NOTES
CENT BALLADES (p. 1 à 100.)
Nous avons déjà dit que ce recueil avait été publié par M. Guichard dans le Journal des Savants de Normandie (1844, p. 371.) Quelques-unes de ces mêmes ballades se trouvent également reproduites dans divers ouvrages que nous devons indiquer ici.
I
Christine consent à la prière de quelques amis à composer aucuns beaulz diz. Cette ballade a été publiée par Mlle de Kéralio mais d'une façon fort incorrecte (Collection des meilleurs ouvrages composés par des dames. Paris, 1787, in-8°, III, p. 52.)
III
L'auteur s'est évidemment inspiré des Épitres XVIII et XIX des Héroïdes d'Ovide. Ce poète lui était d'ailleurs très familier, comme nous aurons souvent l'occasion de le constater.
V à XX
Ces ballades sont consacrées à la douleur de la veuve et à l'inconstance de la Fortune. La XIIe a été publiée par M. Poujoulat (Collection des Mémoires relatifs à l'Histoire de France, I, p. 584) et par Mlle de Kéralio (Op. cit., III, p. 53) et la XIXe par la même (III, p. 54).
XXI
Publiée par M. Paulin Paris (Manuscrits françois, V, p. 152).
XXIII et XXVI
Données par Mlle de Kéralio (Op. cit., III, p. 55 et 56).
XXXI
Publiée par Mlle de Kéralio (Op. cit., III, p. 57) et par M. Paulin Paris (Op. cit., V, p. 152).
XXXIV
Jolie pièce sur le mois de mai (publiée par Mlle de Kéralio. Op. cit., III, p. 58), sujet fort goûté de l'époque et qui a inspiré à Christine plusieurs ballades dans lesquelles elle trace, d'après la même facture, des sentiments divers.
XLII
L'idée exprimée dans le premier couplet de cette pièce est prise des Métamorphoses d'Ovide (Livre XI, XVIII, Céyx et Alcyone).
LII
Pièce également inspirée d'Ovide.
LIV
Préceptes adressés aux jeunes gens qui désirent remplir les qualités requises des honnêtes poursuivants d'amour. Les comparer aux commandements de la chevalerie donnés plus loin dans la ballade LXIV.
LVIII
Quel est ce personnage dont Christine trace avec esprit le portrait ironique? Quel est ce chevalier qui se piquait d'aimer les lettres et auquel on reprochait sa médisance et son peu d'ardeur au métier des armes?
M. Paulin Paris, qui a publié cette ballade (Manuscrits françois, V, p. 155) s'est demandé si elle ne visait pas Guillaume de Machaut. L'hypothèse ne nous paraît pas admissible, ce poète n'ayant pu être le contemporain de Christine, puisque l'époque de sa mort, bien que n'étant pas déterminée d'une façon certaine, ne peut cependant être reculée au-delà de 1380 et que notre ballade n'a certainement pas été composée avant 1394.
LXI
Io et Jupiter (Métamorphoses d'Ovide, I, VIII).
LXIV
Cf. avec une autre pièce de Christine sur le même sujet, Autres Balades, N° L, p. 264.
LXXVIII
Publiée par M. Paulin Paris (Op. cit., V, p. 155).
XC
Adonis (Métamorphoses d'Ovide, X, VIII).
XCII
Éloge d'un chevalier que Christine compare aux neuf héros qui ont été choisis dès les premières années du XIVe siècle comme les types de la vaillance et ont donné lieu à la légende des neuf preux (Voy. Bulletin de la Société des Anciens Textes, 1883, pp. 45-54).
XCIII
Au vers 10 de cette pièce il a été imprimé par erreur Ottonien pour Ottovien, c'est-à-dire Octavien, premier nom de l'empereur Auguste.
XCIV
Le refrain de cette ballade est un des proverbes les plus répandus de l'époque (voy. des exemples analogues dans Leroux de Lincy, Livre des Proverbes, I, p. 240).
XCV
Elle a été publiée par M. Leroux de Lincy (Chants hist. Paris, 1841, I, p. 276 à 278).
Cette pièce qui exprime si bien toute la part que Christine prenait à la douleur publique, a du être composée au commencement de l'année 1394 quelque temps après ce funeste divertissement de cour connu dans l'histoire sous le nom de «ballet des Ardents» et qui frappa si vivement l'imagination du roi.
XCVII
Christine s'élève encore une fois contre la fragilité des dons de la Fortune et invoque à l'appui l'autorité de Boëce qui a consacré au triomphe de cette thèse générale les deux premiers livres de son «de Consolatione philosophica». Elle oppose avec raison aux biens de la Fortune ceux qui sont le partage de la Nature et met en avant l'opinion d'Aristote qui fait de la mémoire l'une des plus précieuses qualités. Le grand philosophe dit en effet au début de sa Métaphysique:
«Le genre humain a pour se conduire l'Art et le Raisonnement.
«C'est de la mémoire que pour les hommes provient l'expérience. En effet, plusieurs souvenirs d'une même chose constituent une expérience. Or, l'expérience ressemble presque, en apparence, à la science et à l'art. C'est par l'expérience que la science et l'art font leurs progrès chez les hommes».
