SCÈNE VIII
Le jour baisse insensiblement. La scène reste vide un instant. Puis, dans le parc de Pasquinot, entrent STRAFOREL et ses Spadassins, Musiciens, etc.
STRAFOREL.
D'une étoile déjà le ciel clair s'étoila.
Le jour fuit…
Il place ses hommes.
Mets-toi là… Mets-toi là… Mets-toi là.
Oui, l'heure du Salut déjà doit être proche:
Blanche, elle apparaîtra quand tintera la cloche;
Alors, je sifflerai…
Il regarde le ciel.
La lune?… C'est parfait!
Nous n'aurons pas manqué, ce soir, un seul effet!
Regardant les manteaux extravagants des spadassins.
Excellents, les manteaux!… Que la colichemarde
Les retrousse un peu plus: appuyez sur la garde!
On apporte la chaise à porteurs.
La chaise, ici, dans l'ombre.
Regardant les porteurs qui sont noirs.
Ah! les nègres, pas mal!
A la cantonade.
Les torches, vous n'entrez, n'est-ce pas, qu'au signal?
On voit le fond vaguement coloré de rose par les reflets des torches qui restent derrière les arbres; entrent des musiciens.
Les musiciens?—là! sur fond de clartés roses…
Il les place au fond.
De la grâce, du flou! Variez donc les poses!
Debout, la mandoline! Asseyez-vous, l'alto!
Comme dans le Concert Champêtre de Watteau!
Sévère, à un spadassin.
Premier Homme Masqué, que vois-je? On se dandine?
Ça, de l'allure!—Bien!—Instruments, en sourdine,
Veuillez vous accorder… Oh! très bien!—Sol, mi, si!
Il se masque.