honneurs qu’on lui promettait, Jonas fondit en larmes.
« Est-ce que le roi me verra vraiment ? bégaya-t-il. Le roi me verra lui-même, en sa propre personne ? Et il verra Guébal aussi ? Et je sonnerai de la trompette devant lui et devant tous les grands ? Oh ! oh ! oh !
— Ouï, dit Chamaï, il te verra et tu sonneras de la trompette devant lui.
— Et il verra aussi Guébal, s’écria Bicri, qui saura le saluer poliment.
— Et moi-même, dit Hannibal, je demanderai qu’on te retienne à la cour, et qu’on t’y donne la charge de sonneur de trompette, et qu’on t’y habille d’un habit d’écarlate, car tu es le plus fameux homme qui ait jamais soufflé dans un tube de bronze.
— Et moi, terminai-je, je m’engage à te faire obtenir cette charge, et je te ferai présent d’un vêtement complet !
— Oh ! mugit Jonas, oh ! je serai vêtu d’écarlate et je sonnerai de la trompette devant le roi ! Oh ! que diront-ils à Eltéké ? Oh ! que je suis content d’être venu à Tarsis ! Vive le roi ! Et vive le roi ! »
Là-dessus, Jonas s’enfuit à l’avant, pour méditer à son aise sur les grandeurs qu’on lui promettait, et à partir de ce jour il devint un autre homme.