TIRÉS DES PIÈCES DE CORNEILLE.
VII
1084. Medée, Tragédie. En Musique, Représentée par l'Académie Royale de Musique. On la vend, à Paris, A l'Entrée de la Porte de l'Academie Royale de Musique, Au Palais Royal, rue Saint-Honoré. Imprimée aux dépens de ladite Academie. Par Christophe Ballard, seul Imprimeur du Roy pour la Musique. M.DC.XCIII [1693]. Avec Privilége du Roy. In-4 de 79 pp. en tout.
Collation: titre, avec les armes royales;—Prologue, où figurent la Victoire, Bellonne et la Gloire;—Acteurs de la Tragédie;—Médée, tragédie.
L'opéra de Médée fut tiré par Thomas Corneille de la tragédie de son frère. Charpentier écrivit la musique; mais ce compositeur, connu par ses chansons à boire, n'obtint qu'un médiocre succès quand il voulut aborder le théâtre. La première représentation eut lieu le 4 décembre 1693. Le rôle de Créon fut chanté par Dun, celui de Jason par Dumesny; MMlles Moreau et Le Rochois interprétèrent ceux de Créuse et de Médée.
Il n'est pas impossible que les pièces de Corneille antérieures à Médée aient également fourni matière à quelques opéras. Nous citerons, par exemple, à cause de l'analogie des titres, un livret italien de l'abbé Francesco Silvani intitulé: Il Tradimento tradito, ou Tradimento traditor di se stesso. Ce livret, dont Albinoni, en 1709, et Lotti, en 1711, écrivirent successivement la musique, est peut-être une imitation de la Veuve ou le Traitre trahi, mais nous n'avons pu vérifier le fait.
1085. Medée et Jason, Tragedie, Représentée pour la premiere fois par l'Academie Royale de Musique, Le Lundy vingt-quatriéme Avril 1713. A Paris, Chez Christophe Ballard, seul Imprimeur du Roy pour la Musique, rue S. Jean de Beauvais, au Mont-Parnasse. M.DCC.XIII [1713], Avec Privilége de Sa Majesté. Le Prix est de trente sols. In-4 de 67 pp. en tout.
Au verso de la p. 67, se trouve le privilége général accordé pour dix ans au sieur Guyenet, concessionnaire de l'opéra, à la date du 22 juin 1709, avec mention de la cession faite par Guyenet à Ballard.
L'abbé Pellegrin, sous le pseudonyme de la Roque, écrivit ce nouveau livret, dont la musique fut composés par Salomon, membre de la musique du roi. Les rôles furent ainsi distribués:
Mlle Journet, Médée; Cochereau, Jason; Thévenard, Créon; Mme Pestel, Créuse; Mlle Dun, Nérine; Dun, Arcas; Mlle Antier, Cléone, etc.
Un prologue allégorique, où l'on voyait Apollon rassurer l'Europe et prédire à la France le retour de la victoire, eut particulièrement le don de plaire au vieux roi.
La partition de Salomon n'était, du reste, pas sans mérite, bien qu'il abordât pour la première fois la scène à l'âge de cinquante-deux ans. Les nombreuses reprises de son œuvre attestent qu'elle obtint un succès durable.
1086. Medée et Jason, Tragedie. Representée pour la première fois par l'Academie Royale de Musique, Le Lundy vingt-quatriéme Avril 1713. Et remise au Théatre le dix-septiéme Octobre 1713, avec plusieurs augmentations. Le prix est de trente sols. A Paris, Chez Pierre Ribou, Quai des Augustins, à la descente du Pont-Neuf, à l'Image Saint Loüis. M.DCC.XIII [1713]. Avec Approbation & Privilege du Roy. In-4 de 55 pp. en tout.
Reprise de l'opéra de Pellegrin et Salomon.
La distribution ne fut pas changée, à l'exception du rôle de Créuse où Mlle Poussin remplaça Mme Pestel.
