ÉCŒURER.
Les dictionnaires les plus récens qui nous donnent beaucoup de mots tout-à-fait inutiles, auraient bien dû se montrer moins oublieux ou moins sévères à l’égard du verbe écœurer, dont notre langue nous paraît avoir besoin. Il ne suffît pas pour écarter un mot de dire qu’il n’est pas français, comme on le fait trop souvent; il faut en démontrer les vices, s’il en a, et c’est ce qu’on n’a pas fait. Un mot qui n’est pas français cette année peut l’être l’année prochaine, comme l’a dit Balzac quelque part, surtout si ce mot ne choque ni les convenances du goût, ni celles de la grammaire. Je suis écœuré, signifie littéralement le cœur me manque ou on m’ôte le cœur.—C’est principalement sous la forme active que le verbe écœurer devient d’une grande utilité. Dans cette phrase: cette odeur m’écœure, comment rendre l’idée exprimée par écœurer d’une manière plus expressive et surtout plus laconique? Serait-ce en disant: cette odeur me fait mal au cœur, ou cette odeur me soulève le cœur?