PEINER.

Locut. vic.Je suis peiné de ce qui vous est arrivé.
Locut. corr.Je suis chagriné de ce qui vous est arrivé.

Cette expression, que plusieurs grammairiens modernes ne se font pas scrupule d’appliquer aux personnes, parut vicieuse à l’abbé Desfontaines lorsqu’elle fut introduite en ce sens dans le monde littéraire. Aussi s’écria-t-il ironiquement (Dict. néologique): «On a toujours dit une écriture peinée, un style peiné; on peut dire aujourd’hui un homme peiné

Peiné ne signifie point en effet: qui a de la peine, mais qui est fait avec peine. Un homme peiné serait par conséquent un homme fait avec peine, comme on dit une écriture peinée, c’est-à-dire faite avec peine.

Vous me peinez, cet homme est peiné nous paraissent être de vrais barbarismes, quoique ce ne soit pas là le sentiment de l’Académie.