XCVIII
Pièce entièrement philosophique et à la louange de la Science qui est la source de tous les biens et de toutes les richesses; le début de la ballade est emprunté à Aristote qui a formulé en tête de sa Métaphysique la même pensée: «Tous les hommes ont naturellement le désir de savoir». Ce début a d'ailleurs été reproduit dans un grand nombre de compositions du moyen âge; Dante, l'a employé dans le Convivio, Richart de Fournival dans son Bestiaire ou Arrière Ban, etc. (Voy. Bulletin de la Société des Anciens Textes, 1879, p. 84).
C
Publiée par Mlle de Kéralio (Op. cit., III, p. 59) et par M. Paulin Paris (Op. cit., V, p, 149).
VIRELAIS (p. 101 à 118).
IV
Cf. Cent Ballades, VII, X et XII.
X
Publié par M. Paulin Paris (Op. cit., V, p. 156).
XII et XVI
Dans ces deux virelais Christine s'élève avec une grande franchise contre les défauts et les vices de son siècle; elle ne craint pas de s'adresser au plus nobles, aux plus puissants et ses réticences sont presque des désignations:
.. et se l'en me demande Quelz gens ce sont, verité dire n'ose Pour leur grandeur, mais Dieux scet toute chose.
BALLADES D'ÉTRANGES FAÇONS (p. 119 à 124).
Ballade rétrograde.
Publiée incomplètement et fort incorrectement par Mlle de Kéralio (Op. cit., III, p. 60), cette ballade consiste simplement dans un assemblage de mots qui permet de prendre chaque vers par la fin et de recomposer ainsi, sans en altérer le sens, une pièce également rimée.
Ballade à rimes reprises.
La rime de chaque vers sert de premier mot au vers suivant.
Ballade à réponses.
C'est un dialogue amoureux, chaque vers renferme une interrogation ou une exclamation suivie d'une réponse.
Ballade à vers à réponses.
Pièce également composée sous forme de dialogue, mais différent de la précédente en ce sens que les interrogations et les réponses alternent d'un vers à l'autre; c'est une adresse à l'Amour qui s'efforce de répondre aux reproches qu'on lui oppose et engage à la persévérance la personne qui l'implore. Christine a trouvé la situation de ce morceau dans son «Dit de la Pastoure» où elle le reproduit intégralement.
LAIS (p. 125 à 145).
Le premier lai, indiqué dans la rubrique comme composé de 165 vers léonins, contient cependant un nombre plus considérable de rimes léonines. La composition des deux lais de Christine ne nous paraît pas d'ailleurs avoir été établie sur un plan bien déterminé, c'est plutôt un recueil de rimes qu'une oeuvre d'ensemble; ajoutons qu'en tout cas l'oeuvre ne serait encore qu'ébauchée, car, ainsi que l'on pourra le remarquer, la concordance entre les paragraphes d'un même couplet n'est pas toujours parfaite et les textes donnés par les différents mss. ne nous ont pas permis de la rétablir partout.
RONDEAUX (p. 147 à 185).
Pour le rondeau I Cf. Cent Ballades, XIV, v. 15.
Les rondeaux III, XXII, XXIII, XXXIII, ont été donnés par Mlle de Kéralio (Op. cit., III, pp. 63 et 64).
Le rondeau LVI par M. Paulin Paris (Op. cit., V, p. 161).
JEUX A VENDRE (p. 187 à 205).
Les jeux 1 et 70 ont été publiés par M. Paulin Paris (Op. cit., V, p. 162).
Les jeux 10, 12, 18, 21, 23, 26, 35, 37, 42, 50 et 61, par Mlle de Kéralio (Op. cit., III, pp. 66 à 68.)
AUTRES BALLADES (p. 207 à 269).
I
Cf. Cent Ballades, XCVI.
II et III
Ces deux pièces sont consacrées à l'éloge de Charles d'Albret que Christine fait descendre du fabuleux Brutus, qui, suivant la légende, avait donné son nom à la Grande-Bretagne. On sait que Charles d'Albret était fils de Arnaud-Amanieu, sire d'Albret, et de Marguerite de Bourbon, soeur de Jeanne de Bourbon, femme de Charles V. 11 fut nommé connétable de France en 1402, servit en Guyenne contre les Anglais (1406-1406), embrassa le parti des Armagnacs, fut destitué (1411) et rétabli dans sa charge en 1413. Il mourut à la bataille d'Azincourt où il commandait l'avant-garde le 25 octobre 1416. Ce prince aurait recueilli en héritage toutes les qualités de son ancêtre Brutus et paraîtrait aux yeux de Christine le modèle du chevalier le plus accompli (Voy. encore la ballade XVI), elle exalte surtout son courage à soutenir la réputation des dames et fait allusion (Dont vous portez la dame en verde targe) à une célèbre association dont il était l'un des plus fervents compagnons, l'ordre de chevalerie appelé l'Escu vert a la dame blanche et institué par le maréchal de Boucicaut à son retour d'Orient le 11 avril (jour de Pâques fleuries) 1399. Les treize chevaliers de cet ordre avaient juré de défendre l'honneur des dames envers et contre tous et devaient porter «chascun d'eulx liée autour du bras une targe d'or esmaillée de verd, a tout une dame blanche dedans» (Voy. les statuts de cette association dans le Livre des faicts du Mareschal de Boucicaut, Ire partie, chap. XXXIX). Ainsi que nous l'avons exposé dans la préface de ce volume la défense de l'honneur des femmes était un des thèmes favoris de Christine de Pisan, on y peut rattacher également la composition des ballades IV et XII qui suivent.
