QUI (A).

Locut. vic.C’est à moi à qui ils se sont adressés.
Locut. corr.C’est à moi qu’ils se sont adressés.

C’est assez d’une préposition pour exprimer la relation, l’autre est superflue.

Un commentateur moderne de Boileau ne veut pas qu’il y ait une faute dans ce vers:

C’est à vous, mon esprit, à qui je veux parler.

(Sat. IX.)

Que de grammairiens alors auraient fait une injuste querelle au législateur poétique de la France! car cette faute a été si souvent relevée, que nous avons presque honte de la relever nous-même. Qui ne sait, au reste, qu’un commentateur est toujours pénétré pour son auteur des mêmes sentimens d’adoration outrée, qu’un Tatar pour son Grand-Lama, ou qu’un amant pour sa maîtresse?

Molière a dit, il est vrai: «Puis-je croire que ce soit à vous à qui je doive la pensée de cet heureux stratagême.» (L’Amour médecin; act. III, sc. 6.) Qu’est-ce que cela prouve? C’est que Molière a fait la même faute que Boileau, à une époque où, pour être juste, il faut avouer qu’elle était assez commune.