VI

« Je ne tiens pas pour frivole,

Reprit ce mot trop brillant,

L’arabesque du symbole ;

Et puisque Chateaubriand,

« Scrutant l’onomatopée,

Gravement analysa

L’âme agreste enveloppée,

Dans le son rural des a,

« Pourquoi, dans l’hiéroglyphe,

Serait-il vain de chercher

Le dessin d’aile ou de griffe

Qu’un esprit put y cacher ?

« La secrète omnipotence

Du Démon de l’Alphabet

En tête du mot Potence

A fait planter un gibet !

« Messieurs, la lettre dessine…

Comment ? pourquoi ! le sait-on ?

Et toucher au mot glycine

C’est déranger un feston !

« J’ai ces visions perverses :

Je crois que d et que b

Sont deux mandores inverses

Dont troubadour est galbé ;

« L’accent circonflexe tombe

En ouvrant l’aile qu’il faut :

Sur aumône il est colombe,

Et sur trône il est gerfaut ;

« Lorsqu’il glisse sur la ligne,

C’est son y et son g

Qui font que sous le mot cygne

Un reflet tremble allongé !

« Tout prend un sens qui scintille

Dans le mot, subtil schéma :

Le sarment de la cédille,

Les yeux de chat du tréma,

« Cette flûte traversière

Dont le t joue en rêvant…

— Chut ! cria, sous la poussière

D’un gros livre, un mot savant :