VI
Les veuves sont abandonnés de tout le monde, Christine fait ici allusion aux démêlés qu'elle eut à subir avec des débiteurs de mauvaise foi, circonstances dans lesquelles elle regrette amèrement de n'avoir trouvé aucun soutien, aucun bon conseil.
XI
Éloge d'une princesse, probablement la reine Isabelle de Bavière que Christine nomme généralement «ma redoubtée dame» (voy. plus loin Ballade XVIII).
XII
Cette pièce a été composée en l'honneur des chevaliers qui défendent la réputation des dames. Les personnages que cite Christine faisaient partie de la célèbre association l'Escu vert a la dame blanche dont nous avons parlé plus haut.
Jean de Torsay, seigneur de Lezay, de la Mothe Sainte Heraye et de la Roche Ruffin, chevalier, maître des Arbalestriers de France, chambellan du roi et du duc de Berry, sénéchal de Poitou, servit en Guyenne avec le connétable d'Albret, vint à Paris en 1404 avec cent hommes d'armes sous les ordres du duc de Berry, fut nommé maître des Arbalestriers de France le 8 janvier 1415. Destitué par la faction de Bourgogne en 1418, il s'attacha à la personne du Dauphin, devint capitaine de Saint-Maixent en 1425 et mourut peu après 1428. Il avait épousé Marie d'Argenton, veuve de Bertrand de Caselers et fille unique de Jean d'Argenton, seigneur d'Hériçon et de Gascognolles. (P. Anselme, VIII, p 69).
François d'Aubiscourt, chevalier, seigneur de Ville-Oiseau, était chambellan du duc de Bourbon. Il épousa le 27 avril 1401, Jeanne Flotte, fille d'Antoine Flotte, chevalier, seigneur de Revel, de Montcresson, etc. (P. Anselme, VI, p. 277). Il était le fils du brave chevalier, messire Eustache d'Aubiscourt, souvent cité dans Froissart et dont les amours furent célèbres (Kervyn de Lettenhove, Étude sur Froissart, II, p. 32).
Bernard de Castelbajac, fils de Arnaud-Raymond de Castelbajac et de Jeanne de Barbasan, chevalier, seigneur de Castelbajac, etc., sénéchal de Bigorre, fut institué héritier de son oncle maternel, Arnaud-Guilhem de Barbasan, par testament du 10 août 1410. Il était encore en 1426 sénéchal de Bigorre. (La Chenaye-Desbois et Badier, IV, p. 770).
XIII
Sur un cas d'amour. La même espèce est posée dans le Dit des Trois Jugements et forme le premier des trois cas d'amour soumis à l'appréciation du sénéchal de Hainaut.
XIV
Invocation à Pallas. Christine traduit ici la même pensée qui lui avait déjà inspiré la ballade VII.
XVII
Cette ballade a été composée contre les hommes insidieux et menteurs. L'auteur fait dès les premiers vers allusion à l'aventure d'Ulysse chez Circé. C'est encore une flétrissure des défauts et des vices du siècle dont on trouve si souvent le modèle dans les poésies d'Eustache Deschamps. (Voy. aussi plus loin la ballade XLI).
XVIII, XIX et XX
Ces ballades ont été adressées comme présents et souhaits de nouvelle année. Les envois de compliments et de voeux se faisaient toujours le 1er janvier. Nous en trouvons la preuve dans les inventaires de la librairie du duc de Berry où nous voyons Christine de Pisan elle-même offrir certains de ses ouvrages en étrennes, le 1er janvier.
La première de ces ballades est envoyée à la reine Isabelle de Bavière, la seconde à Louis de France, duc d'Orléans; quant à la troisième elle a été composée à l'intention de Marie de Berry, fille du duc Jean de Berry, l'un des plus puissants protecteurs de Christine. On sait que cette princesse avait épousé en 1400 Jean Ier duc de Bourbon auquel elle apporta en dot le duché d'Auvergne et le comté de Montpensier.
XXI
Christine offre en étrennes à Charles d'Albret une transcription de son poème du Débat de deux Amans. Cet exemplaire même doit être le ms. 11034 de la Bibliothèque royale de Bruxelles en tête duquel se trouve placée la présente ballade.
XXII
M. Paulin Paris en a donné le texte dans ses Manuscrits françois, V, p. 156.
Christine place son fils aîné sous la protection du duc d'Orléans. Cette ballade nous apprend aussi que le comte de Salisbury avait emmené à la cour d'Angleterre le fils de Christine. Bien que Richard II eût été détrôné (septembre 1399) et le comte de Salisbury décapité, Henri de Hereford, duc de Lancastre, usurpateur de la couronne, avait retenu auprès de lui l'enfant de la célèbre femme; mais la mère réclama bientôt son fils, qui dut revenir en France, après une absence de 3 ans, en 1400 ou 1401.
XXVI
Cette ballade sur les douceurs du mariage a été publiée par M. R, Thomassy, Essai sur les Écrits politiques de Christine de Pisan, p. 107.
