OBSERVER.
| Locut. vic. | Je vous observerai qu’il est trop tard. |
| Locut. corr. | Je vous ferai observer qu’il est trop tard. |
«On ne trouvera dans aucun bon écrivain, dit M. Ch. Nodier (Examen crit. des Dict.), ce verbe observer avec l’acception que je lui trouve maintenant partout: je vous observe, pour je vous fais remarquer. On observe une chose, on fait observer une chose; mais on n’observe pas une chose à quelqu’un: règle que je ne ferais pas observer, si on l’observait un peu mieux.»
Nous lisons dans M. Guizot (Tr. de Gibbon), «Mais Lucilien... eut l’indiscrétion d’observer à Julien, etc.»
Voici une anecdote sur Domergue qui fera voir combien le solécisme que nous signalons dans cet article paraissait intolérable à ce grammairien. «Un abcès dans la gorge le suffoquait et le retenait au lit. Son médecin s’approche en lui disant: Si vous ne prenez point ce que je vous ordonne, je vous observe que....—Ah! misérable! s’écrie le moribond, transporté d’une sainte colère, n’est-ce pas assez de m’empoisonner par tes remèdes? Faut-il encore qu’à mon dernier moment tu viennes m’assassiner par tes solécismes? Va-t-en!..... à ces mots, prononcés avec impétuosité, l’abcès crève, la gorge se débarrasse, et, grâce au solécisme, le grammairien est rendu à la vie.» (M. Ballin, Manuel des amat. de la langue française.)