BUVABLE.
L’auteur du Manuel de la pureté du langage a cru devoir frapper de réprobation l’adjectif buvable. En bonne conscience que peut-on reprocher à cet adjectif? De ne pas tirer son origine du latin, comme la noble expression potable, et d’être un peu familier. Mais quel mal y a-t-il donc que nos Français non-latinistes aient quelques mots qu’ils puissent comprendre facilement, et de plus qu’il y ait des mots pour tous les styles? Presque tous nos dictionnaires, l’Académie en tête, admettent buvable; et nous pensons qu’il fait d’ailleurs si bien le pendant de mangeable que s’il n’existait pas il faudrait l’inventer. Gardons-le donc puisque nous l’avons.