NOTES

[1: Poser le modèle, expression consacrée dans les écoles de peinture. Dans celle de David, on posait le modèle deux fois par semaine, ou plutôt par décade, à cette époque. Pendant les six premiers jours on posait un modèle nu; les trois derniers, un modèle pour la tête seulement, et l'atelier était fermé le décadi. Pour éviter les querelles au sujet du choix des places, on mettait dans un chapeau autant de numéros qu'il y avait d'élèves présents, et chacun d'eux choisissait une place au tour que le sort lui avait assigné.]

[2: À cette époque, l'usage de la poudre à friser était encore fort répandu, et la boutique, les meubles et les habits des perruquiers étaient couverts et imprégnés de poudre blanche pour la toilette.]

[3: Ces expressions: Pompadour, rococo, à peu près admises aujourd'hui dans la conversation, pour désigner le goût à la mode pendant le régne de Louis XV, ont été employées pour la première fois par Maurice Quaï en 1796-1797. Alors ces locutions (on pourrait dire cet argot) n'étaient usitées et comprises que dans les ateliers de peinture.]

[4: Augustin D…, tourmenté tout à la fois par des chagrins domestiques très-réels et des inquiétudes imaginaires causées par la lecture constante du roman de Werther, se précipita du haut des tours de Notre-Dame en 1804 ou 1805.]

[5: Le jeune Vermay, dont il a déjà été question, avait tant fait d'espiègleries et de tapage, que David l'avait chassé de son école. Il l'y reçut de nouveau par l'intervention d'Étienne en faveur de son jeune camarade.]

[6: Boucher (François), né à Paris en 1704, mort en 1768, était un peintre de talent, dont le goût fut perverti par celui qui régnait de son temps. Jamais les doctrines de l'art n'ont été plus faussées que pendant la vogue dont jouit Boucher pendant sa longue existence.]

[7: Doyen (François), né à Paris en 1726, mort à Saint-Pétersbourg en 1806. Élève de Carle Vanloo, il fut membre de l'Académie et professeur, puis professeur de peinture à Saint-Pétersbourg sous le règne de l'impératrice Catherine, qui l'appela en Russie, et sous celui de Paul Ier, qui fut toujours favorable à cet artiste. L'ouvrage le plus connu et le plus important de Doyen est le Miracle des Ardents, qui fait pendant à celui de Saint Paul, de Vien, dans l'église de Saint-Roch à Paris.]

[8: Moïse Valentin, de Coulommiers près Paris, né en 1600, mort en 1630, élève de Caravage, contemporain de Ribera dit l'Espagnolet, et de Nicolas Poussin, dont il fut même l'ami.]

[9: Pompeo Battoni, né à Lucques en 1708, mort en 1789. En mourant, il légua sa palette et ses pinceaux à David.]

[10: David a fait, en 1784, une répétition en petit du Bélisaire. Elle est à la galerie du Louvre.]

[11: Pierre, peintre d'histoire, né à Paris en 1715, mort en 1789.]

[12: Il existe une mauvaise gravure du temps avec ce titre «Coup d'œil exact de l'arrangement des peintures au Salon du Louvre, en 1785.» On y voit figurer le Serment des Horaces, au-dessous duquel est le portrait en pied de la reine Marie-Antoinette avec le dauphin, mort en 1787, et son frère, peints par Mme Lebrun.]

[13: M. A. Coupin de la Couperie, auteur d'un Essai sur David, consulté par celui qui écrit ce livre.]

[14: J.-B. Debret, élève de David, parmi plusieurs croquis de son maître, qu'il a fait graver, a reproduit l'étude des trois femmes nues, dessinées d'après nature. Ce groupe est bien plus vrai et plus naturel que celui du tableau.]

[15: Œuvres de Salomon Gessner, traduits (sic) de l'allemand à Zurich, chez l'auteur, 1777, 2 vol. in-4°.]

[16: Mengs est né en 1728 et mort en 1779. Tous ses ouvrages capitaux, en peinture et en critique, étaient faits et écrits avant l'arrivée de David à Rome.]

[17: Canova, né à Possagno (États vénitiens), en 1757, mort en 1822 à Venise.]

[18: On peut consulter à ce sujet le Catalogue d'estampes d'après l'antique, qui se trouve dans le premier volume du Traité complet de peinture de Paillot de Montabert.]

[19: David a fait à la même époque quelques portraits: ceux de Bailly, de Grégoire, de Prieur de la Marne, de Bazire, études préparatoires pour l'exécution du Serment du Jeu de Paume.]

