DIABLE AU VERT.

Locut. vic.Il m’a fait aller au diable au vert.
Locut. corr.Il m’a fait aller au diable Vauvert.

Saint-Foix (Essais historiques sur Paris) raconte que, sous le règne de saint Louis, des Chartreux, possesseurs à Gentilly d’une très-belle maison qu’ils tenaient de ce prince, et mis en appétit par ce cadeau, s’avisèrent de convoiter le château abandonné de Vauvert, bâti autrefois par le roi Robert dans la rue qu’on nomme aujourd’hui rue d’Enfer, et qu’ils apercevaient de leurs fenêtres. Le demander sans aucune raison valable, c’eût été s’exposer à un refus, même de la part du pieux monarque. Les moines préférèrent employer la ruse; à leur commandement une légion d’esprits peupla le château dont personne n’osa bientôt plus approcher, et, comme on le pense bien, le roi fut, un beau jour, enchanté de trouver près de lui les bons pères, pour se débarrasser de cette maudite propriété qu’ils se chargeaient bravement de disputer aux revenans. Telle est l’origine du diable de Vauvert (ou diable Vauvert, selon Ménage) dont il est si souvent question dans nos auteurs du moyen âge.