XXVIII cf. XXV
XXIX, XXX et XXXI
Sur le combat de sept chevaliers français contre sept chevaliers anglais. (Voy. dans Jean Juvenal des Ursins le récit de cet engagement qui eut lieu à Montendre près de Bordeaux le 19 mai 1402. Ces trois ballades ont été publiées par M. Leroux de Lincy dans la Bibl. de l'École des Chartes, I, p. 379 et suiv., et la troisième seulement dans son Recueil de chants historiques, I, p. 280; la XXXe a été en outre donnée par Mlle de Kéralio, III, p. 61.)
La première ballade a été composée en l'honneur du duc d'Orléans qui avait présidé lui-même aux préparatifs de la victoire remportée par les sept chevaliers de sa maison, la seconde est à la louange des chevaliers et la troisième s'adresse aux dames qui ont été l'objet du combat.
Voici les noms des champions français que Christine de Pisan glorifie dans ces ballades:
1° Arnauld Guillem de Barbazan, gouverneur de Champagne, de Brie et de Laonnais, prit une part active et glorieuse aux guerres du XV siècle, Charles VII en fit son premier chambellan; il était le chef des chevaliers français dans le combat dont il est ici question. Il défendit toujours la cause royale et on l'avait surnommé le «chevalier sans reproche». Il fut tué à la bataille de Bulgnéville près de Nancy le 2 juillet 1431.(Paulin Paris, Manuscrits françois, II, p. 137).
2° Guillaume du Chastel, chambellan de Charles VI et du duc d'Orléans, se distingua dans plusieurs expéditions heureuses contre Jersey, Guernesey et Plymouth, mais fut vaincu et blessé à mort dans une attaque contre Darmouth (1404).
3° Guillaume Bataille, chevalier, sénéchal du comté d'Angoulême et chambellan du duc d'Orléans. Vivait encore en 1410. (Bibl. Nat. Pièces orig., 212).
4° Guillaume de la Champagne, chevalier, seigneur d'Apilly, chambellan du duc d'Orléans, puis de Charles VI; il faisait presque toujours partie de la suite du duc d'Orléans et accompagna ce prince dans le voyage qu'il fit en 1403 «es parties de Lombardie et d'Ytale»; nommé capitaine de la ville et chastel d'Avranche le 26 août 1404. (Bibl. Nat. Pièces orig., 662).
5° Archambault de Villars, écuyer, maître d'hôtel du duc d'Orléans (1402-1409), capitaine de Pontorson, envoyé en Allemagne le 28 juillet 1406 par le duc d'Orléans «pour aucunes besoignes qui grandement nous touchent», capitaine de Blois en 1408 et 1414. (Bibl. Nat. Pièces orig., 3002).
6° Pierre de Brebant, dit Clignet, seigneur de Landreville, lieutenant général en Champagne, chambellan du roi, nommé amiral de France en 1405, mort vers 1430.
7° Ivon de Karouis, chevalier breton.
Les sept chevaliers anglais étaient, le seigneur de Scales, Aymont Cloiet, Jean Fleury, Thomas Trayes, Robert de Scales, Jean Héron et Richard Witevale. (Leroux de Lincy. Recueil de chants histor., I, p. 280).
XXXIII
Cette ballade est adressée à Jean de Werchin, sénéchal de Hainaut, dont nous retrouverons le nom sous la plume de Christine qui le choisit souvent comme arbitre de questions controversées et fort délicates. (Voy. surtout le Dit des Trois Jugements); c'était d'ailleurs l'un des chevaliers les plus renommés et les plus entreprenants de son époque. La présente pièce fait l'éloge de son courage indomptable qui l'entraînait sans cesse à courir de nouveaux dangers, elle se rapporte sans doute au célèbre cartel du mois de juin 1402 par lequel le sénéchal de Hainaut s'engageait à se trouver à Coucy au mois d'août suivant et à attendre devant le château quiconque voudrait mesurer ses armes avec lui. (Voy. Monstrelet, I, chap. VIII).
XXXIV
Publiée par Mlle de Kéralio (Op. cit., III, p. 62).
XXXV
Reproduite dans le Dit de la Pastoure.
XXXVI
Christine fait hommage à la reine Isabelle de Bavière de l'une de ses oeuvres, peut-être le Débat de deux Amans.
XXXVII
Cette ballade, ainsi que le rondeau qui la précède (publié par Thomassy, Op. cit., p. 108), se rattache à la polémique de Christine contre le Roman de la Rose.
XLII
Cette ballade a été publiée par M. Thomassy (Op. cit., p. 131) et par M. Leroux de Lincy dans son Recueil de chants historiques, I, p. 289 à 292.
Le duc de Bourgogne, dont Christine pleure la mort, est Philippe le Hardi, quatrième fils de Jean, roi de France, et de Bonne de Luxembourg, né le 15 janvier 1342, marié à Marguerite, fille unique et héritière de Louis de Male, comte de Flandre. Il mourut le 27 avril 1404 au château de Hall en Hainaut; grand admirateur de Christine de Pisan, il fut l'un de ses plus généreux protecteurs. Celle-ci d'ailleurs ne tarissait pas en éloges sur sa personne et sur sa cour (voy. la ballade XXXVIII). Pour répondre à son désir elle avait commencé à écrire en cette même année 1404 le Livre des fais et bonnes moeurs du Roy Charles le Sage, et c'est avec un désespoir presque prophétique que se traduit dans la présente ballade l'expression de sa vive douleur, à laquelle elle associe celle du roi, de la reine, du duc de Berry, de Louis d'Orléans, du jeune duc de Bretagne (Jean VI) désormais privé des sages conseils et de la puissante sollicitude de son tuteur.
