ÉDUQUER.

Voici un verbe banni de notre langue écrite par presque tous les grammairiens qui, nous l’avouerons avec peine, ne font pas en cette circonstance preuve de beaucoup de raisonnement. Le caprice ne doit pas diriger un homme éclairé comme il dirige l’usage, et cependant tout nous prouve que le caprice seul a pu faire dédaigner un mot que nous proclamerons, nous, nécessaire, parce qu’il exprime une idée qu’aucun autre verbe ne pourrait rendre exactement. Éduquer et instruire ont effectivement la même différence de signification que celle que nous avons fait remarquer entre les mots éducation et instruction, et nous ne voyons pas pourquoi le premier de ces substantifs serait privé de verbe quand le second en a un. Nous engageons donc nos lecteurs à ne pas se montrer plus scrupuleux sur l’emploi de ce verbe que plusieurs de nos bons auteurs, parmi lesquels figure en première ligne le correct et élégant Buffon.

«M. de la Brosse..... ne dit pas si le nègre les avait éduqués.» (Tom. XVIII, les Orangs-Outangs.)

Très-jeune et très-joli blondin

Qu’éduquait un enfant d’Ignace.

(Rhulière, Poésies.)