NOTES
[1] Aujourd’hui on connaît sous le nom de baie de l’Ascension, celle qui est entre 18° 50´ et 19° de lat. puis le golfe Amatique, au fond duquel se trouve le Rio-Dulce qui unit le golfe du même nom ou Golfete à la mer: il serait possible que le nom de golfe Dulce s’appliquât à cette époque au golfe Amatique, ou baie de Honduras, et celui de l’Ascension à tout l’ensemble du golfe.
[2] La Desconocida est une pointe de terre au 20° 50´ lat. formée par un grand estuaire qui s’allonge du sud au nord, à l’ouest de la péninsule.
[3] Puerto-Real est le nom de la plus orientale des deux îles qui ferment la lagune de Terminos. D’après une carte en ma possession, celle de Bailey, Dos Bocas est une barre de Tabasco au 93° 10´ long.
[4] C’est un rameau détaché de la Sierra de Tekax, la seule chaîne qui existe au Yucatan; elle commence au Pueblo de Kambul, arrondissement de Peto (19° 40´ lat.), court au N.-O., laissant à droite Tekax et Ticul, à la gauche Ɔul et Nohcacab jusqu’à la ville de Maxanú, où elle tourne au sud jusqu’à Campêche, pour s’interner ensuite dans les terres vers la république de Guatémala (Pequeño Catecismo de Geografia, arreglado para el uso de los niños, por J. S. C. Y. G. M. R. Merida de Yucatan, 1851.)
[5] Les connaissances géographiques de cette époque étaient loin d’être complètes. Voici ce que dit l’auteur de la petite géographie cité dans la note précédente: Le Yucatan se trouve entre le 18° 21´ de latitude nord et 18° 20´ et 18° 24´ de longitude occidentale de Cadix.
[6] Taiza serait ici au lieu de Taizal ou Tayazal, nom qu’on donnait alors à la capitale du Peten.
[7] La Saint-François tombe au 4 octobre.
[8] Peten signifie une île ou une presqu’île; les Mayas savaient fort bien que leur pays tenait à la terre ferme; preuve, les cartes dressées par eux et dont Montejo et les autres Espagnols se servirent pour reconnaître le Yucatan. Ils savaient du reste qu’ils avaient été envahis plus d’une fois par des populations venues du sud par les montagnes.
[9] Ceci n’est pas complet. Ils disaient aux Espagnols: «Conex c’otoch», c’est-à-dire: Venez à nos maisons.
[10] Cette région n’ayant été jusqu’ici que fort peu explorée, il est difficile de déterminer les rivières dont parle l’auteur: car celles qui descendent du Taiza ou Peten sont le San-Pedro à l’ouest, dont il parle un peu plus bas, et le Zacchich avec les autres affluents, formant le cours du Rio-Hondo qui se jette à l’est dans la lagune de Bacalar.
[11] Xicalanco était une ville importante pour son commerce, située à l’extrémité d’une langue de terre en face de la pointe occidentale de l’île de Carmen, formant une des entrées de la lagune de Terminos.
[12] Ce lieu était probablement consacré à la déesse de la médecine et des accouchements; le nom se compose de ti, in, apud, et de Ixchel, nom de cette divinité.
[13] Voir la note 1ʳᵉ, §1.
[14] Cette ile, aujourd’hui Cozumel, est appelée aussi Acuzamil et Ah-Cuzamil, c’est-à-dire des hirondelles, du mot cuzam, hirondelle. On y adorait dans un temple superbe une divinité du nom de Teel-Cuzam. Aux pieds d’Hirondelle, dont la statue était représentée avec les pieds de cet oiseau. Elle était de terre cuite, grande et revêtue des ornements royaux. Comme elle était creuse et adossée à la muraille, un prêtre s’y renfermait pour répondre au nom du dieu aux demandes des pèlerins qui s’y rendaient en grand nombre des diverses provinces du Yucatan; car Cozumel était un des lieux les plus vénérés de la péninsule. En face de l’île se terminait à la ville de Ppolé la chaussée qui venait d’Izamal et autres villes principales du pays. (Cogolludo, Hist. de Yucatan, lib. IV, cap. 7.)
[15] Mugeres, d’après la carte du Yucatan de l’ouvrage de Stephens entre 21° 30´ et 22° de latitude nord. Le nom d’Ekab ne se trouve sur aucune carte que je connaisse; mais sur celle de Stephens on signale des ruines en plusieurs endroits sur la côte opposée à Cozumel et à Mugeres.
[16] Vivora, rescifs de la mer du nord, situés à 15 lieues au sud de l’île de la Jamaïque, qui ont 42 lieues de long E.-O., fort dangereux pour les embarcations qui naviguent de ce côté... La tête se trouve par 27° 10´ de long. et par 17° lat. nord (Alcedo, Diccionario geogr. hist. de las Indias-Occidentales, etc.)
[17] Suivant Ordoñez, le nom de Maya, qu’il applique à tout le Yucatan, viendrait de ma-ay-ha, exactement non adest aqua, terre sans eau.
[18] Sulamanca de Yucatan fut fondé en 1544, près d’une ancienne ville indienne nommée Bakhalal (enceinte de joncs ou de bambous), et la province est appelée par les uns Vaymil, par les autres Chetemal; peut-être y avait-il deux petites provinces indigènes continant près de Bakhalal, aujourd’hui Bacalar, au fond de la lagune de Chetemal, à l’est du Yucatan. Dans le document en langue maya qui suit cette relation, la province où se trouve Bacalar est appelée Zyan-Caan.
[19] Campêche était appelé Kimpech par les indigènes, d’après Cogolludo.
[20] Champoton s’appelait auparavant Potonchan, qui parait un nom de la langue mexicaine plutôt que maya; on le fait venir de potoni, puer, sentir mauvais, et chan, demeure; ce qui serait la maison-puante, sans doute à cause des marécages qui entouraient cette ville.
[21] Ulua pour Culua ou Culhua, noms qu’on donna à l’ile où se trouve le fort de San-Juan, auprès de la Vera-Cruz; on désignait ainsi la puissance mexicaine, à cause de Culhuacan d’où les rois de Mexico-Tenochtitlan tiraient leur titre.
[22] Il y a, par erreur, dans la copie espagnole Campêche; il faut Cotoch.
[23] Ces barbares paraissent avoir été de race différente des autres populations indigènes du Yucatan, peut-être de descendance caraïbe. Serait-ce parce qu’ils mangeaient quelquefois les membres de leurs ennemis sacrifiés aux dieux?
[24] Les Yucatiques adoraient déjà la croix; Hernandez de Cordova et Grijalva en avaient trouvé dans plusieurs de leurs temples; il n’était donc pas bien difficile de leur en faire admettre une autre.
[25] Le texte espagnol est souvent difficile à entendre; il l’est ici particulièrement, le copiste de Landa ayant probablement passé quelques mots ou mal écrit les autres. Voici ce que Lizano écrit au sujet des premiers habitants du Yucatan. «Ils surent... que la race de ce pays-ci vint, partie du couchant, partie du levant. Ainsi dans leur ancienne langue ils appellent le levant d’une autre manière qu’aujourd’hui. Actuellement ils appellent l’Orient Likin, ce qui revient à dire que d’où se lève le soleil sur nous. Et le Couchant ils le nomment Chi-kin, ce qui est la même chose que chute ou fin du soleil, ou bien où il se cache par rapport à nous. Mais dans l’antiquité ils disaient de l’orient Cen-ial, petite descente, et du couchant Nohen-ial, la grande descente et le peu de gens, d’un côté, la grande multitude, de l’autre, quels qu’ils puissent être les uns et les autres. Je remets le lecteur qui voudrait en savoir davantage au Père Torquemada, dans son Histoire Indienne (Monarquia Indiana), et il verra là comment les Mexicains vinrent du Nouveau-Mexique, et de là par ici. Et comme l’île Espagnole (Haïti) fut peuplée de Carthaginois, que de ceux-ci se peupla Cuba, et cette terre, du côté de l’Orient, comme gens de tant de raison et de valeur, ils purent connaître l’art d’édifier de si somptueux monuments et de s’assujettir les autres nations; sinon que, comme la communication avec Carthage leur manqua avec le temps, ils seraient devenus avec le climat des gens rudes et barbares. (Lizana, Hist. de Nuestra Señora de Yzamal, Part. 1, cap. 3.)
[26] Comme on le voit, Chectemal (écrit ailleurs Chetemal) et Bakhalal sont donnés comme ne faisant qu’une province.
[27] Cette circonscription commençait au bord de la mer en face de Mugeres où était Ekab et terminait vers le centre de la péninsule.
[28] Mérida da Yucatan fut fondé sur les ruines de Tihoo ou T’hoo, capitale de l’antique province de Cehpech, prononcez Qehpech, le c maya étant dur dans tous les mots.
[29] Le pays ne produisait peut-être aucun métal; mais il est indubitable qu’il en tirait d’ailleurs: on sait, du reste, que les Mayas, ainsi que les autres populations civilisées du Mexique, travaillaient la pierre avec des instruments en cuivre et en bronze trempé et avec d’autres en pierre dure.
[30] Ces lignes sont répétées à peu près mot pour mot au § XLII.
[31] Landa, tout en donnant des notions fort précieuses sur le Yucatan, ne s’est guère préoccupé de l’histoire ancienne du pays. Ce que Lizana d’un côté, et Cogolludo de l’autre, ont recueilli, complète ce que dit Landa. Au rapport du second, le prêtre Zamná, venu des régions occidentales, aurait été le premier civilisateur de cette contrée. Nous en parlerons plus en détail dans un autre §. Quant aux édifices d’Izamal, des onze ou douze que compte notre auteur, il n’en restait déjà plus que cinq du temps de Lizana, environ soixante ans après; et de ces cinq, deux étaient consacrés à Zamnà, à qui l’un avait été érigé comme sépulture après sa mort. Ce sont ces édifices que les Espagnols nommèrent Cu et au pluriel cues ou cuyos, du mot maya ku, saint, sacré. A cause de leur forme massive et pyramidale, les indigènes les désignaient sous celui d’omul ou homul, qui donne l’idée d’une élévation artificielle ou d’une taupinière.
[32] Le monastère des franciscains d’Yzamal fut bâti sur l’omul appelé encore aujourd’hui par les indigènes Ppapp-hol-chac, c’est-à-dire la Maison des Têtes et des Eclairs, et l’église de San-Antonio sur l’omul de Hunpictok ainsi nommé du dieu de la guerre qui avait là son temple (Lizana, Hist. de N. S. de Yzamal, lib. 1, cap. 3.)
[33] Je trouve ailleurs ce nom de Tikoch écrit Ticoh et Tecoh, comme on le voit aujourd’hui.
[34] Ce fait que Herrera a tiré de Landa, se trouve ici isolément, sans qu’il soit possible de déterminer à quelle époque il peut appartenir; mais il paraît assez évident qu’il s’agit d’une sorte de réaction religieuse.
[35] Voir le § XLII.
[36] Cet abîme, situé au centre de la cité, était environné de toutes parts d’épais bocages, dont le silence et la solitude le mettaient à l’abri des bruits profanes du monde. L’aspect qu’il offre encore aujourd’hui est celui d’un précipice circulaire d’environ cent pieds de diamètre, aux parois raboteuses et perpendiculaires, au-dessus desquelles se penche le sombre feuillage du bois voisin. Un escalier circulaire taillé dans la roche calcaire, invisible au premier abord, descend jusqu’au bord de l’eau, et jadis il s’arrêtait au pied d’un autel où l’on offrait des sacrifices à Cukulcan. (Stephens, Incidents of travel in Yucatan, vol. II, chap. 17.—Relation du Lic. Lopez Medel, trad. de Ternaux-Compans, dans les Nouv. Annales des Voyages, tom. 1. 1843.)
