SUPPLÉER.

Locut. vic.Les qualités du cœur peuvent suppléer celles de l’esprit.
Locut. corr.Les qualités du cœur peuvent suppléer à celles de l’esprit.

«Suppléer une chose, c’est ajouter en objets de la même nature ce qui manque; c’est fournir ce qu’il faut de surplus, pour que cette chose soit complète: ce sac doit être de mille francs, et ce qu’il y a de moins, je le suppléerai; je suppléerai le reste. (L’Académie.) Suppléer à une chose, c’est remplacer une chose par une autre chose qui en tient lieu, quoique d’une nature différente; et alors suppléer signifie tenir lieu de:

«Souvent, dans les disputes, les injures suppléent aux raisons. (L’Académie.)

«Le titre de brave et franc chevalier annonçait l’honneur, et ne le suppléait jamais. (Thomas.) Il fallait: et n’y suppléait jamais.

«Remarquez qu’avec un nom, ou un pronom de personne qui lui sert de régime, suppléer ne prend jamais la préposition à: on dit suppléer quelqu’un.—S’il ne vient pas, je le suppléerai; et ce verbe signifie, dans ce cas, représenter une personne absente, en faire les fonctions.» (Grammaire des gramm.)