SCÈNE III

SYLVETTE, seule

Ouvrant les yeux.

Monsieur… Marquis… Non, pas en travers de la selle!

Ayez pitié de moi,—non, je ne suis pas celle…

Pas du tout!—Laissez-moi rentrer à la maison!

Une pensionnaire: oui, vous aviez raison!

Il n'est plus là!… Marquis!… Seule?… Ah! Dieu, l'affreux rêve.

Un temps. Elle se remet.

J'aime mieux que ce soit pour rire qu'on m'enlève!

Elle se lève.

Eh bien! Sylvette, eh bien, ma petite,—comment!

Vous appeliez tantôt à grands cris le roman,

Et, le roman venu, vous n'êtes pas contente?…

Oh! la serge, l'exil, les étoiles, la tente!…

Non, c'est trop!… Du roman, j'en voulais bien un peu,

Comme on met du laurier dedans le pot-au-feu!…

Mais c'est trop! Je ne puis supporter ces secousses.

Je me contenterais d'émotions plus douces…

Le crépuscule violit vaguement le parc. Elle reprend son voile laissé sur le banc, s'en couvre la tête et les épaules, et, rêveuse:

Qui sait si?…

Percinet paraît. Il est en haillons, le bras en écharpe, se traîne à peine. Un feutre d'où pend, lamentable, une plume cassée, cache ses traits.