[37] Cuculcan, écrit quelquefois Kukulcan, vient de kuk, oiseau qui paraît être le même que le quetzal; son déterminatif est kukul qui uni à can, serpent, fait exactement le même mot que Quetzal Cohuatl, serpent aux plumes vertes, ou de Quetzal.
[38] Qui étaient les Izaes, ou Itzaex, c’est ce qu’il est difficile de déterminer. Ils étaient maîtres de Chichen-Itza, lorsque les Tutul-Xius les en chassèrent au XIIIᵉ Ahau-Katun, c’est-à-dire vers l’an 270 de notre ère, et le document que nous publions plus loin les appelle kuyen uinkob, des hommes saints. Si nous pouvions hasarder ici une conjecture, nous dirions qu’ils pourraient être des restes de la grande famille des Xibalbaïdes, réfugiés dans le Yucatan, après la victoire des Nahoas, de la race desquels étaient les Tutul-Xius. Parlant des princes de Xibalba, le Livre Sacré les appelle Ah-Tza, Ah-Tucur, mot à mot: ceux du mal, ceux des hiboux; mais ces mots sont plutôt des dénominations anciennes de peuples, de qui ceux de Tucurub, dans la Vérapaz, et ceux du Peten-Itza seraient descendus. Peten-Itza, ou l’île des Itzas, dans le lac de Tayazal, aurait été peut-être le dernier refuge de cette antique nation, dont les Espagnols ne s’emparèrent qu’en 1697.
[39] Cezal-couati, c’est Quetzalcohuatl, le c maya, ainsi que nous l’avons dit, devant se prononcer dur comme q devant toutes les voyelles indistinctement.
[40] La question est de savoir si Mayapan dut sa construction première à ce Cuculcan, et si celui-ci vint longtemps après, Zamnà qui parait, d’après les autres traditions, avoir été le premier législateur de cette contrée. Quelques indices sembleraient les faire contemporains; mais d’autres donneraient à penser que Zamnà était le chef d’une religion différente, peut-être de celle des Itzaex. Si Zamnà est plus ancien que Cuculcan, Izamal est aussi plus ancienne que Mayapan: cependant, au dire d’Ordoñez qui avait eu en sa possession des documents anciens des Tzendales, la fondation de Mayapan aurait été contemporaine de celle de Nachan (Palenqué), de celle de Tulhá (Ococingo) et de celle de Copan (Chiquimula), et remonterait à 1000 ans environ avant l’ère chrétienne. Je laisse au docte chanoine de Ciudad Real toute la responsabilité de son assertion.
[41] Au Mexique on fait retourner Quetzalcohuatl à Tlapallan, et au Yucatan on le renvoie au Mexique. Mais il ne serait pas impossible que ce Cuculcan fût le même que le personnage plus ou moins mythologique, dont parle Sahagun, conducteur de la race nahuatl en Tamoanchan, qui paraît se confondre avec le Quetzalcohuatl du Codex Chimalpopoca et le Gucumatz du Livre Sacré, l’un découvrant le maïs en Tonacatepetl et l’autre en Pampaxil et Pacayala.
[42] On sait que les marécages voisins de Champoton sont parsemés de ruines magnifiques qui s’étendent dans les îles et tout autour de la lagune de Terminos.
[43] Cocom signifie écouteur, croyant. Il fut donné probablement à cette famille, comme une récompense pour avoir cru la première aux enseignements de Cuculcan.
[44] Ahkin-Mai, le prêtre de Mai ou Ahau-Can-Mai, le prince Serpent Mai. Qu’était Mai, une divinité ou un personnage des temps antiques, sans doute celui à l’occasion duquel le pays fut appelé Maya et dont l’origine devrait peut-être se chercher dans les traditions religieuses de Haïti.
[45] Ces livres étaient appelés Analté, ou livre de bois, parce que le papier en était fabriqué de l’écorce d’un arbre, le même apparemment qu’on appelle Amatl au Mexique: c’était une sorte de papyrus, préparé avec grand soin, en tout semblable à celui de la Bibliothèque impériale et recouvert d’un enduit glacé analogue à celui de nos cartes de visite. Les planches entre lesquelles on les renfermait, et qu’on garnissait avec soin, annonce une sorte de reliure.
[46] Il s’agit ici de l’émigration des Tutul-Xius, dont le document chronologique placé à la suite de cet ouvrage fixe la sortie du pays de Tulapan ou de Tula (Tulha), à l’an 143 ou bien à l’an 174 de notre ère; ce qui recule à plusieurs siècles en arrière le commencement de la dynastie Cocome. Ni Lizana, ni Cogolludo ne font allusion à l’entrée des Tutul-Xius dans le Yucatan.
[47] Cette identité se trouve en particulier dans les langues zotzile, tzendale et Chamho (Chamula), qu’Ordoñez prétend être de l’égyptien ou du cophte.
[48] Landa ferait-il allusion aux ruines de Palenqué? cequi est certain c’est que de bonne heure les religieux espagnols avaient signalé des débris considérables de villes, abandonnées déjà au temps de la conquête, entre autres ceux d’Ococingo, (Garcia, Origen de los Indios lib. II, cap. 4.)
[49] Le nom des Tutul-Xiu paraît d’origine nahuatl; il serait dérivé de totol, tototl, oiseau, et de xiuitl ou xihuitl, herbe, etc. En ceci il n’y aurait rien d’extraordinaire, puisqu’ils sortaient de Tula ou Tulapan, cité qui aurait été la capitale des Nahuas ou Toltèques, après leur victoire sur Xibalba.
[50] Il n’est pas probable que ces paroles puissent être prises à la lettre; le peu qu’on sait de l’histoire du Yucatan serait en opposition avec Landa.
[51] Ces paroles seraient une preuve de l’existence d’une société antérieure, possédant des institutions différentes de celles de Cuculcan qui étaient probablement d’origine toltèque. Cette société se rattacherait-elle à la civilisation apportée par Zamna et dont Izamal paraîtrait avoir été le centre?
[52] Sous le nom de Mexicains et de rois du Mexique, on comprend sans difficulté qu’il s’agit ici des petits princes qui gouvernaient les provinces soumises depuis au sceptre ou au vasselage des derniers rois de Mexico, mais non de ces rois eux-mêmes.
[53] Il s’agit ici d’une sorte de cotte de mailles en coton piqué, appelée ichcahuipil en langue mexicaine. Quant au sel dont il est question ici, on comprend difficilement quel pouvait en être l’usage dans le piqué de ces sayes: j’avais cru d’abord voir une erreur du copiste dans le texte; mais ce détail est répété ailleurs, § XXIX. Peut-être ces sayes étaient-elles faites de manière à ce qu’on introduisît une couche de sel dans la doublure, chaque fois qu’on devait s’en servir.
[54] L’auteur, ainsi qu’on s’en aperçoit dans le cours de sa narration, copiée par Herrera, confond ici deux faits qui paraissent assez distincts: 1º la première révolte des Tutul-Xius et des autres grands vassaux de l’empire maya, à la suite de laquelle il se partage en trois royaumes, celui de Mayapan, celui de Chichen-Itza et celui d’Uxmal, qui d’après le document maya, déjà cité, aurait eu lieu du IXᵉ au Xᵉ siècle, ce qui ferait les cinq cents ans et plus dont il est question dans ce paragraphe; 2º la révolution qui chassa définitivement la dynastie des Cocomes, au milieu du XVᵉ siècle, de la ville de Mayapan qui fut abandonnée alors.
[55] D’après ce calcul, Mayapan aurait été abandonné en 1446, cent vingt ans avant l’année 1566, où écrivait Landa; date qui concorde admirablement avec celle donnée par le document chronologique ci-joint, où cet événement est placé au VIᵉ Ahau Katun, commençant en 1446 ou en 1461.
[56] Ces pierres de dix-huit pieds de long (de hauteur sans doute), et rondes par le bout, rappellent assez bien les monolithes de Copan et de Quirigua, assez semblables à des obélisques et recouverts d’inscriptions analogues à celles dont il est ici question.
[57] Zilan, que les Yucatèques écrivent Ɔilan, était une ville de la principauté des Chèles, à vingt lieues et demie de Mérida. Elle est à six lieues au nord d’Izamal dont elle est aujourd’hui le port sur l’Atlantique: il y reste les ruines d’un des plus grands omules du Yucatan.
[58] Voici ce qu’ajoute à ce sujet Cogolludo: «Leurs lustres arrivant à cinq qui font vingt ans, ce qu’ils appelaient katún, ils plaçaient une pierre gravée sur une autre également gravée, incrustée avec de la chaux et du sable dans les murs de leurs temples et des maisons des prêtres, comme on le voit encore aujourd’hui dans les édifices en question, et dans quelques anciennes murailles de notre couvent de Mérida, sur lesquelles il y a quelques cellules. Dans une ville, nommée Tixhualahtun, qui signifie lieu où l’on met une pierre gravée sur une autre, se trouvaient, disent-ils, leurs archives, où tout le monde avait recours, pour les événements de tout genre, comme nous à Simancas.» (Hist. de Yucatan, lib. IV, cap. 4.)
[59] La terre d’Ulua, dont il est question ici, située au delà de Salamanca, c’est-à-dire de Bacalar, ne saurait être le Mexique: il s’agirait donc du pays arrosé par le fleuve de ce nom dans le Honduras avec lequel les Mayas étaient en relations de commerce très-étendues: on sait du reste que les princes de ces contrées s’occupaient d’affaires commerciales tout autant que leurs sujets, témoin le roi d’Acallan qui était toujours élu d’entre les marchands les plus expérimentés.
[60] Mot à mot: Au roulement, ou bien On a été joué, roulé ti bulon ou bolon.
[61] Zututa, aujourd’hui Sotuta, est encore actuellement un arrondissement du département de Tekax, à peu près au centre nord de Yucatan.
[62] Ce nom s’écrit Acanul ou Ahcanul; c’était une province au nord-est de Campêche, et touchant à la mer vers Pocboc.
[63] C’est-à-dire jusqu’à l’époque de la colonisation espagnole de Campêche en 1540. (Cogolludo, Hist. de Yucatan, lib. III, cap. 5.)
[64] Ces mots jetés comme par hasard nous donnent le nombre exact des chefs du sacerdoce de Mayapan, tel, probablement, qu’il avait été institué par Cuculcan. Le nom de Chel qui est donné ici à l’une de ces familles paraît devoir se rattacher à quelque origine divine, Ixchel qui signifie la femme Chel étant à la fois la déesse de la médecine et des accouchements.
[65] Ailleurs ce nom est écrit Ahchel, quoiqu’il serait plus exact de dire H’chel.
[66] Serait-ce un tatouage à la mode des marins ou des philactères comme ceux des Pharisiens de l’Evangile?
[67] Les Chèles étaient à la tête du sacerdoce dans la province d’Izamal, ville sacerdotale par excellence, ce qui devait leur donner une influence considérable dans tout le Yucatan.
[68] Ce terme de vingt ans paraît s’appliquer au premier abord à l’époque qui suivit immédiatement l’abandon définitif de Mayapan; mais les événements qui suivent la construction d’un si grand nombre d’édifices et de monuments de toute sorte, dont il est question ensuite, donneraient à penser que Landa confond de nouveau l’époque première de la ruine de Mayapan et sa ruine définitive.
[69] Les réflexions de la note précédente peuvent également s’appliquer ici. L’ouragan dont il est question est mentionné par Cogolludo, comme un événement très-ancien, trouvé par le docteur Aguilar dans les livres mayas. Il réfère l’événement comme «une inondation ou ouragan, qu’ils appelaient Hun-Yecil, ou summersion des forêts.» (Hist. de Yucatan, lib. IV, cap. 5.) Ceci serait curieux à comparer avec le cataclysme dont il est parlé aux époques primitives des Quichés, des Mexicains et des Péruviens.
