ERRES.
| Prononc. vic. | Voici les erres du marché. |
| Prononc. corr. | Voici les arrhes du marché. |
«Le peuple de Paris a changé arrhes en erres: des erres au coche; donnez-moi des erres. C’est une faute.»
Voltaire, à qui nous empruntons ce passage, a raison lorsqu’il dit que l’emploi du mot erres pour arrhes est une faute, mais il aurait dû ajouter maintenant; et surtout ne pas s’en prendre au peuple de Paris qui n’a rien changé ici, et qui, au contraire, se montre en cette circonstance, comme dans beaucoup d’autres, fidèle conservateur du langage de ses pères. Le mot erres pour arrhes se trouve dans nos vieux auteurs, dans le Trésor de Recherches de Borel, et dans le Dictionnaire de Trévoux, qui dit qu’on doit écrire et prononcer erres au propre, et arrhes seulement au figuré. Cette ridicule distinction a disparu; arrhes seul est resté.
Le substantif arrhes est féminin. Les premières arrhes que nous avons reçues.