XXII

Cependant les jours se passaient et les irrésolutions de Max étaient toujours les mêmes; l’époque fixée par M. de Tressang arriva, le vicomte demanda quelques jours de répit; le comte, qui était un habile homme et qui connaissait fort bien le caractère de Max, consentit à attendre encore; il est vrai que Max allait fréquemment chez madame de Chevonceux.

—Oublions, se disait-il parfois, oublions un beau rêve, être aimé. Adieu, projets chéris, chimères longtemps caressées, douce existence que j’ai cru entrevoir! Et le souvenir de Louise envahissait son cœur et le remplissait de tristesse. Puis, sans savoir au juste le marché honteux proposé par son père, marché qui devait le faire l’époux heureux de la riche héritière, tous ses instincts se révoltaient à l’idée d’être le mari de mademoiselle de Chevonceux.

—Si je savais où est Louise, disait-il, si je n’avais pas ce doute affreux, cette inquiétude incessante, eh bien! mon malheur serait moins grand, je me dirais: Tout est perdu, oublions. Mais je ne sais rien, rien!

—Je suis un niais, pensait-il à d’autres moments, je cherche à dorer ma lâcheté de prétextes fallacieux, je suis comme les autres, la fortune me tente.—Non, cependant. J’aimerais bien mieux l’amour de Louise.