[70] Cogolludo parle de cette peste, et le document en langue maya l’attribue à certaines fièvres et à la petite vérole qui aurait été apportée par les Espagnols, lors de leur première tentative de conquête. Elle est marquée au XIIIᵉ Ahau Katun, commençant à l’an 1518 ou 1521.
[71] Il est parlé de ces prétendues prophéties dans tous les livres composés depuis la conquête. Ce que Landa nous apprend ici toutefois, c’est que Chilan était le nom d’un office sacerdotal parmi les Mayas.
[72] Il est parlé dans Lizana et Cogolludo d’histoires analogues, toutes aussi peu fondées les unes que les autres, ou inventées par les vaincus pour plaire aux religieux, leurs maîtres. (Cogolludo, Hist. de Yucatan, lib. II, cap. 11.)
[73] Le précepteur de Charles-Quint, régent d’Espagne et depuis Pape sous le nom d’Adrien VI, en 1522.
[74] Cogolludo distingue entre Cóni et Conil, celui-ci étant un port de mer sur la côte nord, situé en avant de Cóni, et dont le nom est resté aujourd’hui à une pointe de terre qui s’avance entre le Cap-Catoch et le Rio-Lagartos, à l’entrée de la lagune de Yalahau, où il y a tant de ruines intéressantes.
[75] Cogolludo appelle cette province Chavacha-Háa ou Choáca, qui est, ainsi que toute la portion orientale de la péninsule, presque entièrement dépeuplée actuellement: Chichen-Itza en dépendait.
[76] Tecoh est situé à moins de cinq lieues au sud-est de Mérida, dans l’arrondissement de cette ville.
[77] Covoh parait avoir été le nom de la famille régnante à Champoton, au temps de la conquête.
[78] Ainsi les Chèles continuaient à exercer le sacerdoce à Tecoh, en 1565, malgré les efforts de Landa et des autres franciscains.
[79] Chichen-Itza paraît avoir continué à jouer un rôle important dans l’histoire jusque vers la fin du XIIIᵉ siècle. Le titre et la puissance royale seraient passés ensuite aux Chèles de Tecoh, qui possédaient le territoire de Chichen ainsi que celui d’Izamal, à la conquête. N’y aurait-il pas là encore une preuve d’antagonisme entre deux sectes religieuses, personnifiées dans les familles sacerdotales de Chichen et de Tecoh? Chichen, autant qu’on peut en juger, était en ruines et abandonné lorsque les Chèles en firent la cession à Montejo.
[80] Il manque probablement des mots dans ce texte; car il est intraduisible ici.
[81] Cogolludo écrit ce nom Anamux-Chel.
[82] Yobaïn est aujourd’hui un village de l’arrondissement de Motul, département d’Izamal, à une lieue environ de la mer, sur la route de cette ville.
[83] L’audience royale dite des Confins, parce qu’elle avait été transférée à Gracias-à-Dios, ville du Honduras située sur les frontières de cette province, et tout près de celles de Guatémala, pour veiller aux intérêts de l’Amérique centrale, en particulier du Nicaragua et du royaume de Guatémala.
[84] Cogolludo ne raconte pas cette histoire de la même manière que Landa; mais celui-ci paraît être dans le vrai. (Cogolludo, Hist. de Yucatan, lib. III, cap. 6.)
[85] Ce sont les embouchures du Tabasco et la lagune de Terminos.
[86] Ti-Hoo et mieux T’Hoo, signifie la cité par excellence, ad urbem. La tradition en attribuait la fondation aux Tutul-Xius, et elle renfermait des monuments remarquables de son antique splendeur, lorsque les Espagnols y fixèrent leur résidence. (Cogolludo, Hist. de Yucatan, lib. III, cap. 7 et 11.)
[87] Voici donc Landa, que l’on a si souvent accusé de fanatisme et de cruauté même à l’égard des Indiens, racontant lui-même les barbaries commises par les conquérants. Ce n’est pas ici l’enthousiaste déclamateur Las Casas; c’est Landa lui-même. Mais hâtons-nous de le répéter avec lui, les Espagnols eux-mêmes se révoltaient des cruautés exercées par quelques-uns de leurs chefs.
[88] C’était là la condition de la plupart des nations indigènes de ces contrées. Combien d’ouvrages de l’époque y a-t-il, cependant, où on les accuse de vivre comme des bêtes sauvages dans les bois et au fond des précipices! A qui la faute, sinon à ceux dont l’avidité et la barbarie les forçaient à se cacher et changèrent en solitudes les régions naguères les plus florissantes et les plus peuplées!
[89] Cette révolte eut lieu en 1546.
[90] Jacques de Testera était Français, natif de Bayonne et frère d’un chambellan de François Iᵉʳ, roi de France: le premier il arrêta la destruction des documents indigènes, si malheureusement et en si grand nombre déjà livrés aux flammes par Landa dans le Yucatan et par Zumarraga à Mexico et à Tetzcuco.
[91] Voici ce que dit à ce sujet Torquemada: «Ils comptaient les paroles de la prière qu’ils apprenaient avec des petits cailloux ou des grains de maïs, mettant à chaque mot ou période un caillou ou un grain, l’un après l’autre, comme après ces mots Pater noster une pierre, après qui es in cœlis une autre, et ainsi du reste. Puis, les signalant du doigt, ils commençaient avec le premier caillou, disant Pater noster, et continuaient ainsi jusqu’à la fin, recommençant aussi souvent qu’il le fallait pour se graver le tout dans la mémoire.» (Mon. Ind., lib. XV, cap. 36.)
[92] La grammaire maya du père Louis de Villalpando fut augmentée par Landa lui même; mais on ne sait ce que ces manuscrits sont devenus. Pinelo cite de Villalpando un Arte, i Vocabulario, qui auraient été imprimés, mais ne dit ni où ni quand.
[93] Landa parle ici d’après son expérience personnelle dans la matière.
[94] Ce mot est le même que les écrivains yucatèques, successeurs de Landa, écrivirent than, où le th a un son tout particulier, et qui n’est pas le th anglais.
[95] Si nous comprenons bien ce que veut dire l’auteur, c’est que les religieux adoptèrent les lettres latines pour les mots nouveaux que l’espagnol introduisit dans la langue maya; ou bien signifie-t-il qu’on ajouta à l’alphabet latin les lettres dont le son manquait en espagnol?
[96] L’auteur dit les trois Pàques, suivant l’usage espagnol, la Noël, Pàque et la Pentecôte.
[97] Cet auto da-fé, où personne toutefois ne fut brûlé, ce fut le père Landa lui-même qui le célébra, usurpant, comme on l’en accusa bientôt après, les droits épiscopaux. Voir à ce sujet, pour les détails, Cogolludo, Hist. de Yucatan, lib. VI, cap. 1 et 6.
[98] Dans le nouveau Royaume de Grenade.
[99] Il y a dans le texte catedratico de Scoto, qui tient la chaire de l’enseignement de Scot, le célèbre professeur de philosophie scolastique du moyen âge.
[100] On voit que ces seigneurs indiens savaient au besoin flatter leurs vainqueurs.
[101] C’est encore aujourd’hui de cette manière que se construisent à la campagne les maisons non-seulement des indigènes, mais encore de la plupart des autres habitants du pays, au Yucatan et ailleurs.
[102] On en verra plus loin la description.
[103] On en verra plus loin la description.
[104] Suivant d’autres auteurs ils auraient eu quelquefois des vêtements plus complets et de plus de luxe.
[105] Cette boisson est en effet fort rafraîchissante et aussi nourrissante qu’agréable: on l’appelle tisté au Nicaragua.
[106] Celle-ci est une sorte de chocolat, tel que le préparaient les indigènes, de qui l’Europe l’a reçu.
[107] Ou plutôt les Espagnols et leurs descendants ont emprunté des Yucatèques et ceux-ci des Espagnols leurs coutumes mutuelles, surtout quant à la nourriture, ce dont s’aperçoivent fort facilement les voyageurs qui parcourent ces contrées.
[108] C’était un véritable hydromel, comme on le voit. Dans la suite de ce récit le mot vin, qui se représente souvent, ne doit pas être pris dans un autre sens.
[109] Ce livre est rempli de vieux provincialismes souvent introuvables et encore plus intraduisibles; il y a ici cimitaras, peut-être pour cimitarras, cimeterres, mais que veut-il dire? Nous avons traduit l’idée, sinon le mot.
[110] «Au temps de leur idolâtrie, ils dansaient et encore actuellement ils dansent et chantent suivant l’usage des Mexicains: ils ont un chanteur principal qui donne le ton et enseigne ce qu’il faut chanter; ils le vénèrent et le respectent, lui donnant sa place à l’église, dans les fêtes et assemblées. Ils le nomment Holpop, et c’est à ses soins que sont confiés les tambours ou tunkules et autres instruments de musique, tels que flûtes, trompettes, conques marines et autres choses dont ils se servent. Le tunkul (en mexicain teponaztli) est de bois creux, et il y en a de si grands qu’on en entend le son à deux lieues de distance, quand vient le vent du même côté. Ils chantent avec ces instruments leurs fables et leurs antiquités. Ils avaient et ils ont encore des comédiens qui représentent les fables et les histoires antiques, que je crois qu’il serait bon de leur ôter, au moins les costumes avec lesquels ils les représentent; car, à ce qu’il paraît, ils sont comme ceux de leurs prêtres idolâtres... Ils mettent de la grace dans les plaisanteries et les bons mots qu’ils adressent à leurs anciens et aux juges, figurant leur rigueur, leur ambition ou leur avarice, imitant leurs gestes et leurs manières, disant les vérités à leur propre curé, devant lui-même, souvent dans un seul mot. Mais pour les comprendre, il faut bien posséder leur langue et être très-attentif. Ces représentations sont d’ailleurs fort dangereuses, surtout si elles ont lieu de nuit dans leurs maisons; car Dieu sait ce qui s’y passe. Balzam est le nom qu’ils donnent à ces comédiens et par extension à l’homme d’esprit, au bouffon; car ils imitent aussi fort bien les oiseaux dans ces représentations.» (Cogolludo, Hist. de Yucatan, lib. IV, cap. 5.)
[111] Il y a cependant quelques exceptions, comme on le verra plus loin au § XXXII.
[112] «La monnaie dont ils se servaient, c’étaient des clochettes et des grelots de cuivre, dont la grandeur fixait le prix, et quelques coquillages rouges qu’ils apportaient du dehors et qu’ils enfilaient comme les grains d’un chapelet. Les grains de cacao servaient également de monnaie; c’était ce qu’il y avait de plus en usage dans leurs achats et ventes, ainsi que certaines pierres de prix et de petites haches de cuivre qu’ils tiraient de la Nouvelle-Espagne, etc. (Cogolludo, Hist. du Yucatan, lib. VI, cap. 3.)
[113] On sait qu’en Espagne et dans les pays espagnols, les noms absurdes de Pilar, Pilier, Soledad, Solitude, etc. sont fort communs pour Maria del Pilar ou de la Solitude, à cause des sanctuaires dédiés à la Sainte Vierge.
[114] Ceci est une erreur de Landa, qui ne paraît guère avoir été au courant des coutumes du Mexique où l’enfant était lavé quelques jours après sa naissance et purifié par l’invocation de la déesse Chalchiuhlicué, etc.
[115] Chac ou Chaac, ainsi qu’on le verra plus loin, était aussi le nom générique des dieux protecteurs de la campagne et des moissons, comme les tlaloque au Mexique.
[116] L’encens dont il s’agit ordinairement dans ce livre, c’est le copal, en usage encore dans toutes ces contrées.
[117] Echuah, signifie marchand; au dire de Las Casas, c’est la divinité que les Mayas invoquaient en chemin (Cogolludo, Hist. de Yucatan, lib. vi, cap. 6.)
