TAISANT.

Locut. vic.Nous dirons, pour rendre ces messieurs taisans, etc.
Locut. corr.Nous dirons, pour réduire ces messieurs au silence, etc.

Nous n’avons jamais vu qu’en style de palais le participe taisant employé de cette burlesque manière. Pourquoi le sanctuaire de la justice est-il si souvent le sanctuaire du barbarisme? Pourquoi messieurs les légistes savent-ils si peu leur langue maternelle? Ont-ils oublié qu’il y a nécessité de connaître parfaitement la grammaire quand on veut écrire clairement, et qui, plus qu’eux, a besoin de le faire? Nous ne leur dirons pas: Étudiez un peu moins la législation et un peu plus la grammaire; chaque étude a son importance, et nous sommes si disposés à reconnaître celle de leur étude spéciale, que voici ce que nous leur dirons: Étudiez un peu plus la législation et beaucoup plus la grammaire. Est-ce là un conseil qui puisse nuire aux intérêts de ces messieurs ou à ceux du public? «La grammaire», a dit M. Ch. Nodier, «est le premier, le plus essentiel de nos enseignemens.» (Le Temps, feuilleton du 13 septembre 1833.)