PORTE-PARIS.

Locut. vic.Je vais à la Porte-Paris.
Locut. corr.Je vais à l’Apport-Paris.

On lit dans Trévoux, à l’article apport: «Lieu public, espèce de marché où on apporte des marchandises pour vendre. A Paris, il y a deux apports: l’apport Baudoyer vers Saint-Gervais, et l’apport de Paris au grand Châtelet. Le peuple, par corruption, les appelle porte Baudets et porte de Paris[2]

[2] Et bien plus souvent Porte-Paris.

Tous nos lexicographes prétendent que l’on doit dire: l’Apport de Paris; nous croyons que la préposition est ici de trop, si l’on tient du moins à conserver cette vieille dénomination d’un quartier de Paris, absolument telle qu’elle existait autrefois. La préposition de n’a pas toujours été nécessaire dans notre langue, pour marquer les rapports qu’elle exprime aujourd’hui entre deux substantifs. Mille exemples pourraient le prouver; nous ne donnerons que les suivans:

(Renard) Garda avant, si vit Primaut

Le Leu qui fu frère Ysengrin. (Frère d’Ysengrin.)

(Roman du Renard, v. 3020.)

Et les autres ont fet lor vol

Par desus la meson Poufile. (La maison de Poufile.)

(Roman du Ren. v. 9274.)

C’est ainsi qu’on a dit autrefois Hôtel-Dieu, Fête-Dieu; pour hôtel de Dieu, fête de Dieu, expressions auxquelles l’usage n’a pas osé toucher, et qu’il nous a conservées dans leur intégrité primordiale.