XLIX
Pièce composée à l'occasion de ballades sanglantes contre les princes, dont Christine redoutait les mauvais effets sur le peuple.
L
Cf. Cent Ballades, LXIV.
ENCORE AUTRES BALLADES (p. 271 à 279).
IX
Cette ballade et les deux rondeaux (VII et VIII), qui la précèdent, concernent le duc Jean Ier de Bourbon, né en mars 1382 et qui succéda en 1410 à son père Louis II. Il avait épousé, en 1400, Marie de Berry qui lui apporta en dot le duché d'Auvergne et le comté de Montpensier. Prince d'un courage éprouvé, comme le témoigne sa glorieuse campagne de 1413 contre des compagnies de brigands, il devait aussi posséder quelques qualités littéraires auxquelles Christine fait allusion dans le rondeau VII, mais il se distingua surtout par son humeur galante et aventureuse qui l'entraîna dans les «emprises» les plus extraordinaires. C'est ainsi que le 1er janvier 1415 il fit publier un cartel par lequel lui et seize chevaliers et écuyers s'engageaient à porter à la jambe, en l'honneur de leurs dames, un fer de prisonnier, d'or pour les chevaliers et d'argent pour les écuyers. Ces fers votifs devaient être conservés pendant deux années entières s'il ne se présentait avant cette époque un nombre égal de chevaliers et d'écuyers pour s'en rendre maîtres et les enlever après un combat à outrance. Mais le duc de Bourbon fut fait prisonnier l'année même à la bataille d'Azincourt et emmené à Londres où il mourut en captivité au mois de janvier 1434.
TABLE
[I.]—Pour acomplir leur bonne voulenté.
[II.]—Digne d'estre de lorier couronné.
[III.]—Voyez comment amours amans ordonne!
[IV.]—En traïson, non pas par vacellage.
[V.]—Quant cil est mort qui me tenoit en vie.
[VI.]—Et si ne puis ne garir ne morir.
[VII.]—Qui ma vie tenoit joyeuse.
[VIII.]—C'est bien raison que me doye doloir.
[IX.]—Que mes griefs maulx soyent par toy delivré.
[X.]—Puis que Fortune m'est contraire.
[XI.]—Seulete suy sanz ami demourée.
[XII.]—Que ses joyes ne sont fors que droit vent.
[XIII.]—Car trop griefment est la mer perilleuse.
[XIV.]—Qu'a tousjours mais je pleureray sa mort.
[XV.]—Puis qu'ay perdu ma doulce nourriture.
[XVI.]—C'est souvrain bien que prendre en pacience.
[XVII.]—Cuer qui en tel tristour demeure.
[XXIII.]—Car trop grief dueil est en mon cuer remais.
[XIX.]—De faire ami, ne d'amer.
[XX.]—Encor n'en suis pas a chief.
[XXI.]—Qu'a peine le puis escondire.
[XXII.]—De reffuser ami si gracieux.
[XXIII.]—Certes c'est cil qui tous les autres passe.
[XXIV.]—Car vous tout seul me tenez en leece.
[XXV.]—Helas! que j'aray mautemps!
[XXVI.]—Les mesdisans qui tout veulent savoir.
[XXVII.]—J'en ay fait a maint reffus.
[XXVIII.]—Pour le desir que j'ay de vous veoir.
[XXIX.]—Par Dieu, c'est grant grace.
[XXX.]—Qu'a vraye amour puissent faire grevance.
[XXXI.]—Je vueil quanque vous voulez.
[XXXII.]—Se demeurez loing de moy longuement.
[XXXIII.]—Puis que partir vous convient.
[XXXIV.]—Pour la doulçour du jolis moys de May.
[XXXV.]—Tant ont a durer mes peines.
[XXXVI.]—Et qui pourroit telle amour oublier?
[XXXVII.]—Et si ne m'en puis partir.
[XXXVIII.]—Puis que le terme est passé.
[XXXIX.]—Il en pert a ma coulour.
[XL.]—Pour un seul bien plus de cinq cens doulours.
[XLI.]—Ne plus, ne mains ne que s'il estoit mort.
[XLII.]—Cil nonce aux gens mainte chose notable.
[XLIII].—Ce me fait la maladie.
[XLIV.]—Je m'en sçay bien a quoy tenir.
[XLV.]—Et a la fois grant joye aporte.
[XLVI.]—Ne nouvelles ne m'en vient.
[XLVII.]—Puisqu'il m'a mis en nonchaloir.
[XLVIII.]—Je ne m'i vueil plus tenir.
[XLIX.]—Vous me ferez d'environ vous foïr.
[L.]—Je m'en raport a tous sages ditteurs.
[LI.]—Ce poise moy quant ce m'est avenu.
[LII.]—Et que jamais leur meschance ne fine.
[LIII.]—Qui plus se plaint n'est pas le plus malade.
[LIV.]—Ainsi sera grance en vous assouvie.
[LV.]—Car le voiage d'oultremer.
A fait en amours maint dommage.
[LVI.]—Car l'oeuvre loe le maistre.
[LVII.]—Jusques a tant que je le reverray.
[LVIII.]—Ha Dieux! Ha Dieux! quel vaillant chevalier!
