QUELQUE.

Orth. vic. Quelque soit leur fortune, ils doivent obéir à la loi.
Quelque torts qu’il ait, on les lui pardonne.
Quelques forts qu’ils soient, on les vaincra.
Quelques grands sacrifices que vous fassiez etc.
Orth. corr. Quelle que soit leur fortune, ils doivent obéir à la loi.
Quelques torts qu’il ait, on les lui pardonne.
Quelque forts qu’ils soient, on les vaincra.
Quelque grands sacrifices que vous fassiez, etc.

Quelque est adjectif et variable:

1o Lorsqu’il est suivi d’un verbe au subjonctif; on l’écrit alors en deux mots, comme dans ces exemples: Quelles que soient leurs prétentions, quels que soient leurs motifs, qui équivalent à: que leurs prétentions soient quelles (vous voudrez), etc.; que leurs motifs soient quels (vous voudrez), etc.

2o Lorsqu’il est placé devant un substantif seul: Quelques richesses que vous possédiez, etc., ou devant un substantif suivi d’un adjectif: quelques amis dévoués qu’il ait, etc.

Quelque est adverbe et invariable:

Lorsqu’il est placé devant un adjectif seul: Quelque puissans qu’ils soient, ne sont-ils pas mortels? ou devant un adjectif suivi d’un substantif: quelque puissantes raisons que vous donniez, etc. L’invariabilité de quelque devant un adjectif suivi d’un substantif a été contestée par M. Girault-Duvivier et quelques autres grammairiens. Laveaux, qui l’a défendue, prétend avec raison, selon nous, que le mot quelque, modifiant un adjectif, ne peut être qu’un adverbe. Ainsi, dans cette phrase: Quelque savans auteurs que vous consultiez, etc. Laveaux écrit quelque sans s, parce que, dit-il, quelque est un adverbe qui modifie l’adjectif savans: quelque savans que soient les auteurs que vous consultiez, etc. Mais, dans cette autre phrase: Quelques auteurs savans que vous consultiez, il accorde quelques, parce que c’est ici comme si l’on disait: Quelques auteurs (savans) que vous consultiez, ou quels que soient les auteurs savans que vous consultiez. «L’esprit, ajoute-t-il, ne doit jamais rester dans l’incertitude sur le caractère d’un mot énoncé dans le discours. Or, si quelque, placé devant un adjectif, pouvait être tantôt adjectif et tantôt adverbe, il faudrait, ou y attacher d’abord au hasard l’un ou l’autre caractère, ou attendre le substantif qui doit déterminer ce caractère. Si, par exemple, voulant dire: Quelque belles qualités que l’on ait, on dit quelque belles, et qu’on s’arrête là, l’esprit est porté à attribuer à quelque le caractère d’adverbe, à cause de l’adjectif qui le suit, ou bien il faudra, pour s’en faire une idée juste, qu’il attende le mot suivant, afin de savoir si ce mot est un substantif. Dans le premier cas, il se sera trompé, et il faudra qu’il revienne sur ses pas lorsqu’il aura entendu ce substantif; dans le second, il aura entendu quelque suivi d’un adjectif, sans attacher une idée précise à ce mot. Or, rien n’est plus contraire au génie de la langue française que ce tâtonnement ou cette incertitude.» (Dict. des diff.)