[20: Voici la liste des portraits et de quelques ouvrages qu'il exécuta à cette époque. Les portraits de M. et Mme Lavoisier, de M. Thélusson de Sorcy, de Mme de Sorcy, de la marquise d'Orvilliers, de la comtesse de Brehan, de M. et Mme Vassal, de M. Lecouteulx, de M. Hocquart; puis une Vestale couronnée de fleurs, une répétition de Pâris et Hélène, et une Psyché abandonnée par l'Amour, non terminée.]

[21: Ce tableau au trait est maintenant dans le musée des dessins, au Louvre.]

[22: J. B. Topino Le Brun, né à Marseille vers 1759, élève de David, embrassa avec ardeur, comme on le voit, les idées révolutionnaires de 1793, et ne cessa pas de tremper dans toutes les conspirations républicaines. Sous le Directoire, il suivit en Suisse Bassal, envoyé secret en ce pays. Là, tout en s'occupant de son art, Topino prit un goût très-vif pour les intrigues politiques. Bien qu'il fût encore en Suisse, on le désigna comme l'un des agents présents à l'attaque du camp de Grenelle à Paris, en prairial an IV. Déjà il avait été compris dans les mandats décernés contre les complices de Babeuf. Rentré en France en 1797, il reprit ses pinceaux et acheva le tableau de la Mort de Caïus Gracchus, exposé au Louvre l'année suivante. Après cet ouvrage, qui obtint quelque succès, il entreprit le Siége de Lacédémone, tableau de cinquante pieds de large sur dix de haut, mais qu'il n'eut pas le temps d'achever. En 1799 il figura parmi les jacobins du Manége, et enfin, après l'installation du gouvernement consulaire, il continua d'être regardé comme l'un des chefs de ce parti. Impliqué dans l'affaire de Cerachi, Aréna et autres, il fut condamné à mort et exécuté ainsi qu'eux en place de Grève, le 11 janvier 1801.]

[23: La tête a été peinte par David, mais le torse, qui est nu en partie, est de la main de son élève Gérard, ainsi qu'une bonne partie des accessoires, il n'en est pas ainsi du portrait de Marat, dont il sera question plus loin; ce dernier est en entier du maître.]

[24: Voy. 17 germinal an II, n° 198 du Moniteur.]

[25: Voy. ces dates au Moniteur.]

[26: Après la mort de Marat, David fit mouler son masque pour l'exécution de son tableau. C'est ce masque qui a été surmoulé en plâtre et vendu avec celui de Robespierre et de quelques autres. En 1835, la police finit par défendre qu'ils fussent exposés publiquement.]

[27: L'église Notre-Dame.]

[28: Après le 10 août 1792, et lorsque la monarchie fut renversée, tous les tableaux, statues, bronzes et objets précieux qui ornaient Versailles et les Tuileries, furent transportés dans la grande galerie du Louvre. Telle est l'origine du Musée qui existe aujourd'hui.]

[29: D'après ce décret, le Conservatoire du Musée national fut composé, pour la peinture, de quatre membres: Fragonard, Bonvoisin, Lesueur et Picault; pour la sculpture, de Dardet et Pasquier; pour l'architecture, de David Leroy et Launoy; pour les antiquités, de Wicar et Varon, à chacun desquels il fut alloué un traitement de 2400 livres et le logement.]

[30: Le 29 prairial an II; ce jour, cinquante-quatre personnes ont été conduites à la mort, entre autres: L'Admiral, la fille Regnault, Virat de Sombreuil, Mme Saint-Amaranthe, etc.]

[31: Voici quelles étaient en ce moment les prisons établies dans Paris; la Conciergerie, la Force, Sainte-Pélagie, les Carmes, le Plessis, le Luxembourg, les Madelonnettes, l'Abbaye, Saint-Lazare, Port-Libre dit la Bourbe, et dans les deux jours qui suivirent celui où ce discours fut prononcé, les 4 et 5 thermidor, il y eut soixante-dix personnes condamnées à mort et exécutées à la place de la barrière du Trône.]

[32: Tous les discours prononcés par David étaient revus et quelquefois même composés par ses confrères de la Convention. Il consultait souvent Chénier (M.-J.) à ce sujet et l'on dit que son élève Gautherot l'assistait dans ce travail. La vérité est qu'il n'était pas en état d'écrire les discours tels qu'ils sont cités au Moniteur.]

[33: D'où il suit que si l'on ajoute aux quatre cent quarante huit personnes condamnées du 29 prairial jusqu'au 9 thermidor, les quatre-vingt deux qui furent mises à mort en deux jours après la chute de Robespierre, on a pour quarante deux jours cinq cent trente condamnés. Voy. plus haut, note 28.]

[34: 20 prairial an II.]

[35: Les premiers éléments distincts de la science de la géologie ont été donnés dans le XVIe siècle, par Bernard Palissy, le fameux émailleur.]

