LE, LA, LES.
| Locut. vic. | Êtes-vous la marchande?—Oui, je le suis. | |
| Vous êtes malade, madame?—Je la suis depuis hier. | ||
| Locut. corr. | Êtes-vous la marchande?—Oui, je la suis. | |
| Vous êtes malade, madame?—Je le suis depuis hier. | ||
Le relatif le s’accorde en genre et en nombre avec le nom qu’il représente, quand ce nom est un substantif: Êtes-vous la marchande?—Oui, je la suis, c’est-à-dire: je suis elle; si ce nom était un adjectif ou un substantif employé adjectivement, le pronom resterait invariable: Vous êtes malade, Madame?—Je le suis depuis hier, c’est-à-dire, je suis cela, malade. Madame de Sévigné n’a jamais voulu observer cette dernière règle qui la choquait beaucoup. Je croirais, disait-elle, avoir de la barbe au menton si je disais: je le suis.
Il y a aussi une distinction à faire dans l’emploi du pronom relatif le, au pluriel. Avec un substantif il faut les: Vous paraissez être les camarades de mon fils.—Oui, nous les sommes; avec un adjectif, il faut le: Seriez-vous choqués, Messieurs, de mes paroles?—Oui, nous le sommes. Dans la première phrase les est mis pour eux, dans la seconde le est mis pour cela.
D’après ce que nous venons de dire il y a un solécisme dans ce vers de Piron:
J’étais indifférente, et je ne la suis plus,
et dans cette phrase de Marivaux:
Moins gênée! Madame, il ne faut pas que vous la soyez du tout.
C’est le qu’il faut dans ces deux exemples.