MONTER.

Locut. vic. Je suis monté deux fois chez vous aujourd’hui.
J’ai monté ici pour vous parler.
Locut. corr. J’ai monté deux fois chez vous aujourd’hui.
Je suis monté ici pour vous parler.

«Si l’on veut exprimer l’action de monter, il faut employer l’auxiliaire avoir. Il a monté quatre fois à sa chambre pendant la journée; il a monté pendant trois heures au haut de la montagne; il a monté les degrés; la rivière a monté de six pouces depuis hier. Si, au contraire, on veut exprimer l’état qui résulte de l’action de monter, il faut employer l’auxiliaire être. Il est monté dans sa chambre il n’y a qu’une heure. Votre père est-il monté dans sa chambre? Oui, il y est monté. A quelle heure y a-t-il monté? c’est-à-dire a-t-il fait l’action d’y monter? Il y a monté à huit heures.

«Le vers suivant de Voltaire offre un exemple contraire à cette règle:

J’ai sauvé cet empire en arrivant au trône;

J’en descendrai du moins comme j’y suis monté.

«Mais je soutiens que, sans le mauvais son de j’y ai, Voltaire aurait dit, j’y ai monté. C’est une licence qu’un usage abusif autorise, mais qui ne doit point tirer à conséquence.» (Laveaux, Dict. des diff.)