[118] A l’exception des masques servant aux représentations scéniques, je n’ai jamais vu de ces idoles de bois, les missionnaires ayant brûlé toutes celles dont ils ont pu s’emparer.
[119] Le Nacon dont le titre se donnait à deux différents chefs, se donnait aussi à la supérieure ou abbesse des vestales ou vierges consacrées au service des temples, laquelle prenait le titre de Ixnacan ou Xnacon Katun. (Cogolludo, Hist. du Yucatan, lib. IV, cap. 2.)
[120] L’historien général des Indes dont il s’agit ici était Gonçalo Fernandez de Oviedo, dont l’erreur, si erreur il y a, comme l’affirme ici Landa, a été reproduite par Herrera et beaucoup d’autres écrivains. Cogolludo ajoute à son tour le témoignage de tous les moines de son ordre et de Las Casas qui n’ont jamais remarqué rien qui rappelât la circoncision; il dit aussi avoir interrogé un grand nombre de vieillards qui ne se souvenaient d’aucune coutume semblable. (Hist. de Yucatan, lib. IV, cap. 7.)
[121] Il s’agit ici de la pierre des sacrifices.
[122] A Tyr, et dans les pays chananéens, à Carthage, etc., des mères portaient leurs petits enfants en holocauste à Baal, à Moloch, etc. Quant aux sacrifices du sang humain, ils existaient chez la plupart des peuples de l’antiquité.
[123] Un sacrifice analogue avait lieu à Quauhtitlan, près de Mexico. (Torquemada, Monarq. Ind. lib. X, cap. 30.)
[124] On retrouve ce sacrifice avec tous ses détails barbares au Mexique où il parait avoir été apporté par une population étrangère, à Tollan, vers la fin de l’empire toltèque de l’Anahuac, au milieu du XIᵉ siècle. C’était ce qu’on appelait à Mexico la fête de Xipe-Totec.
[125] Hostia, ab hoste sacrificato... Pour nous la victime la plus sainte n’est pas seulement un homme, c’est un Dieu, immolé pour nous sauver.
[126] Dans le drame quiché de Rabinal-Achi que j’ai recueilli et traduit à Rabinal, au Guatémala, l’un des héros, Queché-Achi, fait allusion à cette coutume d’une manière poétique: «Or voici, s’écrie-t-il, ce que dit ma parole à la face du ciel, à la face de la terre: Sont-ce là votre table et votre coupe? Mais c’est la tête de mon aïeul, mais c’est la tête de mon père que je vois et que je considère! Ne serait-il donc pas possible qu’on en fasse de même et que l’on travaille ainsi l’os de mon front, le cràne de ma tête, qu’on le cisèle et le peigne de couleurs en dedans et en dehors? Alors quand on descendra en mes montagnes et en mes vallées, pour négocier des sacs de peck ou de cacao avec mes fils et mes vassaux, dans mes montagnes et dans mes vallées, mes fils, mes vassaux diront: «Voilà la tête de notre aïeul, de notre père.» Ainsi le répéteront mes fils et mes vassaux en mémoire de moi, aussi longtemps que le soleil éclairera.... Voici donc l’os de mon bras, voici donc la baguette montée en argent, dont le bruit retentira, en excitant le tumulte au dedans des murailles du grand château; voici l’os de ma jambe qui deviendra le battant du teponovoz (ou teponaztli, tambour de bois creux) et du tambour et qui fera trembler le ciel et la terre...» (B. de B. Rabinal-Achi, ou drame-ballet du Tun, etc. scène IV, pages 103 et 105.)
[127] Voir la gravure de la hache au texte espagnol.
[128] A l’époque où Landa écrivait, les Mayas, ainsi que la plupart des nations voisines, dont la civilisation était analogue, avaient déjà perdu l’usage de leurs armes anciennes; il est loin de les énumérer toutes ici. Comme elles étaient les mêmes dans le Mexique et l’Amérique centrale, le lecteur qui voudrait en avoir une idée peut consulter mon Hist. des nations civilisées du Mexique et de l’Amérique centrale, etc. tom. III, liv. XII, chap. 5, pag. 591.
[129] Ce détail confirme ce qui se trouve plus haut, § VIII, sur l’usage du sel dans la doublure piquée de coton de ces sayes.
[130] On assure que la chair de l’iguane, qu’on dit d’ailleurs d’un goût fort agréable, a la propriété de refroidir les sens.
[131] Ceci ferait croire qu’il s’agit d’une sorte de garde analogue à la landwehr en Suisse, quoique un peu plus loin le texte ferait penser qu’il s’agit de mercenaires payés par le prince. Quant au titre de holcan donné à son chef, son étymologie paraît être hol, tête, et can, serpent, tête de serpent, peut-être à cause des insignes qu’il portait.
[132] Ce bain au feu, était probablement le bain de vapeur dont les Mexicains faisaient usage, appelé chez eux temazcalli et chez les Quichés tuh.
[133] Quel aveu pour un évêque, surtout pour un évêque espagnol et un homme du caractère généralement attribué à Landa! Il prouve, du reste, en faveur de sa véracité, mais il est bien triste pour la civilisation européenne.
[134] Martyre de la chasteté et de la fidélité conjugales, persécutées par des hommes qui avaient la prétention d’introduire l’Evangile.
[135] L’espagnol dit «conter des nouvelles et par moments un peu de murmures,» sans dire contre qui, mais le reste du texte semble indiquer que c’était contre leurs maris.
[136] Le nom naual donné à ce ballet appartient à la langue mexicaine. On sait, d’ailleurs, que certaines populations d’origine nahuatl, à Panuco, à Teo-Colhuacan, etc., avaient des mœurs fort dissolues et des fêtes très-lascives, d’où cette danse peut avoir été empruntée ou apportée au Yucatan.
[137] Landa, en faisant, d’un côté, l’éloge de leur économie, de l’autre de leur générosité, ne pouvait mieux dépeindre la femme de ménage par excellence, la femme forte dont il est question dans les saintes Écritures, à propos de Judith. (Proverb. cap. 31.)
[138] Ixchel, mieux Xchel, suivant la grammaire du P. Beltran, est tout simplement le féminin de Chel, indéfini dont le masculin est Ahchel ou Hchel, nom patronymique de la famille sacerdotale qui régnait à Tecoh, capitale de la province d’Izamal. Voir le § IX.
[139] On sait d’ailleurs que les Mayas embaumaient à leur manière les cadavres, lorsqu’ils ne les brûlaïent point; qu’ils les déposaient, comme on le voit quelques lignes plus bas, dans des sarcophages en terre cuite ou en bois, dont le couvercle représentait l’image du défunt, peinte de couleurs vives, et qu’ils enfermaient avec lui ses livres, s’il était prêtre, et d’autres objets rappelant sa profession et son rang. C’était exactement ce qui avait lieu dans l’ancienne Égypte.
[140] Ces paroles indiquent suffisamment l’usage primitif des pyramides d’Izamal et l’intérêt qu’il y aurait à fouiller dans leurs entrailles.
[141] Tout à fait comme les cercueils ou les sarcophages du même genre trouvés en Etrurie, dans la Babylonie et en Égypte.
[142] Le Yaxché, qui signifie arbre vert, est probablement le même que le tonacaste ou tonacazquahuitl, arbre au tronc puissant et élevé, au feuillage immense, mais menu et serré, dont la beauté et l’extrême fraîcheur lui ont fait donner le nom d’arbre de la vie; pour moi je n’en ai jamais vu dont la fraîcheur fût plus délicieuse.
[143] Mitnal, quelquefois écrit metnal, qui parait dériver du mictlan ou mitlan de la langue nahuatl.
[144] Hun-hau pour hun-ahau, suivant la prononciation maya où le son guttural de la lettre h se prononce autant que possible sans voyelle. Ce mot signifie un seigneur, un roi, etc. Il est probable qu’il fait allusion au personnage nommé Hun-Camé dans le Livre sacré. (Popol-Vuh.)
[145] Du 30 novembre au 13 décembre.
[146] C’est la première fois que je trouve des mois de trente jours chez une nation où le calendrier ordinaire et la civilisation paraissent être d’origine toltèque. Il n’est probablement pas question de mois lunaires; car dans ce cas ils n’eussent pas été de trente jours et n’auraient pas complété le 360.
[147] On omettait de nommer alors les cinq jours supplémentaires, comme le dit ici l’auteur, en ce sens qu’étant en dehors des dix-huit mois de l’année, ils ne pouvaient avoir le nom d’aucun d’eux: mais en tant que jours, il explique un peu plus bas qu’ils omettaient, tout en les comptant, ceux des cinq premiers signes suivants; ainsi le 360 forment, l’année terminant avec Akbal, comme dans le calendrier présenté par l’auteur, les cinq jours supplémentaires devaient s’appeler Kan, Chicchan, Cimij, Manik, et Lamat, afin que l’année nouvelle pût commencer avec Muluc, d’après le système même de Landa qui recevra plus loin d’amples éclaircissements, dans le calendrier yucatèque, publié au Yucatan par don Pio Perez et que nous plaçons à la suite de cet ouvrage.
[148] Voir au document cité dans la note précédente relativement à la signification de ces noms, dont le sens est pour la plupart resté inconnu; au dire de l’évêque Nuñez de la Vega, ceux du calendrier tzendal qui sont presque identiques, seraient les noms des chefs qui vinrent avec Votan peupler ces contrées ou de ses premiers successeurs (Nuñez de la Vega, Const. diœces. del obispado de Chiappa, in Præamb. § XXX et XXXI.)
[149] Peut-être les mêmes qu’Oxomoco, Cipactonal, Quetzalcohuatl et Tetzcatlipoce, autrement Oxomoco, Cipactonal, Tlaltecui et Xuchicaoaca. Voir le Livre sacré (Popol-Vuh), Introd. pag. CXVII.
[150] La plupart des mots composant les noms de ces divinités sont introuvables dans les maigres vocabulaires qui sont sous nos yeux: leur orthographe, d’ailleurs, est incertaine; nous chercherons toutefois à expliquer les plus importants, mais sans rien affirmer, les étymologies que nous donnons ici ne devant servir tout au plus que comme de simples indications. L’auteur, en disant que les Bacab étaient les soutiens du ciel, permet de chercher l’étymologie du mot dans bak, qui signifie un os, un rocher, une chose fondamentale; bacab ou bakab serait peut-être un pluriel ancien: dans ce cas ce seraient les fondements ou les fondateurs du ciel. Les autres noms ont évidemment rapport aux présages annuels de chacun des quatre signes qui se suivaient continuellement: ainsi l’année du signe Kan, placé au midi, était marquée de la couleur jaune, kan ou kanal; l’année du signe Muluc, placé au levant, était marqué de la couleur rouge, chac ou chacal; l’année du signe Yx, placé au nord, était marquée de la couleur blanche, zac ou zacal; enfin celle du signe Cauac, placé au nord, était marquée de noir, ek ou ekel. Le mot pavahtun, composé de paa, édifice, de vah, passé probablement d’un verbe qui veut dire ériger, dresser, et de tun, la pierre du katun qu’on incrustait dans le mur pour rappeler la mémoire de l’année. Le mot chac, avec lequel se termine chacun des noms, rappelle sans doute la divinité protectrice des champs, et dans ce cas il faudrait l’écrire çhac, avec le ch barré ou cédillé.
[151] Les mêmes noms de couleurs se représentent ici avec u-Uayeyab, mieux u uayeb haab, les lits ou les couches de l’année; ces noms sont donnés aux jours supplémentaires, ainsi désignés parce qu’ils étaient comme les jours de repos de l’année.
[152] Bolon est l’adjectif numéral neuf, zacab, dont la racine est zac, blanc, est le nom d’une sorte de maïs moulu, dont on fait une espèce d’orgeat. Cette statue était-elle une image allégorique de cet orgeat offert en cette occasion?
[153] Kanté, bois jaune; c’est probablement le cèdre.
