QUI.

Locut. vic.Ils se laissèrent tous gagner: qui par des menaces, qui par des présens.
Locut. corr.Ils se laissèrent tous gagner: ceux-ci par des menaces, ceux-là par des présens.

Qui casse le museau; qui son rival éborgne;

Qui jette un pain, un plat, une assiette, un couteau;

Qui, pour une rondache, empoigne un escabeau.

(Regnier, Sat.)

Peu de gens, à la lecture de ces vers, auront facilement saisi la signification que l’on y donne au pronom qui. Ceux qui l’auront pris pour un pronom relatif se seront trompés; car il est ici pronom démonstratif, et signifie celui-ci. Il y a cent ans que cette locution était déjà surannée, comme le témoigne ce passage du Dictionnaire de Trévoux: «Qui pour signifier les uns, les autres, n’est plus en usage chez les bons auteurs: alii, alii verò. On trouve dans les vieux écrivains: Qui crioit; qui fuyoit sur les toits; ils fuyoient qui çà, qui là: huc, illuc.» D’où vient donc que quelques-uns de nos écrivains modernes cherchent à ressusciter cette expression, qui plaisait peu à Vaugelas, et qui n’a en vérité rien de gracieux?