PARDONNABLE.
| Locut. vic. | Vous n’êtes point pardonnable. |
| Locut. corr. | Vous n’êtes point excusable. |
On ne peut pas dire que quelqu’un est pardonnable. Une faute est pardonnable parce qu’on peut pardonner une faute; le verbe est ici actif. Mais comme on ne peut pas pardonner une personne, mais à une personne, parce que ce verbe devient neutre quand il a pour régime un nom d’être animé, il s’ensuit que cette personne n’est pas pardonnable, et qu’elle ne saurait être pardonnée. On pardonne les choses, on pardonne aux personnes. Cette faute, si commune dans la conversation, a été faite par l’auteur de l’Avant-propos des Œuvres de Cl. Marot (Dondey-Dupré, 1824, 3 vol. in-8.) «Mais lorsque ces pages sont peu nombreuses, l’auteur est plus pardonnable.»
Ce que nous venons de dire s’applique également à l’adjectif impardonnable. Nous ne concevons pas que Laveaux ait pu être d’un autre sentiment. L’Académie, nos meilleurs grammairiens et la raison, qui plus est, sont contre lui.