[LIX.]—Sont ilz aise? certes je croy que non.
[LX.]—Mais vous parlez comme gent pleins d'envie.
[LXI.]—Mais il n'est nul si grant meschief.
Qu'on ne traye bien a bon chief.
[LXII.]—De moy laissier ainsi pour autre amer.
[LXIII.]—A il doncques tel guerredon?
[LXIV.]—Qui maintenir veult l'ordre a droite guise.
[LXV.]—Ne me vueilliez, doulce dame, escondire.
[LXVI.]—Et vous retien pour mon loial ami.
[LXVII.]—Hé Dieux me doint pouoir du desservir!
[LXVIII.]—Dame, pour Dieu, mercy vous cry.
[LXIX.]—Sire, de si tost vous amer.
[LXX.]—Que vigour et cuer me fault.
[LXXI.]—Doulce dame, je me rens a vous pris.
[LXXII.]—Ne sçay qu'on vous a raporté.
[LXXIII.]—Las! que feray, doulce dame, sanz vous?
[LXXIV.]—Je vous laisse mon cuer en gage.
[LXXV.]—Ne vous oubli je nullement.
[LXXVI.]—De son ami, desirant qu'il reviegne.
[LXXVII.]—Dame, qu'a vous servir j'entende.
[LXXVIII.]—Qui tant de maulz et tant d'anuis nous fait!
[LXXIX.]—Si vous en cry mercy trés humblement.
[LXXX.]—Voulez vous donc que je muire pour vous?
[LXXXI.]—Prenez en gré le don de vostre amant.
[LXXXII.]—Le dieu d'amours m'en soit loial tesmoins.
[LXXXIII.]—Ha desloial! comment as tu le cuer?
[LXXXIV.]—Se vous me faittes tel grief.
[LXXXV.]—Mais, se Dieux plaist, j'en seray plus prochains.
[LXXXVI.]—Se les fables dient voir.
[LXXXVII.]—A Dieu vous di, gracieuse aux beaulz yeux.
[LXXXVIII.]—Ce sera fort se je vif longuement!
[LXXXIX.]—Ou autrement l'amour est fausse et fainte.
[XC.]—BALADE POUETIQUE. Il y morra briefment, au mien cuidier.
[XCI.]—N'il n'est si bon qu'ilz n'y treuvent a dire.
[XCII.]—Ainsi est il de vous certainement,
En qui Dieux a toute proece assise.
[XCIII.]—Il a assez science acquise.
[XCIV.]—Mais fol ne croit jusqu'il prent.
[XCV.]—Nostre bon Roy qui est en maladie.
[XCVI.]—S'il n'a bonté, trestout ne vault pas maille.
[XCVII.]—Se font pluseurs sages qui font a croire.
[XCVIII.]—Qui des sages font grant derrision.
[XCIX.]—Dieux nous y maint trestous a la parclose!
[C.]—En escrit y ay mis mon nom.
[I.]—Je chante par couverture.
[II.]—Amis, je ne sçay que dire.
[III.]—Pour le grant bien qui en vous maint.
[IV.]—Comme autre fois me suis plainte.
[V.]—Belle ou il n'a que redire.
[VI.]—Mon gracieux reconfort.
[VII.]—La grant doulour que je porte.
[VIII.]—Puis que vous estes parjure.
[IX.]—Je suis de tout dueil assaillie.
[X.]—Trés doulz ami, or t'en souviegne.
[XI.]—En ce printemps gracieux.
[XII.]—Se pris et los estoit a departir.
[XIII.]—Dieux! que j'ay esté deceüe.
[XIV.]—Trestout me vient a rebours.
[XV.]—De meschief, d'anui, de peine.
[XVI.]—On doit croire ce que la loi commande.
Acueil bel et agreable.
Renge mon cuer qui fors vous ne desire.
Voire aux loiaulz.—Tu as dit voir.
Aime le; si feras que sage.
Amours, plaisant nourriture.
Si je ne finoye de dire.
[I.]—Com turtre suis sanz per toute seulete.
[II.]—Que me vault donc le complaindre?
[III.]—Je suis vesve, seulete et noir vestue.
[IV.]—Puis qu'ainsi est qu'il me fault vivre en dueil.
[V.]—Quelque chiere que je face.
[VI.]—En esperant de mieulx avoir.
[VII.]—Je ne sçay comment je dure.
[VIII.]—Puis que vous vous en alez.
[IX.]—Bel a mes yeulx, et bon a mon avis.
[X.]—Puis qu'Amours le te consent.
[XI.]—De triste cuer chanter joyeusement.
[XII.]—Pour ce que je suis longtains.
[XIII.]—C'est grand bien que de ces amours.
[XIV.]—M'amour, mon bien, ma dame, ma princesse.
[XV.]—Quant je ne fois a nul tort.
[XVI.]—Doulce dame, que j'ay long temps servie.
[XVII.]—Je suis joyeux, et je le doy bien estre.
[XVIII.]—Rians vairs yeulx, qui mon cuer avez pris.
[XIX.]—Tout en pensant a la beauté, ma dame.
[XX.]—Sage maintien, parement de beauté.
[XXI.]—S'espoir n'estoit, qui me vient conforter.
[XXII.]—De tous amans je suis le plus joyeux.
[XXIII.]—Belle, ce que j'ay requis.