[36: Elle était tante de Mlle Delphine Gay, depuis Mme Émile Girardin.]

[37: L'Abel tué, de Fabre, élève de David; le Triomphe de Paul-Émile, ouvrage que Carle Vernet, père d'Horace, fit pour son morceau de réception à l'Académie en 1787.]

[38: P.-J. Garat, né à Ustaritz vers 1768, mort en 1823, fut le plus habile chanteur français de la fin du XVIIIe siècle.]

[39: Quoique cette tête ne puisse passer pour un portrait d'une exacte ressemblance, il rappelle cependant les traits et l'expression (beaucoup plus forte) de Mme de Bellegarde. Les grands cheveux noirs du personnage, du tableau ont été peints d'après les siens.]

[40: Cet article rayé portait: «Que Sa Majesté l'Empereur reconnaît la république française; que la république est comme le soleil sur l'horizon; et que bien aveugles sont ceux que son éclat n'a pas encore frappés!»]

[41: Cette tête ébauchée a été faite sur une toile de sept pieds de haut sur neuf de large, et l'ensemble du personnage n'a jamais été que dessiné au crayon blanc. L'intention du peintre était de représenter le général tenant le traité de paix avec l'Empereur, et, à quelque distance de lui, son cheval et des personnes de sa suite. David n'a jamais touché depuis à cette tête ébauchée, fort ressemblante, admirablement peinte et pleine de vie. Elle appartient aujourd'hui à M. le duc de Bassano, qui l'a achetée à la vente qui eut lieu après la mort de David, et qui l'a fait lithographier.]

[42: Cette question fut proposée quelque temps après, en l'an VIII, 1799, par l'Institut national de France, et résolue par un ouvrage couronné, intitulé: Recherches sur l'art statuaire, considéré chez les anciens et chez les modernes, par Émeric David. Ce livre eut une grande vogue en ce temps.]

[43: On publia alors les antiquités de Pæstum, ce qui a fait construire dans le quartier Feydeau cette lourde et triste rue des Colonnes, dont une partie subsiste encore, puis la place du Caire et quelques maisons particulières dans le style égyptien.]

[44: Pierre Narcisse Guérin, né à Paris en 1774, mort dans la même ville en juillet 1834. Ses principaux ouvrages sont: Marcus Sextus, Phèdre, Orphée, les Révoltés du Caire, Andromaque, Didon, etc. Ses principaux élèves sont Géricault, MM. P. Delaroche, Delacroix. Scheffer.]

[45: Les tableaux de Marat, de Lepelletier, de Barra et les commencements du Serment du Jeu de Paume n'ont point été payés à David.]

[46: Pausanias, Attique, chap. XV.]

[47: Étienne conserve ce dessin, qui porte deux pieds et demi de large sur deux pieds de haut.]

[48: Napoléon fit mettre l'église de Cluny, près de la Sorbonne, à la disposition de son premier peintre, pour y achever le tableau du Couronnement.]

[49: Drouais (Jean-Germain), né à Paris, le 25 décembre 1763, mort à Rome, à l'âge de vingt-cinq ans, le 15 février 1788.]

[50: Victor Alfieri, né à Asti en 1749, mort à Florence en 1803.]

[51: Voir le Journal des Débats du 9 août 1824.]

[52: Anne-Louis Girodet de Roussy, dit de Triozon, né à Montargis, le 5 janvier 1767, mort à Paris, en 1824.]

[53: L'Hippocrate était destiné à M. Triozon, qui en a fait don à l'École de médecine.]

[54: Alors directeur de l'Académie de France à Rome.]

[55: M. Coupin de la Couperie, éditeur des œuvres posthumes de Girodet, 2 vol. in-8°.—Paris, Jules Renouard, 1829.]

[56: Ce portrait a été donné au Musée du Louvre par M. Isabey père. Il fait partie des ouvrages d'élite placés dans la salle des Sept-Cheminées.]

[57: Ce portrait, acheté par M. C. Lenormand, neveu de Mme Récamier, fait partie aujourd'hui du musée du Louvre, école française.]

[58: Quatorze ans avant que Gros se fit ces reproches, M. Guizot, dans une brochure qu'il publia en 1810, sur l'état des arts, disait (prophétiquement) à propos de ce peintre: «Il n'a ni froideur, ni roideur, ni appareil théâtral; peut-être même son genre est-il celui qui convient le mieux aux sujets nationaux; ses défauts sont ceux de son école, et son école n'aura pas son génie; accoutumée à ne chercher que la vérité, sans y joindre la beauté comme condition nécessaire, elle tombera facilement dans une exagération hideuse, car elle n'en sera point préservée par l'habitude de vouloir des formes nobles et régulières; elle s'appuiera sur des exemples tirés des ouvrages de son maître.»]