[154] Nous avons déjà parlé de Zamna, au Itzamna, § V, note 5; son nom se retrouve dans celui d’Izamal, dont il fut peut-être le fondateur et qui s’appelait, ainsi que lui-même, Itzamatul; mais je ne trouve pas dans Lizana le nom d’Yzamna-Kauil, mais bien Kab-ul; c’est peut-être encore une faute du copiste de Landa (Lizana, Hist. de N. S. de Ytzamal. Part. I. cap. 4.)
[155] L’original du manuscrit de Landa était partagé en un grand nombre de petits chapitres, dont les divisions ont été à peu près partout omises par le copiste, ce qui fait que nous n’avons pu les suivre. La division présente est la nôtre. Le chapitre 100 de l’original correspondant à un des alinéas du § XXVIII.
[156] Je trouve ce nom écrit alternativement Kinch-Ahau et Kineh-Ahau, ailleurs Kinich-Ahau, qui serait le seul acceptable: kin, soleil, ich, œil et visage, et ahau, seigneur; ce qui reviendrait à dire seigneur au visage de soleil, ou suivant Lizana qui l’appelle Kinich Kakmó, soleil au visage et rayons de feu, bien que kakmó ait la signification d’Ara-de-feu, ainsi qu’il le donne à entendre lui-même un peu plus loin. (Hist. de N. S. de Yzamal, Part. I, cap. 4.)
[157] Plus haut il est parlé de quatre cent vingt-cinq grains de maïs grillé composant le zacah.
[158] Holcan, tête de serpent, titre des chefs inférieurs de la milice, et okot, danse ou ballet.
[159] Ici le nombre des grains de maïs grillé pour la boisson change de nouveau.
[160] Ce nom est écrit plus haut Chac-Acantun.
[161] Ce nom est écrit tantôt canziemal, canzicmal et canzienal. Je n’ai pu jusqu’ici vérifier quelle était la véritable orthographe.
[162] Yax-Coc-Ahmut était le même que Zamná et considéré comme fils de Hunabku, le seul saint, le dieu suprême.
[163] Ce nom est écrit plus haut Zac-Zini.
[164] Yax-ek doit signifier vert et noir.
[165] Kach doit être l’oiseau carnassier nommé zopilote au Mexique.
[166] C’est la traduction du mot espagnol cazcarientas qui se trouve dans le manuscrit; serait-ce le nom d’une danse qui se trouve au pays de l’auteur?
[167] Ceci rappelle l’antique empire dont le nom est resté pour signifier l’enfer chez les uns et les démons ou plutôt d’effrayants fantômes chez les autres.
[168] Ek-balam-chac signifie tigre noir dieu des champs: ce sont du reste des noms donnés au tigre encore aujourd’hui. Ahcan est le serpent mâle en général. Ahbuluc-Balam signifie Celui des onze tigres.
[169] Ne croirait-on pas lire la description de cette fête des Scythes, rapportée par Hérodote, et que M. Viollet-Leduc a insérée dans ses Antiquités mexicaines, formant l’introduction de l’ouvrage de M. Désiré Charnay: Cités et Ruines américaines, page 16?
[170] Voir au § XXXIV.
[171] En effet, le premier jour du premier mois ne se retrouvait d’accord avec le premier jour de l’année qu’une fois au commencement de chaque cycle de cinquante-deux ans.
[172] C’est ce dont le lecteur pourra se rendre un compte plus exact en jetant les yeux sur l’explication du calendrier maya, d’après le travail de don Pio Perez, à la suite de cet ouvrage.
[173] Hun-Ymix correspond au Ce-Cipactli du calendrier mexicain, qui se trouve dans les tables de Veytia, au 9ᵉ jour du mois Micailhuitzintli, XIIᵉ de l’année mexicaine, correspondant alors au 18 septembre. (Veytia, Hist. antig. de Mexico, tom. 1, cap. 10.)
[174] L’auteur se rapporte à quelque commentaire de l’Écriture sainte où il est question du calendrier des Hébreux, comparé à celui de diverses nations.
[175] L’auteur, en joignant ici au calendrier romain le calendrier maya, n’a pas remarqué qu’il en a interverti l’ordre, en commençant son calcul par la dernière moitié, ce qui fait qu’en arrivant à la fin de cette moitié avec le dernier des jours supplémentaires, on aurait, s’il fallait le suivre, pour premier jour du mois maya Popp, le jour Muluc au lieu de Kan, ce qui est impossible. Ce qui fait voir clairement d’ailleurs que Landa a fait ces choses sans y réfléchir, c’est qu’il commence en janvier avec la continuation des explications relatives à des fêtes commencées dans le mois précédent de décembre, ce qui n’ajoute pas à leur clarté. Il aura évidemment pris le calendrier maya et l’aura copié, en commençant par la fin, n’attachant d’importance qu’au romain. Mais le lecteur peut facilement réparer ce manque d’attention, en prenant à son tour le calendrier romain par le milieu avec le 1ᵉʳ jour du mois Popp.
[176] On conçoit ici les plaintes de Landa; il écrivait au milieu de l’époque la plus ardente de la réforme en Allemagne et en Angleterre.
[177] Voir à la fin du calendrier le commencement de ce mois et des solennités dont la suite seulement se trouve ici. Quant à l’étymologie des noms des mois, elle se trouvera plus loin avec celle des jours.
[178] Voir les §§ XXXV, XXXVI, XXXVII et XXXVIII.
[179] De là le nom de katun ou kat-tun, pierre appelée ou qu’on interroge, du verbe kaat, appeler, donner un nom, interroger, demander, etc. et de tun, pierre. Voir le § IX, note 4.
[180] Ce qui, d’accord avec divers autres indices, annoncerait bien que l’effusion du sang, et surtout du sang humain, dans les sacrifices, était d’origine étrangère, nahuatl probablement.
[181] Tupp-kak, c’est-à-dire extinction du feu.
[182] Landa écrit alternativement les chaces et las chaques, pour pluraliser le mot chac, nom commun aux dieux protecteurs des campagnes et aux aides des prêtres.
[183] Ekchuak, écrit ailleurs Echuah, était le patron des marchands et naturellement des cacaos, marchandise et monnaie à la fois.
[184] Cit paraît être une sorte de cochon sauvage; chac est le nom générique des dieux de la pluie, des campagnes, des fruits de la terre, etc. Coh est le puma ou lion américain; suivant d’autres, chaccoh est le léopard.
[185] Voir le § XXVII.
[186] Landa s’est préoccupé fort peu de l’exactitude du calendrier qu’il donne ici: il est évident qu’il n’a eu d’autre intention que d’en signaler les fêtes, de faire connaître les caractères correspondants, et de montrer en général comment il pouvait correspondre avec le calendrier romain; car, ainsi que je l’ai remarqué plus haut, il commence par la seconde partie, laquelle devrait être, dès le 1ᵉʳ janvier, placée à la fin. Il n’a donné, d’un autre côté, que 28 jours à février; mais l’année dont il a pris le calendrier pour modèle était évidemment une année bissextile où février avait 29 jours; car au lieu de terminer par XII Lamat, le calendrier maya devait pour être juste finir avec XIII Lamat; car cette année ayant commencé par le signe Kan, la suivante devait commencer avec Muluc qui suit Lamat. Mais Landa ne s’est guère préoccupé de ces choses qui nous intéressent tant aujourd’hui. Se fiant également sur le titre sans nom qu’on donnait aux jours supplémentaires, il les omet entièrement, se contentant de mettre des vides à la place de leurs signes respectifs, ce qui serait une nouvelle source d’embarras, si nous n’avions le travail de don Pio Perez, qui met tout à sa place, et qu’on peut voir dans ce volume à la suite de l’ouvrage de Landa.
[187] Cinchau-Yzamná est une orthographe erronée, si l’on en juge d’après les leçons précédentes; c’est probablement une mauvaise abréviation de Kinich-Ahau-Ytzamná, donné, d’ailleurs, comme l’inventeur des lettres et de l’écriture, l’auteur de tous les noms imposés au Yucatan.
[188] Ainsi les prêtres de la déesse Centeotl, retirés dans les montagnes des Totonaques, étaient chargés «d’écrire en figures et de mettre en bon style un grand nombre d’histoires qu’ils donnaient après les avoir coordonnées, aux grands-prêtres, qui les racontaient dans les sermons qu’ils prêchaient dans les assemblées publiques.» (Torquemada, Monarquia Indiana, lib. IX, cap. 8.)
[189] Ac paraît être une sorte de plante commune au pays.
[190] C’était le ballet que dansaient les pêcheurs.
[191] C’étaient là sans doute les dieux de la pêche, à propos desquels Cogolludo dit les paroles suivantes: «On dit aussi que bien après la conquête, les Indiens de la province de Titzimin, quand ils allaient pêcher le long de la côte de Choáca, avant de se mettre à la pêche, commençaient par des sacrifices et des oblations à leurs faux dieux, leur offrant des chandelles, des réaux d’argent et des cuzcas, qui sont leurs émeraudes, et d’autres pierres précieuses, en certains endroits, aux ku et oratoires qui se voient encore dans les bras de mer (estuaires) et les lagunes salées qu’il y a sur cette côte vers le Rio de Lagartos. (Hist. de Yucatan, lib. IV. cap. 4.)
[192] Le miel passé à l’état d’hydromel, qui était leur vin ordinaire.
[193] Voir au § IV, où il est question du départ de Kukulcan, mais nullement de son ascension au ciel: il est certain, cependant, qu’une tradition de ce genre existait dans plusieurs provinces du Mexique; il en est question en plus d’un ouvrage, entre autres dans le Codex Chimalpopoca; il y est raconté que Quetzalcohuatl se jeta dans les flammes, au pied de l’Orizaba, et qu’on vit ensuite son âme monter au ciel, où elle se transforma en étoile.
[194] La province de Mani avait été colonisée par les Tutul-Xius, dont l’origine était toltèque ou nahuatl; les fêtes de Kukulcan se bornant à cette province après la destruction de Mayapan, ne laissent point de doute sur l’origine de ce personnage, et donnent lieu de penser que le reste du Yucatan, tout en vénérant jusqu’à un certain point ce mythe ou ce prophète, avait gardé au fond la religion qui avait précédé celle des Toltèques. Ce serait un point d’histoire d’une grande importance au point de vue philosophique. Nous trouverons plus loin d’autres indices du culte primitif des Mayas.
[195] Ici commencent la fête et les sacrifices de la formation des dieux dont la suite se trouve placée par l’auteur au commencement de ce calendrier.
[196] Ce chapitre ou le paragraphe en question a été omis par le copiste.
[197] L’auteur paraît confondre ici le calendrier civil avec le calendrier astrologique du rituel, ainsi qu’on le verra plus loin.
[198] Il est à regretter que l’auteur n’ait pas jugé la matière assez importante pour nous conserver ces signes avec les caractères dont il donne plus loin le dessin.
[199] Aujourd’hui on comprend mieux que jamais toute l’affliction qu’une telle destruction dut causer à la noblesse, au sacerdoce et aux lettres mayas: le monde savant, le monde civilisé, pardonnera difficilement aux premiers religieux espagnols cette ignorance déplorable, si peu d’accord, d’un autre côté, avec les sentiments que Landa lui-même exprime, en racontant avec naïveté tant de choses intéressantes. Après tout, est-il permis de leur faire un si grand reproche, quand on vient à songer a l’incendie des archives de l’empire chinois, allumé au palais impérial de Pékin par les soldats des armées anglaises, en présence de celles de la France.
[200] Ce style est si obscur et si diffus, si familièrement provincial, qu’il est souvent intraduisible; malheureusement là où il faudrait le plus de clarté comme ici, c’est le cas contraire, et dans le mot présenté en exemple, il semblerait qu’il y a une répétition inutile par celle du second lé qui paraît de trop ici; il est vrai que ce peut être une inadvertance du copiste de Landa.