[XXIV.]—Jamais ne vestiray que noir.
[XXV.]—En plains, en plours me fault user mon temps.
[XXVI.]—Visage doulz, plaisant, ou je me mire.
[XXVII.]—A Dieu, ma dame, je m'en vois.
[XXVIII.]—A Dieu, mon ami, vous command.
[XXIX.]—Il me semble qu'il a cent ans.
[XXX.]—Il a au jour d'ui un mois.
[XXXI.]—Se loiaulté me puet valoir.
[XXXII.]—Trés doulz regart, amoureux, attraiant.
[XXXIII.]—Le plus bel qui soit en France.
[XXXIV.]—J'en suis d'acort s'il vous plaist que je muire.
[XXXV.]—De mieulx en mieulx vous vueil servir.
[XXXVI.]—Helas! le trés mauvais songe.
[XXXVII.]—Trés doulce dame, or suis je revenu.
[XXXVIII.]—Puis qu'ainsi est que ne puis pourchacier.
[XXXIX.]—Doulce dame, je vous requier.
[XL.]—Se m'amour voulsisse ottroier.
[XLI.]—De tel dueil m'avez rempli.
[XLII.]—Or est mon cuer rentré en double peine.
[XLIII.]—Hé lune! trop luis longuement.
[XLIV.]—Amis, ne vous desconfortez.
[LXV.]—Souffise vous bel accueil.
[XLVI.]—Se souvent vais au moustier.
[XLVII.]—Combien qu'adès ne vous voie.
[XLVIII.]—Comme surpris.
[XLIX.]—Vous en pourriez exillier.
[L.]—Pour attraire.
[LI.]—Amis, venez encore nuit.
[LII.]—Il me tarde que lundi viengne.
[LIII.]—Cest anelet que j'ay ou doy.
[LIV.]—La cause de mon annuy.
[LV.]—Dure chose est a soustenir.
[LVI.]—Cil qui m'a mis en pensée novelle.
[LVII.]—Vostre doulçour mon cuer attrait.
[LVIII.]—Se d'ami je suis servie.
[LIX.]—Chiere dame, plaise vous ottroier.
[LX.]—Vous n'y pouez, la place est prise.
[LXI.]—S'il vous souffist, il me doit bien souffire.
[LXII.]—Source de plour, riviere de tristece.
[LXIII.]—Bel et doulz et gracieux.
[LXIV.]—Pour quoy m'avez vous ce fait?
[LXV.]—S'ainsi me dure.
[LXVI.]—Amoureux oeil.
[LXVII.]—Ma dame.
[LXVIII.]—Je vois.
[LXIX.]—Dieux.
[1.]—Je vous vens la passerose.
[2.]— —— la fueille tremblant.
[3.]— —— la paternostre.
[4.]— —— le papegay.
[5.]— —— la fleur de mellier.
[6.]— —— l'esparvier apris.
[7.]— —— le vert muguet.
[8.]—Du dieu d'amours vous vens le dart.
[9.]—Du pré d'Amours vous vens l'usage.
[10.]—Je vous vens la fleur de lis.
[11.]— —— du rosier la fueille.
[12.]— —— la turterelle.
[13.]— —— le cerf voulant.
[14.]— —— le chappel de saulx.
[15.]— —— la harpe et la lire.
[16.]— —— les gans de laine.
[17.]— —— la fleur de parvanche.
[18.]— —— la rose amatie.
[19.]— —— le pont qui se haulce.
[20.]— —— le panier d'ozier.
[21.]— —— l'oisellet en cage.
[22.]— —— le vers chapellet.
[23.]— —— la clere fontaine.
[24.]— —— le chappel de soie.
[25.]— —— le cuer du lion.
[26.]— —— la couldre qui ploie.
[27.]— —— l'anelet d'or fin.
[28.]—D'un esparvier vous vens la longe.
[29.]—Je vous vens le coulomb ramage.
[30.]— —— le songe amoureux.
[31.]— —— l'aloe qui vole.
[32.]— —— l'espée de guerre.
[33.]— —— la fleur d'acolie.
[34.]— —— la branche d'olive.
[35.]— —— la fleur d'ortie.
[36.]— —— le chapel de bievre.
[37.]— —— la rose de may.
[38.]— —— la fleur de seür.
[39.]— —— la violete.
[40.]— —— le blanc corbel.
[41.]— —— l'aloue volant.
[42.]— —— le dyamant.
[43.]— —— le tourret de nez.
[44.]— —— la marjoleine.
[45.]— —— la fueille de houx.
[46.]— —— la blonde tresce.
[47.]— —— le souspir parfont.
[48.]— —— le blanc orillier.
[49.]— —— la voulant aronde.
[50.]—Du blanc pain vous vens la mie.
[51.]—Je vous vens la rose d'Artois.
[52.]— —— la colombelle.
[53.]— —— le blanc cueuvrechief.
[54.]— —— de soye le laz.
[55.]— —— l'anelet d'argent.
[56.]— —— la fleur de glay.
[57.]— —— la perle fine.
[58.]—Je ne vens ne donne les yeulz.
[59.]—Chascun vous vens, mais je vous vueil donner.
[60.]—Je vous vens la fleur de peschier.
[61.]— —— du rosier la branche.
[62.]— —— d'Amours la prison.
