FEU.
Mon feu, mes feux, sont des expressions ridicules, dont nos poètes se sont long-temps servis pour dire: mon amour, et qui ne devraient plus être employées maintenant. Ce serait du classicisme outré dont les romantiques auraient raison de se moquer. Il est temps d’abandonner toutes ces vieilles métaphores, usées par un emploi immodéré, pour ne parler, autant que possible, que le langage de la nature. Les vers suivans ne sont-ils pas tout à fait risibles aujourd’hui?
Tout allume des feux que je voudrais éteindre.
(Baour-Lormian, Mahomet II, act. 2.)
Son cœur brûle des mêmes feux.
(Viennet, Clovis, act. 2.)
Des feux que dans mon cœur vous avez allumés.
(Liadières, Conradin et Frédéric, act. 2.)