[201] Voir à la page 318. Le signe Ʌ qui se trouve dans l’original à la suite du signe ha est-il un signe d’aspiration ou bien est-ce une simple marque de l’auteur? il est difficile de la préciser. Dans le manuscrit dit Mexicain, nº 2, de la Bibliothèque impériale, on voit plusieurs fois un signe analogue, écrit en fer à cheval, serait-ce le même et par conséquent le signe de l’aspiration? Du reste, autant que le texte de Landa le laisse comprendre, le mot ha, eau, est écrit d’abord avec les deux lettres h (aspirée gutturale) et a, et le caractère suivant serait tout simplement le signe symbolique de l’eau; ce qui nous amènerait à conclure que les Mayas, ainsi que les Égyptiens, donnaient d’abord la lettre et ensuite le signe figuratif de la chose écrite, pour plus d’intelligence.
[202] Dans le feuillet original du manuscrit de Landa le signe de la lettre P est hors de sa place, et placé en marge, accompagné du signet Ʌ que je retrouve entre les caractères o et pp. La ressemblance avec celui que j’avais pris plus haut pour un signe d’aspiration, et au sujet duquel je doute encore, m’avait fait croire à un o aspiré (figure 18) et à l’aspiration du caractère nº 25. Je pense cependant qu’il n’en est ainsi ni dans l’un ni dans l’autre cas.
[203] Il m’a été impossible de reconnaître s’i s’agit ici d’un u ou d’une autre lettre, le manuscrit ne permettant pas de la lire clairement. Des recherches subséquentes dans des documents écrits à l’aide de ces caractères en feront retrouver le son, aussi bien que celui des différents c, ca, cu, ka, x et x, sur lesquels il y a encore quelques doutes.
[204] Le lecteur trouvera à la page suivante plusieurs signes additionnels monosyllabiques, qui existent, ainsi que les variantes de la lettre a n. 1, et de la lettre h, dans les explications données plus haut, je dois ajouter qu’ils se retrouvent aussi dans plusieurs des caractères des jours, et que ceux-ci paraissent devoir offrir une série de signes syllabiques ou figuratifs, employés également dans l’ensemble de l’écriture maya, à part de leur signification comme caractères spéciaux des jours.
[205] Ajoutons ici, en attendant, que l’alphabet maya comprend aujourd’hui, d’après la grammaire de Pedro Beltran de Santa Maria, vingt-deux lettres, dont les suivantes: Ɔ (c renversé), ch barré du haut, que je remplace par un çh cédille, uniquement pour le distinguer de l’autre, k, pp, th (écrit ailleurs tt), tz; sont propres à la langue et d’une prononciation difficile qu’on ne saurait guère acquérir que dans le pays. Le ch non barré a le son de tch; h est aspiré gutturalement, u a le son de ou remplaçant fréquemment le w, et x le son de ch français ou sh anglais.
[206] Ces lignes, d’une ignorance si naïve, suffisent pour donner une idée de l’innombrable quantité de cités et de temples ruinés qui couvrent le sol yucatèque. Quel champ plus vaste aux explorations de l’archéologue! Stephens, qui visita le Yucatan trois cents ans après que Landa eut écrit ces lignes, est entièrement d’accord avec lui sur le nombre des villes ruinées et sur l’identité de leurs fondateurs (Stephens, Incidents of travel in Yucatan, vol. II, ch. 24).
[207] Stephens parle d’ornements analogues, existant encore sur une des façades de l’édifice appelé Monjas, à Uxmal; on y voit précisément le corps d’un homme, vêtu comme le dit Landa, et quant aux décorations en ciment si dur ou en stuc, on sait que les édifices de Palenqué en présentaient encore beaucoup, il y a peu d’années. (Stephens, Incidents of travel in Yucatan, vol. I, chap. 14, pag. 313.)
[208] Ce ne serait pas là une bien forte preuve en faveur de l’assertion de Landa; heureusement il y en a beaucoup d’autres. Quant à l’urne dont il est question ici, nous en avons vu du même genre au Musée national de Mexico, et d’une grande beauté.
Nº 1.—Chapelle (capilla).
Nº 2.—Escalier (escalera).
Nº 3.—Palier ou plate-forme (descanso o plaça).
Nº 4.—Plate-forme grande et belle (plaça muy grande y hermosa).
Nº 5.—Escalier très-raide à monter (escalones muy agros de subir).
[210] Voir à la suite de ce chapitre la description des temples d’Izamal, tirée de Lizana.
[211] Cogolludo parlant des routes qui allaient à Cozumel et à Izamal, les compare pour la solidité et la perfection aux plus belles chaussées royales d’Espagne: divers témoignages contemporains corroborent cette opinion. (Cogolludo, Hist. de Yucatan, liv. IV, cap. 7.—Stephens, Incidents of travel in Yucatan, vol. II, chap. 24.)
[212] Cette mesure équivaut, dit-on, à l’élan que fournit un cheval sans reprendre haleine évalué en quelques endroits de l’Amérique espagnole à 400 vares (environ 400 mètres) pour le moins, dans d’autres à 1,200, ce qui donnerait à la base de ce monument une étendue de plus de 3,000 pieds.
[213] Dans le petit plan de la page 332, le lecteur ne doit voir qu’une idée de l’ensemble, les cellules ayant dû être en beaucoup plus grand nombre que celles qui se montrent ici; mais en rectifiant l’esquisse de Landa pour pouvoir la graver, nous n’avons pas voulu en faire un plan d’architecture. Ce qu’il y a à remarquer ici surtout, c’est ce qu’il appelle les passages en arc de pont, dont l’un est figuré rond ou à plein cintre dans son plan, et l’autre à voûte en encorbellement qui est la voûte commune de l’Amérique centrale.
[214] C’est le stuc antique du pays dont j’ai vu moi-même des restes considérables dans un grand nombre de ruines, et que les Indiens employaient soit à modeler des ornements, soit à couvrir des murs et quelquefois le sol.
[215] Il est question en plusieurs endroits de l’ouvrage de Cogolludo, d’une de ces pyramides désignée par lui comme la plus grande, el grande de los Kues, adoratorio que era de los idolos, dont les débris embarrassèrent pendant de longues années une des rues de Mérida. Je ne saurais dire si c’est la même dont parle ici Landa. Cogolludo cite également un autre omul qui était à l’est du monastère des franciscains, dédié au dieu Ahchun-Caan, et sur la cime duquel ceux-ci édifièrent, à la place de l’édicule de ce dieu, une chapelle à saint Antoine de Padoue, mais qui ne tarda pas tomber en ruines. (Hist. de Yucatan, liv. XVIII, cap. 8).
[216] «La ville de Mérida a reçu son nom des édifices somptueux bâtis en pierre qu’on y voit. On ignore qui les a construits; mais ce sont les plus beaux qu’on ait vus dans toutes les Indes. Ils doivent avoir été bâtis avant Jésus-Christ; car, sur leurs ruines, les broussailles sont aussi épaisses et les arbres aussi élevés que dans le reste de la forêt. Les bâtiments ont cinq toises de haut, etc.» (Bienvenida, Carta fecha de Yucatan, á 10 de Hebrero de 1548, Archivo de Simancas.)
[217] C’était encore, suivant Cogolludo, la plus belle des pyramides de Tihóo, et Montejo, avant de la donner aux franciscains, avait eu l’intention d’y bâtir une citadelle. (Hist. de Yucatan, liv. V, cap. 5.) Ce monastère fut fondé en 1547. «Il est situé, dit-il ailleurs, sur une petite colline, de celles qu’il y avait en grand nombre et faite de main d’homme dans ce pays, et il s’y trouvait plusieurs édifices antiques, dont les vestiges existent encore aujourd’hui sous le dortoir principal. (Lib IV, cap. 12.)» En 1669, le besoin d’avoir une forteresse à Mérida, pour soutenir, en cas de révolte des Indiens, une attaque imprévue de leurpart, s’étant fait sentir de nouveau, le gouverneur don Rodrigo Florez Aldana exhaussa les murs qui entouraient le couvent des franciscains, et en prit une partie pour y loger des soldats, malgré les réclamations des religieux. Voici comme en parle un écrivain yucatèque moderne: «Le site marqué d’abord pour y ériger un château, fut donné aux franciscains qui y bâtirent un labyrinthe de fabriques unies les unes aux autres au moyen de galeries, de passages étroits et même de souterrains, œuvre d’années diverses et de différents provinciaux. Dans cet entassement confus de demeures, il ne règne aucun goût, et dans ces constructions faites partiellement, on ne consulta jamais aucune des règles architectoniques. Aujourd’hui, cependant, que tout cela n’est plus qu’un triste amas de ruines abandonnées au cœur même de Mérida, l’aspect qu’il présente n’en est pas moins imposant et majestueux. (Apendice al libro IV de la Hist. de Yucatan, Campeche, 1842.) Norman et Stephens parlent longuement dans leurs ouvrages des ruines de ce monastère, d’où les religieux, au nombre de trois cents, furent chassés en 1820. C’est en contemplant leur étendue et leur immensité qu’on peut se faire une idée des édifices qui les couvraient avant la venue des Espagnols, dont l’œuvre n’a pas duré trois cents ans. Sans le savoir, Stephens rappelle dans un paragraphe les vestiges des édifices antiques qui y existaient encore au temps de Cogolludo: «Dans un des cloîtres inférieurs, dit-il, sortant du côté du nord, et sous le dortoir principal, il y a trois corridors parallèles. Le corridor extérieur fait face à la cour principale, et on y trouve précisément de ces voûtes particulières dont j’ai si souvent parlé dans mes volumes précédents, deux côtés s’élevant de manière à se rencontrer, et couvertes, à peu de distance l’une de l’autre, d’une rangée de pierres plates qui en sont la clef. Il ne peut y avoir aucune erreur sur le caractère de cette voûte; car on ne peut supposer un seul instant que les Espagnols aient rien construit de si différent des règles ordinaires de l’architecture, et il n’y a pas le moindre doute que c’était là un de ces mystérieux édifices qui ont fait naître tant de spéculations.» (Incidents of travel in Yucatan, vol. I, chap. 5.) N’est-ce pas le cas de répéter ici avec Norman: «Les caciques et le peuple furent chassés de leurs demeures; ils périrent sous les coups impitoyables de l’envahisseur, avec qui l’Église vint prendre sa part des dépouilles. Où sont-ils maintenant? vainqueurs et vaincus sont ensevelis dans la même poussière! Et nous contemplons aujourd’hui les pierres éparses qui rappellent indistinctement la grandeur de l’un et la ruine de l’autre.» (Norman, Rambles in Yucatan, etc., chap. II.)
[218] La confusion qui règne dans le manuscrit que nous avons copié semblerait, ainsi que ces paroles, foire croire que certaines parties y ont été omises; mais il se pourrait que ce chapitre qui traite des principaux édifices du Yucatan eût du entrer dans le § V, dont il est une amplification.
[219] Où se retira ce saint personnage? C’est ce qu’il est impossible de déterminer; mais sa religion se rattachait probablement à celle dont l’Ara était le symbole, antérieure à celle des Nahuas ou Toltèques, dont les Tutul-Xius étaient une fraction. Aussi serait-il intéressant de rechercher les traces de ces prophètes qui, sous le nom commun à plusieurs autres, de Viracocha, parcoururent le Pérou et la Bolivie, et dont l’un ou l’autre laissa des indices analogues dans les légendes traditionnelles du royaume de Quito et dans les sculptures de Tiahuanaco.