[63.]— —— la rose vermeille.
[64.]— —— plein panier de flours.
[65.]— —— la feuille de tremble.
[66.]—Le saphir vous vens d'Orient.
[67.]—Flours vous vens de toutes couleurs.
[68.]—Je vous vens le levrier courant.
[69.]— —— la fleur mipartie.
[70.]— —— l'escrinet tout plein.
[I.]—Car qui est bon doit estre appellé riche.
Éloge de Charles d'Albret.
[II.]—Si com tous vaillans doivent estre.
A Charles d'Albret.
[III.]—Et Dieux vous doint leur bon droit soustenir.
[IV.]—Et honneur en toutes querelles.
[V.]—Avisons nous qu'il nous convient morir.
[VI.]—Ne les princes ne les daignent entendre.
[VII.]—Car de Juno n'ay je nul reconfort.
[VIII.]—Il veult trestout quanque je vueil.
[IX.]—Amours le veult et la saison le doit.
[X.]—Amours le veult et la saison le doit.
[XI.]—Assez louer, ma redoubtée dame.
[XII.]—Si qu'a tousjours en soit memoire.
[XIII.]—Vous semble il que ce fausseté soit?.
[XIV.]—Juno me het et meseür me nuit.
[XV.]—Se Dieu et vous ne la prenez en cure.
[XVI.]—A Charles d'Albret, connétable de France.
Ce premier jour que l'an se renouvelle.
[XVII.]—N'on n'en pourroit assez mesdire.
[XVIII.]—A la reine Isabelle de Bavière
Ce jour de l'an, ma redoubtée dame.
[XIX.]—A Louis de France, duc d'Orléans
Ce jour de l'an vous soiez estrené.
[XX.]—A Marie de Berry, comtesse de Montpensier.
Ce plaisant jour premier de l'an nouvel.
[XXI.]—Christine fait hommage à Charles d'Albret de
son poème «Du Débat de deux Amans»
Si le vueilliez recepvoir pour estreine.
[XXII.]—Christine recommande son fils aîné au duc
d'Orléans
Si le vueilliez, noble duc, recevoir.
[XXIII.]—Faittes voz faiz a voz ditz accorder.
[XXIV.]—Le corps s'en va, mais le cuer vous demeure.
[XXV.]—Chapiaulx jolis, violetes et roses,
Fleur de printemps, muguet et fleur d'amours.
[XXVI.]—Et certes le doulz m'aime bien.
[XXVII.]—Et ce vous fait tout le monde plaire.
[XXVIII.]—En ce jolis plaisant doulz moys de May.
[XXIX.]—Au duc d'Orléans, sur le combat de sept Français
contre sept Anglais (19 mai 1402).
De hault honneur et de chevalerie.
[XXX.]—Sur le combat des sept chevaliers français et
des sept chevaliers anglais (19 mai 1402).
Sera retrait de leur haulte vaillance.
[XXXI.]—Même sujet
On vous doit bien de lorier couronner.
[XXXII.]—A pou que mon cuer ne font!
[XXXIII.]—Au sénéchal de Hainaut, 1402.
D'entreprendre armes et peine.
[XXXIV.]—Apercevoir
Vueillez le voir.
[XXXV.]—Vostre doulceur me meine dure guerre.
[XXXVI.]—A la reine Isabelle de Bavière.
Soit, sanz cesser, toute joye mondaine.
[RONDEL.]—Mon chier seigneur, soiez de ma partie.
[XXXVII.]—On est souvent batu pour dire voir.
[XXXVIII.]—Sur la Cour du duc Philippe de Bourgogne, 1403.
Selon seigneur voit on maignée duite.
[XXXIX.]—Car je vous ay retenue a ma vie.
[XL.]—Je mourray se m'estes dure.
[XLI.]—Qu'en France soit si mençonge eslevée.
[XLII.]—Sur la mort du duc de Bourgogne (27 avril 1404)
Affaire eussions du bon duc de Bourgongne.
[XLIII.]—Et ne croyez flajolz de decepveurs.
[XLIV.]—Ne mon penser nulle heure ne s'en part.
[XLV.]—Mon doulx amy, d'autre ne me vient joye.
[XLVI.]—Je m'en mettré a mon aise.
[XLVII.]—Et me vueillez ottroyer vostre amour.
[XLVIII.]—Je le sçay bien, il fault que je m'en sente.
[XLIX.]—Je dis que c'est pechié a qui le fait.
[L.]—S'ainsi le faiz, tu seras preux et saige.
[LI.]—Et ait ou mal fort et poissant couraige.
[LII.]—Ce jour de May gracieux plain de joye.
[LIII.]—Quant bien me doit venir, meseur l'en chace.
[I.]—Je t'ameray et tiendray chier.
[II.]—Certes trop m'est dure la departie.
[III.]—A Dieu te dis, amis, puis qu'il le fault.
[IV.]—Et qui n'aroit regrait a tel plaisance
Et a si trés doulce amour eslongner?
[V.]—Quant chascun s'en revient de l'ost.
[VI.]—Car de ce vueil savoir le compte.
[VII.]—Qui vous en a tant appris?.
[VIII.]—Le plus bel des fleurs de liz.
[IX.]—De bien en mieulx vous puist il avenir.
Doulce dame, vueillez oïr la plainte.
Vueillez oÿr en pitié ma complainte.