PAS, POINT.
| Locut. vic. | Il n’a point beaucoup d’esprit. | |
| Comment ce jeune homme s’instruirait-il; il ne lit pas. | ||
| Locut. corr. | Il n’a pas beaucoup d’esprit. | |
| Comment ce jeune homme s’instruirait-il; il ne lit point. | ||
«Pas énonce simplement la négative, point l’exprime avec beaucoup plus de force. Le premier souvent ne nie la chose qu’en partie, ou avec une modification; le second la nie toujours absolument, totalement et sans réserve. On dira: vous ne croyez pas une chose qu’on ne peut vous persuader. Vous ne croyez point celle que votre esprit rejette entièrement. Dans le premier cas, il peut vous rester quelque doute; dans le second vous êtes décidé. Pas convient mieux à quelque chose de passager et d’accidentel; point à quelque chose de stable et d’habituel. Il ne lit pas, c’est-à-dire présentement; il ne lit point, c’est-à-dire jamais, dans aucun temps. On dira également d’un homme, qu’il ne dort point, pour faire entendre qu’il a une insomnie habituelle, et qu’il ne dort pas, pour marquer qu’actuellement il est éveillé.» (Laveaux, Dict. des diff.)
Si, lorsque vous pressez une aimable inhumaine,
Elle vous dit: laissez, monsieur, je ne veux point,
Toute entreprise serait vaine.
Mais si, voulant s’échapper de vos bras,
Elle vous dit: laissez, monsieur, je ne veux pas,
Osez, la victoire est certaine.
(Extrait de l’Improvisateur français.)