RENASQUER.
| Locut. vic. | Il a un peu renasqué, reniflé, avant de le faire. |
| Locut. corr. | Il a un peu renâclé avant de le faire. |
Nos Dictionnaires ont tort, selon nous, de nous donner les verbes renasquer, renifler et renâcler comme synonymes. Le premier, au sentiment de MM. Feydel et Boiste, est un barbarisme; le second signifie seulement: retirer, en respirant un peu fort, l’humeur ou l’air qui remplit les narines; et le troisième exprime l’action de faire certain bruit, en soufflant par le nez. «Renâcler» (en ce dernier sens, et non dans celui de notre phrase d’exemple) «ne se dit point des personnes: et l’animal qui renâcle, jette son souffle impétueusement par les naseaux; ce qui est le contraire de renifler. Un enfant mal élevé renifle et fait soulever le cœur; un jeune cheval, ombrageux ou caressant, renâcle et ne dégoûte point.» (Remarques sur le Dict. de l’Académie.)
«Mme de Sévigné s’est servi de renasquer dans une de ses lettres; mais le mot est en italique, apparemment par les soins de l’éditeur: Ma mère n’a pu s’empêcher de renasquer un peu contre le zèle indiscret qui avait causé ce transport.» (Féraud, Dict. crit.)