[220] Ces deux princes auraient plutôt été les victimes d’une réaction religieuse ou d’une religion nouvelle. On sait, en effet, par le manuscrit maya que nous publions plus loin, que Chichen-Itza fut conquis par les Tutul-Xius vers l’an 394 de notre ère, et que les Itzaes, qui lui donnèrent leur nom, se réfugièrent à Champoton, d’où ils furent chassés plus tard par leurs ennemis. Kukulcan était-il un des leurs, c’est ce qu’on ne saurait déterminer encore? Ce que je crois entrevoir, c’est que leur religion était celle des Cocom, ennemis acharnés des Tutul-Xius; car le document qui nous donne les renseignements ci-dessus les appelle des hommes saints «cuyen uincob.»
[221] Cet édifice est le même dont Stephens donne une description si complète, avec la gravure représentant un de ces escaliers aux têtes de serpents. (Incidents of travel in Yucatan, vol. II, chap. 27.) C’est celui dont parle M. Viollet Leduc et M. Charnay, Cités et Ruines américaines, pag. 48 et 340.
[222] La phrase de l’auteur est intraduisible; je crois cependant en avoir saisi le sens.
[223] Voir encore Stephens, ibid., et Charnay, loc. cit.; l’un et l’autre parlent de ces deux théâtres, sans toutefois les identifier absolument, ainsi que la salle du jeu de paume, Tlachco en langue nahuatl, où se trouvent enclavés dans le mur les anneaux dont le titre de ce livre présente une image.
[224] Stephens donne au puits de Chichen-Itza une profondeur de soixante à soixante-dix pieds et un diamètre d’environ trois cent cinquante. (Ibid., ut sup., chap. 26.)
[225] Probablement des principaux dieux du pays.
DEL PRINCIPIO Y FUNDACION
DESTOS CUYOS OMULES DESTE
SITIO Y PUEBLO DE YTZMAL
SACADA
DE LA PARTE PRIMERA DE LA OBRA DEL PADRE LIZANA TITULADA HISTORIA DE NUESTRA SEÑORA DE YTZAMAL.
DU COMMENCEMENT ET DE LA FONDATION
DE CES OMULES SACRÉS DE CE
SITE ET VILLE D’IZAMAL
EXTRAIT
DU LIVRE PREMIER DE L’OUVRAGE DU PÈRE LIZANA, INTITULÉ HISTORIA DE NUESTRA SEÑORA DE YTZAMAL[1].
1. Llamavan esta tierra en la gentilidad, tierra de pavos y venados, u luumil cutz, u luumil ceb, y la causa era porque la abundancia que destas cosas tenia de su naturaleza la tierra, en que mas se señalava que en otras..... Lo primero que se debe advertir es que esta tierra es la parte oriental de la Nueva-España, tierra firme con ella, por la parte del Puniente y conjunta con la de Guatemala por la parte de medio dia. Fué sujeta esta tierra al emperador de Mexico, Monteçuma: y si bien es verdad que avia aqui muchos reyecuelos y señores propios, reconocian y pagavan tributos al Monteçuma. Algunos dicen que le embiavan por tributo hijas destos reyeçuelos y otras principales donzellas, por ser hermosas. Otros que le embiavan mantas de lana y unas monedas que ellos usavan, y que oy se llaman cuzcas.
2. Y aunque es verdad que al tiempo de la conquista desta tierra de Yucatan, havia muchos reyeçuelos, segun la antigua noticia, en sus principios fué sujeta a solo un rey y señor y la tyrania vino á criar muchos señores y a ser muchos esclavos y perseguidores de otros, y assi se destruyeron, de suerte que dexando las ciudades y edificios de piedra, se huyian a los montes y se escondian las familias juntas. Y al mayor destos reconocian y estimaban por mayor cabeça, y assi creo que esto era lo que sucedio en la ley natural, y se siguió por muchos tiempos despues del diluvio, hasta que la tyrania dió traça de que huviessen reyes y cabeças, que sujetaron familias y assimismo se fundaron y nombraron reynos. Y volviendo de donde salimos, he dicho que huvo un rey solo y cabeças por que los edificios que oy se ven despoblados son de una misma manera y un mismo modelo, y todos fundados sobre cerros, ó cuyos, hechos á mano; y es de creer que entonces, por indulto y orden de uno se hazia y fabricava, pues todo iva de una forma misma.
Ay grande suma de vestigios destos edificios, y muchos dellos casi enteros y tan suntuosos y bien labrados de figuras y hombres armados, y animales de piedra blanca, con portadas de mucho primor, que sin duda son muy antiquissimos; si bien es verdad, que oy se ven algunos tan nuevos y blancos, y los marcos de puertas de madera, y estavan tan sanos, que no parecia haver veynte años que se edificaron, y a estos tales no los habitavan estos indios, quando llegaron los españoles, mas estavan en casas de paja en los montes, por familias, como dicho es: les servian empero de templos y sanctuarios, que ellos dezian, y sobre cada uno, en lo mas alto tenian su Dios, si bien falso, y alli le ofrecian sacrificios, á las vueltas muchos hombres y mugeres y niños, y assimismo hazian otras oraciones y ceremonias, ayunos penitencias que despues diré, por haber al intento que llevo, de los mas nombrados y suntuosos sanctuarios, ó el mas celebrado y reverenciado de los que en esta tierra avia, y adonde todos acudian de muchas partes, era este pueblo y cuyos de Ytzamal que oy llaman; y por que su fundacion es, como ya he dicho antiquissima, y que se sepa quien los fundó, se declarará en el capitulo siguiente.
3. La historia y autores que podemos alegar, son unos antiguos caracteres, mal entendidos de muchos y glossados de unos indios antiguos, que son hijos de los sacerdotes de sus Dioses, que son los que solo sabian leer y adivinar, y a quien creian y reverenciavan los demas como á Dioses destos: pues supieron los padres antiguos, que primero plantaron la Fé de Christo en Yucatan, que la gente de aqui, parte vino del puniente, y parte del oriente; y assi en su lengua antigua, nombran al oriente de otra manera que oy. Oy llaman al oriente Likin, que es lo mismo que donde se levanta el sol sobre nosotros, y al puniente llaman Chi-kin, que es lo mismo que caida ó final del sol, ó donde se esconde de nos otros. Y antiguamente dezian al oriente Cen-ial, Pequeña-Baxada, y al puniente Nohen-ial, la Grande-Baxada.
Y es el caso que dizen que por la parte del oriente baxó á esta tierra poca gente, y por la parte del puniente mucha; y con aquella silaba entendian poco ó mucho al oriente y puniente; y la poca gente de una parte, y la mucha de otra; y qual fuesse la una y la otra gente, remito al lector, que quisiere saber mas al P. Torquemada, en su Historia indiana, que alli verá como los Mexicanos vinieron del Nuevo-Mexico, y de alli aqui. Y como la isla Hispañola se poblo de Cartagineses, y de estos se pobló Cuba, y esta tierra, por saber edificar tan suntuosos edificios y sujetar á otras gentes, sino que como les faltó la comunicacion de Carthago, en los tiempos los convirtio con los climas en gente barbara y tosca.....
4. Ay en este pueblo de Ytzamal cinco cuyos ó cerros muy altos, todos levantados de piedra seca, con sus fuerças y reparos, que ayudan á levantar la piedra en alto, y no se ven edificios enteros oy, mas los señales y vestigios están patentes en uno dellos de la parte de mediodia. Tenian los antiguos un idolo el mas celebrado, que se llamava Ytzmal-ul, que quiere dezir el que recibe y possee la gracia, ó rozio, ó sustancia del cielo: y este idolo no tenia otro nombre, ó no se le nombravan, porque dizen que fue un rey, gran señor desta tierra, que era obedecido por hijo de dioses: y quando le preguntavan como se llamava, ó quien era, no dezia mas destas palabras: Ytzen caan, ytzen muyal, que era dezir yo soy el rozio ó sustancia del cielo y nubes.
Murió este rey y levantaron altares, y era oraculo, y despues se verá como le edificaron otro templo y para que. Quando vivia este rey idolo, le consultavan los pueblos las cosas que sucedia en las partes remotas, y les dezia esto, y otras cosas futuras. Assimismo le llevavan los muertos, y dizen que los resucitava, y á los enfermes sanava, y assi le tenian grande veneracion, y con razon si fuera verdad que era Dios verdadero, que solo puede dar vida á los muertos, y salud á los enfermos; pues es impossible que un hombre gentil, ni el demonio sino es el mismo Dios que es señor de la vida y de la muerte. Ellos pues creian esso, y no conocian otro Dios, y por esso dizen que los resucitava y sanava.
Otro altar y templo sobre otro cuyo levantaron estos indios en su gentilidad á aquel su rey ó falso Dios Ytzmat-ul, donde pusieron la figura de la mano, que les servia de memoria, y dizen que alli le llevavan los muertos y enfermos, y que alli resucitavan y sanavan, tocandolos la mano; y este era el que está en la parte del puniente; y assi se llama y nombra Kab-ul que quiere dezir mano obradora. Alli ofrecian grandes limosnas, y llevavan presentes, y hazian romerias de todas partes, para lo qual havian hecho quatro caminos ó calçadas á todos los quatre vientos, que llegavan á todos los fines de la tierra y passavan á la de Tabasco, y Guatemala y Chiapa, que aun oy se vé en muchas partes pedaços y vestigios dellos. Tanto era el concurso de gente que acudia á estos oraculos de Ytzmat-ul y Kab-ul, que havia hechos caminos. Assimismo havia otro cuyo, ó cerro de la parte del norte, que oy es el mas alto; que se llamava Kinich-Kakmó, y era la causa, que sobre él havia un templo, y en él un idolo, que se llamava assi, y significa en nuestra lengua. «Sol con rostro que sus rayos eran de fuego;» y baxava á quemar el sacrificio á mediodia, como baxava bolando la vacamaya, con sus plumas de varios colores.
Y este Dios ó idolo era venerado, y dezian que quando tenian mortandad, ó pestes, ó otros comunes males, ivan á él todos, assi hombres como mugeres, y llevando muchos presentes, les ofrecian, y que alli á la vista de todos baxava un fuego (como es dicho) á mediodia, y quemava el sacrificio; y les dezia el sacerdote lo que avia de suceder de lo que querian saber de la enfermedad, hambre ó mortandad, y conforme á esso quedavan ya sabidores de su mal ó su bien, si bien veian á las vezes lo contrario y no lo quo les dezia.
Avia assimismo otro cuyo llamado (aun oy en dia por los naturales) Ppapp-Hol-Chac, que es él en que oy está fundado el convento de mi padre San Francisco y significa en Castilla el nombre «Casa de las Cabeças y Rayos,» y es que alli moravan los sacerdotes de los dioses, y eran tan venerados, que ellos eran los señores y los que castigavan y premiavan, y á quien obedecian con grande estremo; y lo que ellos declaravan, creian con tanto estremo, que no avia cosa que fuesse creyble. En contrario llamavanse y se llaman oy los sacerdotes en esta lengua de Maya Ahkin, que se deriva de un verbo kinyah, que significa «sortear ó echar suertes.» Y por que los sacerdotes antiguos las echavan en sus sacrificios, quando querian saber ó declarar cosas que se les preguntava, los llamavan Alakin y oy llaman en su lengua al sacerdote de Christo Ahkin, como antiguamente llamavan a los de sus dioses falsos.
Otro cerro ay, que era casa y morada de un gran capitan que se llamava Hunpictok, y este está entre el mediodia y puniente; significa el nombre deste capitan en castellano, el «Capitan que tiene exercito de ocho mil pedernales,» que eran los hierros de sus lanças, y flechas con que peleavan en las guerras. Su officio deste era el mayor y esta gente servia de sujetar los vassallos y obligalles a que sustentassen al rey, ó idolo y á los sacerdotes y para defensa de todos los sujetos á este reyno y guarda de sus templos. Estos eran los oraculos mas nombrados de Ytzmat-ul ó Ytzamal, que oy llaman.
