PIS, PIRE.
| Locut. vic. | Son état sera demain pis qu’il n’est aujourd’hui. | |
| Cela est mal chez vous, mais chez eux c’est encore pire. | ||
| Locut. corr. | Son état sera demain pire qu’il n’est aujourd’hui. | |
| Cela est mal chez vous, mais chez eux c’est encore pis. | ||
«Pire se rapporte à un substantif masculin ou féminin: le remède est pire que le mal; il n’est pire eau que celle qui dort.
On emploie pis, 1o lorsqu’il se rapporte à un nom neutre. Rien n’est pis qu’une mauvaise langue; ce que vous proposez est pis[1] que ce qu’on allait faire.
[1] Domergue donne le genre neutre à quelques mots indéterminés, tels que rien, ce, cela, le, il; comme dans: Rien n’est beau que le vrai, ce n’est pas cela, je ne le suis pas, il est certain que, etc. Il regarde aussi comme neutre le beau, le vrai, l’utile, l’agréable et les expressions analogues.
«2o Lorsqu’il est employé lui-même comme un nom neutre: le pis de l’affaire est que le bonhomme n’est pas mort; mettre les choses au pis.
«3o Lorsqu’il fait la fonction d’adverbe: ils sont pis que jamais ensemble; il se portait un peu mieux, il est pis que jamais.
«Cette distinction paraît assez généralement adoptée par les bons écrivains.
«C’est encore pis.» (J.-J. Rousseau.)
«Il fait encore pis.» (Fénelon).
«Les bons lui paraissent pires que les méchans les plus déclarés.» (Idem, en parlant de Pygmalion.)
C’est un méchant métier que celui de médire;
Oui, vraiment, je dis plus: des métiers c’est le pire.
«Cependant on emploie aussi le pire comme substantif: qui choisit prend le pire.
Il n’est point de degré du médiocre au pire.
(Boileau.)
«Pis dérive du latin pejùs, plus mal, et pire de pejor, plus mauvais.
«Les expressions suivantes sont vicieuses: de mal en pire, c’est bien pire, de pire en pire, qui pire est.» (Manuel des amateurs de la langue française.)