RESSEMBLER.

Locut. vic.Comme cet enfant ressemble son père!
Locut. corr.Comme cet enfant ressemble à son père!

Si tu crois ressembler un ange

Quand tu consultes ton miroir,

Va-t’en dans les îles du Gange

Où l’on peint les anges en noir.

Nous lisons dans Féraud: (Dict. crit.) «Anciennement on faisait ressembler actif. J’ai vu en mon temps, dit Montaigne, cent artisans, cent laboureurs plus heureux que des recteurs de l’Université, et lesquels j’aimerais mieux ressembler. On dirait aujourd’hui à qui, etc.»

Cette faute se trouve encore dans les vers suivans:

Quand je revis ce que j’ai tant aimé,

Peu s’en fallut que mon feu rallumé

Ne fît l’amour en mon âme renaître,

Et que mon cœur, autrefois son captif,

Ne ressemblât l’esclave fugitif

A qui le sort fait rencontrer son maître.

M. Boiste attribue à Racine, dans son Dictionnaire des difficultés de la Langue française, cette jolie stance que Vaugelas attribue de son côté à Jean Bertaut, ancien évêque de Séez. Ce qu’il y a de bien certain, c’est que nous l’avons copiée dans une édition de Vaugelas (487e rem.), faite en 1647, c’est-à-dire à une époque où notre grand poète tragique n’avait encore que huit ans. Racine a donc six jolis vers de moins; mais il a aussi un solécisme de moins. Prévention de grammairien à part, n’y a-t-il réellement pas compensation?