1. Au temps de la gentilité, ce pays s’appelait la Terre des Oisons et des Daims, u luumil cutz, u luumil ceb; la raison en était dans l’abondance qu’il y en avait naturellement dans le Yucatan. La première chose à observer, c’est que cette région est la partie orientale de la Nouvelle-Espagne, terre ferme avec elle du côté du couchant, et unie avec celle de Guatémala, du côté du midi. Ce pays fut sujet à Montézuma[2], empereur du Mexique, et s’il est vrai qu’il y avait ici un grand nombre de petits rois et de princes particuliers, ils le reconnaissaient néanmoins et payaient tribut à ce souverain. Quelques-uns disent qu’on lui envoyait pour tribut les filles de ces princes, ainsi que d’autres demoiselles de qualité, à cause de leur beauté. D’autres assurent qu’on lui envoyait des étoffes de laine[3] et de certaines monnaies à leur usage qu’on appelle aujourd’hui cuzcas.
N. 2. Quoiqu’il soit vrai de dire qu’au temps de la conquête de cette terre de Yucatan, il y avait beaucoup de petits rois, d’après les relations antiques, elle fut soumise au commencement à un seul monarque et seigneur; mais la tyrannie étant venue à donner naissance à un grand nombre de princes comme à la servitude et à la persécution contre d’autres, ils se ruinèrent de telle sorte, qu’abandonnant les villes et les édifices de pierre, ils se réfugièrent dans les forêts, où les familles vécurent réunies en petits groupes. Dans cette situation, c’était le plus grand qui exerçait l’autorité, et qu’on tenait pour chef principal; d’où je crois que c’est ce qui arriva dans la loi naturelle, et qui continua longtemps, à la suite du déluge, jusqu’à ce que la tyrannie eût donné lieu à ce qu’il existât des rois et des chefs qui assujettirent les familles, fondant des royaumes auxquels ils donnèrent ce nom. Mais pour retourner à l’objet qui nous occupe, j’ai dit qu’il y avait un roi unique et un seul chef; car les édifices que l’on voit aujourd’hui abandonnés, sont tous d’une même architecture et d’un même style, tous fondés sur des élévations ou Ku, faits à la main, ce qui donne à penser qu’alors, par l’ordre et le commandement d’un seul, tous ces édifices se seraient élevés, puisqu’ils se ressemblaient tous[4].
Il existe une grande quantité de vestiges de ces édifices; la plupart, encore presque entiers, sont si somptueux et si bien travaillés de figures et d’hommes armés et d’animaux en pierre blanche, avec des façades d’une grande beauté, qu’ils ne peuvent qu’être excessivement anciens; sans omettre, toutefois, qu’on en voit quelques-uns qui paraissent si neufs et si blancs, avec des linteaux de bois aux portes[5] qui étaient si sains, qu’on dirait qu’il n’y a pas vingt ans qu’ils ont été bâtis; cependant ces édifices n’étaient pas habités par les Indiens, lorsqu’arrivèrent les Espagnols[6], car ils demeuraient par familles dans des chaumières éparpillées au milieu des bois, comme je l’ai remarqué plus haut. Mais ils s’en servaient comme de temples et de sanctuaires, disaient-ils, et en chacun d’eux, à l’endroit le plus élevé, ils tenaient leur dieu, tout faux qu’il fût, et là, ils lui offraient des sacrifices, quelquefois d’hommes, de femmes ou d’enfants: c’est là également qu’ils faisaient leurs prières et leurs cérémonies, leurs jeûnes et pénitences, comme je le dirai ensuite, ne voulant, pour le moment, parler que des sanctuaires les plus renommés ou du plus célèbre qu’il y avait dans ce pays, et auquel on accourait de toutes parts. C’était cette ville et les temples d’Ytzamal, ainsi qu’on l’appelle aujourd’hui[7]; or, comme leur fondation est, ainsi que je l’ai dit, d’une très-haute antiquité, et qu’on sait qui les fonda, on le fera connaître dans le chapitre suivant.
3. L’histoire et les auteurs que nous pouvons citer, sont certains caractères antiques, mal entendus du plus grand nombre, et expliqués par quelques vieillards indiens[8] qui étaient fils des prêtres de leurs dieux; car ceux-ci étaient les seuls qui sussent lire et tirer des horoscopes, et les autres les croyaient et les vénéraient comme leurs dieux eux-mêmes; or nos pères les plus anciens, qui jetèrent les premiers fondements de la foi du Christ en Yucatan, apprirent d’eux que le peuple de ce pays était venu, partie du couchant et partie du levant; c’est pourquoi, dans l’ancienne langue, ils nommaient le levant autrement qu’aujourd’hui. Actuellement, ils appellent l’orient Likin, qui est la même chose que dire que de là le soleil se lève sur nous, et au couchant, ils disent Chi-kin, c’est-à-dire la chute ou la fin du soleil, ou là où il se cache de nous. Mais dans l’antiquité ils appelaient l’orient Cen-ial, petite descente, et l’occident Nohen-ial, grande descente.
En effet, on dit que du côté de l’orient il débarqua peu de monde dans ce pays, mais que du côté de l’occident il en vint beaucoup. A l’aide de cette syllabe, ils entendaient ou peu ou beaucoup, au levant ou au couchant; mais quoi qu’il en soit du peu d’un côté, et du beaucoup de l’autre, quelles que soient encore les nations arrivées alors, je remets le lecteur qui en voudra savoir davantage, au père Torquemada dans son Histoire indienne[9], où il verra que les Mexicains sortirent du Nouveau-Mexique, d’où ils vinrent par ici. Or, comme l’île espagnole se peupla de Carthaginois, et que de ceux-ci se peupla aussi Cuba, et ensuite cette contrée (car eux seuls furent en état de construire de si somptueux édifices et de s’assujettir les nations), les communications venant à manquer avec Carthage, ces populations, avec le temps et le climat, se changèrent en des gens rudes et barbares[10].
4. Il existe, dans cette ville d’Ytzamal, cinq pyramides sacrées ou collines très-élevées, entièrement édifiées de pierre sèche, avec leurs soutiens et contreforts, au moyen desquels la pierre se dresse jusqu’en haut; mais on ne voit aucun édifice en son entier aujourd’hui, quoiqu’il y ait des traces et des vestiges de ce qu’ils étaient, dans l’un d’entre eux qui se trouve du côté du midi. Les anciens avaient une idole qui était parmi eux la plus renommée, appelée Ytzmat-ul, ce qui signifie «celui qui reçoit et possède la grâce ou la rosée, ou la substance du ciel.» Cette idole n’avait pas d’autre nom, ou du moins on ne lui en donnait aucun; mais on ajoute que c’était un roi puissant dans cette région, à qui on obéissait comme au fils des dieux[11]. Quand on lui demandait comment il se nommait, qui il était, il ne répondait que par ces paroles: Ytzen caan, ytzen muyal, ce qui voulait dire: «Je suis la rosée ou la substance du ciel et des nuages.»
Ce roi étant mort, on lui érigea des autels, il fut un oracle, et on verra plus loin comment et pourquoi on lui éleva un autre temple. Au temps où ce roi-dieu vivait, les peuples venaient le consulter sur les choses à venir, des contrées les plus lointaines; et il le leur disait, ainsi que d’autres choses futures. On lui portait aussi les morts, et on disait qu’il les ressuscitait et qu’il guérissait les malades: c’est pourquoi on avait pour lui une grande vénération, et non sans raison, s’il eût été avéré qu’il fût le dieu véritable, qui seul peut donner la vie aux morts et la santé aux malades; ce qui est impossible de la part d’un gentil ou d’un démon, Dieu seul pouvant le faire, puisqu’il est le maître de la vie et de la mort. Mais ces peuples le croyaient ainsi, et ils ne connaissaient point d’autre dieu, et c’est à cause de cela qu’ils disaient qu’il ressuscitait et guérissait.
Ces mêmes Indiens érigèrent encore un autre autel avec un temple, durant la gentilité, à cet Ytzmat-ul, leur roi ou leur faux dieu: ils y mirent la figure d’une main qui était là pour le leur rappeler à la mémoire; car ils disent que c’était là qu’ils lui portaient leurs morts et leurs malades, et qu’il les ressuscitait et les guérissait, en les touchant de la main. Ce temple était celui qui est du côté du couchant, et il s’appelle et se nomme Kab-ul, ce qui signifie «la Main opératrice.» Là ils offraient des aumônes considérables et portaient des présents; on y venait de toutes parts en pèlerinage; c’est pourquoi ils avaient fait aux quatre vents quatre routes ou chaussées qui s’étendaient à toutes les extrémités du pays, allant jusqu’à la terre de Tabasco, de Guatémala et de Chiapa, de quoi l’on voit encore aujourd’hui des restes et des vestiges en beaucoup d’endroits. Tel était le concours de monde qui accourait à ces oracles d’Ytzmat-ul et de Kab-ul pour qui on avait fait ces routes[12]. Une autre pyramide ou colline sacrée existait du côté du nord, et c’est aujourd’hui la plus élevée: elle s’appelait Kinich-Kakmó, parce que à sa cime se trouvait un temple avec une idole qui s’appelait de ce nom, ce qui signifie dans notre langue «Soleil avec visage aux rayons de feu,» lequel descendait à midi pour brûler le sacrifice, de la même manière que descend en volant l’Ara aux plumes de couleurs diverses[13].
On avait beaucoup de respect pour ce dieu ou cette idole; car on disait que lorsqu’il y avait de la mortalité, des pestes ou autres calamités publiques, tout le monde s’adressait à lui, hommes et femmes, portant un grand nombre de présents, qu’ils offraient, et qu’à la vue de tous, un feu descendait (comme je l’ai dit) à l’heure de midi, et consumait le sacrifice[14]. Alors le prêtre leur disait ce qui devait arriver au sujet de ce qu’ils désiraient savoir, des maladies, de la famine ou de la mortalité, et suivant ces choses, ils demeuraient instruits du bien ou du mal à venir, quoiqu’il leur arrivât quelquefois le contraire de ce qu’on leur avait annoncé.
Il y avait une autre pyramide, nommée encore aujourd’hui par les naturels, Ppapp-Hol-Chac, qui est la même où est fondé actuellement le couvent de notre père saint François, et ce nom signifie en castillan «Maison des Têtes et des Éclairs[15]»: car c’était là que demeuraient les prêtres des dieux, où on les respectait et tenait pour seigneurs, d’où ils châtiaient et récompensaient, où on les servait avec l’obéissance la plus entière; c’était de là qu’ils déclaraient leurs oracles, auxquels on croyait avec une foi absolue, rien ne pouvant sortir de leur bouche qui ne fût croyable au dernier degré. En opposition à ces choses, les prêtres s’intitulaient et s’intitulent encore aujourd’hui, dans la langue de Maya, Ahkin, mot qui vient de Kinyah, qui signifie «jeter au sort ou tirer des présages.» Or, comme les prêtres d’autrefois les tiraient dans leurs sacrifices, lorsqu’ils voulaient savoir ou déclarer les choses qu’on leur demandait, on les appelait Alakin[16], et actuellement au prêtre du Christ, les Mayas disent dans leur langue Ahkin, de la même manière qu’anciennement ils disaient à ceux de leurs faux dieux.
Une autre pyramide était la maison et la demeure d’un grand capitaine nommé Hunpictok, qui est située entre le midi et le couchant. Le nom de ce capitaine signifie en castillan, le «capitaine qui a une armée de huit mille silex»[17], parce que c’étaient là les pointes des lances et des flèches avec lesquelles ils combattaient dans les guerres; sa charge était la principale, cette armée servant à tenir les vassaux dans la soumission, et à les obliger à maintenir le roi ou le dieu, ainsi que les prêtres[18], comme à défendre les sujets de ce royaume, et à garder leurs temples. Tels étaient les oracles les plus renommés d’Ytzmat-ul, ou Ytzamal, ainsi qu’on l’appelle aujourd’hui.