DÉHONTÉ.
Plusieurs grammairiens préférant éhonté à déhonté, et probablement un peu embarrassés pour donner la raison de leur préférence, n’ont rien trouvé de mieux pour proscrire déhonté que de dire qu’il n’est pas français. Ces grammairiens nous semblent dans l’erreur. Déhonté est bien français, si du moins pour l’être il suffit qu’il ait l’autorité de bons auteurs. On trouve déhonté dans Amyot (Trad. de Plutarque. Marcus Crassus.): «Je dis que les Parthes estoient eulx-mesmes bien deshontez, etc.» Marmontel a écrit: «Déhonté ne devait-il pas se dire aussi long-temps que honte?» Et le savant et judicieux M. Ch. Pougens (Archéologie française) le met au nombre des mots à restituer au langage moderne.