FAIT MOURIR.
| Locut. vic. | Ce brigand a été fait mourir. |
| Locut. corr. | Ce brigand a été exécuté. |
Beaucoup de personnes emploient passivement le participe passé du verbe composé faire mourir, comme dans l’exemple que nous venons de citer. On doit éviter avec soin cette vicieuse locution, indice assez général d’une instruction fort négligée.
On lit dans Vaugelas (Remarque 245e) «Cette façon de parler est toute commune le long de la rivière de la Loire, et dans les provinces voisines, pour dire: fut exécuté à mort. La noblesse du pays l’a apportée à la cour, où plusieurs le disent aussi, et M. Coeffeteau, qui était de la province du Maine, en a usé toutes les fois que l’occasion s’en est présentée. Les Italiens ont cette même phrase, et le cardinal Bentivoglio, l’un des plus exacts et des plus élégans écrivains de toute l’Italie, s’en est servi en son histoire de la guerre de Flandres, au quatrième livre. Lo strale, dit-il, già borgomastro d’Anversa, e che tanto haveva fomentate le seditioni di quella città, fu fatto morire en Vilvorde.»
Nous ferons une remarque sur celle de Vaugelas; c’est que, de nos jours, lorsqu’on dit qu’un homme a été exécuté, il est inutile d’ajouter à mort. Le verbe exécuter n’a toutefois cette énergique valeur qu’en matière criminelle, car tout le monde sait fort bien qu’exécuter quelqu’un, en termes de pratique, signifie saisir ce qu’il possède pour payer ce qu’il doit. Mais on dit plus généralement en ce sens, exécuter chez quelqu’un, exécuter les meubles de quelqu’un, et bien plus généralement encore: saisir chez quelqu’un.