[59: Le couvent des Capucins et son jardin occupaient toute la longueur de la rue de la Paix, depuis la rue des Petits-Champs jusqu'aux boulevards. Outre une grande quantité d'artistes qui y logeaient alors, il y avait de petits spectacles, et entre autres le cirque de Franconi, dans le jardin.]

[60: A. B. Regnault, né en 1754, mort le 12 octobre 1829.]

[61: F.-A. Vincent, né à Paris en 1746, mort en 1816.]

[62: Pierre Guérin, né à Paris en 1774, mort à Rome, directeur de l'Académie de France, en 1833.]

[63: Voilà quarante-trois ans que le Couronnement a été terminé et qu'il a subi l'épreuve des critiques plus ou moins justes de plusieurs générations, et les nombreuses beautés de détail qu'il renferme sont devenues de plus en plus éclatantes. Placé aujourd'hui dans les galeries historiques de Versailles, fondées par Louis-Philippe, cet ouvrage, dont la composition est si simple quoique si solennelle, dont le dessin est si vrai et si pur, a pris avec le temps un aspect et un coloris dont l'harmonie est saisissante. Étienne, qui l'a vu peindre, peut affirmer, avec tous les hommes de son âge, que ce tableau, auquel tout le monde rend justice maintenant, a pris, avec les années, une solidité de ton et une harmonie, même dans les parties qui ont le plus justement excité la critique il y a quarante ans, qui achèvent de donner à cette composition toutes les qualités d'un chef-d'œuvre.]

[64: David eut quatre enfants, deux fils et deux filles. Jules, l'aîné, qui vient de mourir en 1854, remplit les fonctions de consul sous le gouvernement impérial; il s'était adonné à l'étude de la langue grecque, dont il a laissé un dictionnaire. Eugène, le cadet, prit le parti des armes vers 1808, fut nommé chef d'escadron de cuirassiers en 1815, et mourut vers 1826. Les deux filles étaient jumelles; elles ont épousé, l'une le général Meunier, l'autre le général Jannin.]

[65: Né en 1747 à Châlons-sur-Saône, mort à Paris en 1825.]

[66: Ces costumes républicains civils, militaires et pour les magistrats ont en effet été gravés par Denon.]

[67: Voici les noms des principaux artistes qui ont exposé au Louvre cette année: peintres, David, Girodet, Gérard, Gros, Guérin, Prudhon, Carle Vernet, Granet, Valenciennes, Chauvin, MM. Hersent et le comte Turpin de Crissé. Sculpteurs: Chaudet, Cartellier, Bosio. Architectes: Percier, Fontaine, Brongniart. Graveurs: Berwik et M. B. Desnoyers.]

[68: Ce théâtre était situé dans la rue Basse, à l'encoignure de la rue de Lancri. C'étaient des enfants, dont les plus âgés avaient seize à dix-sept ans, qui y jouaient, et c'est là qu'ont débuté les deux Monrose dont il est question ici.]

[69: Ce camée est gravé dans les Monuments inédits de Winckelmann.]

[70: Les tableaux que David fit passer dans l'Ouest sont: le Couronnement, les Aigles, les Sabines, les Thermopyles, et plusieurs portraits de l'Empereur.]

[71: Étienne a conservé l'esquisse de Léonidas.]

[72: Voici la liste des ouvrages faits par David, pendant son exil de 1816 à 1825: l'Amour quittant Psyché, Télémaque et Eucharis, une répétition du Couronnement de Napoléon, exposée successivement en Angleterre et aux États-Unis; la Colère d'Achille, demi-figures; une Bohémienne disant la bonne aventure; Mars désarmé par Vénus et les Grâces; Alexandre, Apelles et Campaspe, non terminé. Quant aux portraits, il a fait ceux du baron Alquier, de Mme Vilain et de sa fille, du général Gérard, de Sieyès, de Ramel, de Mme Ramel, des filles de Joseph Bonaparte, et de Mme Villeneuve, nièce de J. Bonaparte.]

[73: Un hommage semblable fut rendu à David par la ville de Gand, en reconnaissance des expositions de plusieurs ouvrages dont le produit fut consacré au soulagement des pauvres de cette ville.]

[74: Jean-Louis-Théodore-André Géricault, né en 1790, mort le 18 janvier 1824. Il a été successivement élève de Carle Vernet et de Pierre Guérin.]

[75: Voy. la Notice sur la vie et les ouvrages de Léopold Robert, par Étienne Delécluze. Paris, 1838.]

[76: M. Maurice Quay, né vers 1779, mort en 1804.]

[77: Voy. chapitre III.]