ÉCROULER.
| Locut. vic. | La terre s’écroula sous leurs pieds. |
| Locut. corr. | La terre s’éboula sous leurs pieds. |
L’Académie ne paraît pas s’être doutée de la différence qui, selon nos meilleurs grammairiens, existe entre les verbes s’ébouler et s’écrouler, puisqu’elle a accueilli, dans son Dictionnaire, des phrases d’exemple telles que celles-ci: le rempart s’éboule; cette muraille s’est éboulée, etc., la terre s’écroula sous leurs pieds. Dans les deux premières phrases, il fallait employer le verbe écrouler, et le verbe ébouler dans la troisième. Roubaud va nous en donner la raison. «L’idée commune de ces mots, dit-il, est de tomber en ruines, en s’affaissant et en roulant. S’ébouler est, à la lettre, tomber en roulant comme une boule. S’écrouler, est tomber, en roulant, avec précipitation et fracas.
«Une butte s’éboule en se partageant par mottes, qui tombent en roulant sur elles-mêmes comme des boules. Un rocher s’écroule en se brisant et roulant dans sa chûte impétueusement et avec fracas. Les sables s’éboulent, les édifices s’écroulent. Un bastion de terre sablonneuse s’éboulera de lui-même: il faudra du canon pour qu’un bastion solide et revêtu s’écroule.
«Celui qui creuse sous terre court risque d’y être enseveli par des éboulemens. Celui qui bâtit sur des fondemens trop faibles court risque d’être écrasé par l’écroulement de sa maison.» (Synonymes.)