Le verso de la p. 55 du livret est occupé par le privilége donné aux sieurs Besnier, Chomat, Duchesne et de La Val de S. Pont, cessionnaires des droits de Francini et Dumont à l'exploitation de l'opéra. Ce privilége, accordé pour dix-neuf ans, est daté du 20 août 1713; cession en est faite à Ribou par traité du 22 août 1713.
A la fin du livret se trouvent 2 ff. contenant le Catalogue des Livres nouveaux qui se vendent à Paris, chez Pierre Ribou. On y voit figurer les œuvres de Molière, Racine, la Fontaine, et, en particulier, les œuvres de MM. Corneille, 10 vol. in-12, cotés 25 livres.
1087. Medée et Jason, Tragedie, remise au Theatre Le premier May 1727. Le prix est de 40. sols. A Paris, Chez la Veuve de Pierre Ribou, seul Libraire de l'Académie Royale de Musique; Quai des Augustins, à la descente du Pont-Neuf, à l'Image S, Loüis. M.DCC.XXVII [1727]. Avec Approbation et Privilege du Roi. In-4 de XII et 55 pp.
Livret imprimé pour la seconde reprise de cet opéra.
Les rôles furent distribués de la manière suivante:
M lle Antier, Médée; Tribou, Jason; Thévenard, Créon; M lle Pélissier, Créuse; M lle Minier, Nérine; Dun, Arcas; M lle Souris, Cléone.
Le 28 mai 1727, on représenta, sur le Théâtre-Italien, une parodie de Médée et Jason, due à Riccoboni fils et à Romagnesi.
1088. Medée et Jason, Tragedie. Représentée pour la premiere fois, par l'Académie Royale de Musique, Le vingt-quatriéme jour d'Avril 1713. Reprise le premier de May 1727. Remise au Theâtre le Jeudy 22. Novembre 1746. De l'Imprimerie de Jean-Baptiste-Christophe Ballard, Seul Imprimeur du Roy, & de l'Académie Royale de Musique. M.DCC.XXXVI [1736]. Avec Privilege du Roy. Le Prix est de XXX. Sols. In-4 de 65 pp. en tout.
Livret imprimé pour une troisième reprise de Medée et Jason.
Au verso de la dernière page, est reproduit le privilège général accordé pour vingt-neuf ans à Louis-Armand-Eugène Thuret, concessionnaire de l'opéra, à la date du 12 novembre 1734, et cédé par lui à Ballard.
Distribution des rôles: M lle Antier, Médée; Tribou, Jason; Chassé, Créon; M lle Pellicier, Créuse; M lle Julye, Nérine, Dun, Arcas; M lle Monville, Cléone.
Le 13 décembre 1736, une nouvelle parodie fut représentée sur le Théâtre-Italien.
1089. Medée et Jason, Tragedie, représentée par l'Académie Royale de Musique, pour la premiere fois. Le vingt-quatriéme jour d'Avril 1713. Reprise le premier de May 1727. Et le vingt-deux Novembre 1736. Remise au Théâtre le Jeudi 20 Février 1749. Prix XXX sols. Aux depens de l'Academie. On trouvera les Livres de Paroles à la Salle de l'Opera & à l'Academie Royale de Musique, rue S. Nicaise. [De l'Imprimerie de la Veuve Delormel, & Fils, Imprimeur de l'Académie Royale de Musique, rue du Foin à Sainte-Geneviève, & à la Colombe Royale.] M.D.C.C.XLIX [1749]. Avec Approbation et Privilege du Roi. In-4 de 63 pp.
Réimpression en tout conforme aux précédentes, comme l'atteste l'Approbation signée Demoncrif.
Le privilége est le privilége général accordé à Thuret, entrepreneur de l'opéra, le 12 novembre 1734.
Distribution des rôles: Jéliot, Jason; Albert, Arcas; M lle Fel, Créuse; M lle Coupée, Cléone; De Chaslé, Créon; M lle Chevalier, Médée; M lle Jacquet, Nérine.
1090. Medea e Giasone, Dramma per musica, rappresentato sul Teatro Sant' Angiolo in Venezia. Venezia, 1726. In-8.
L'auteur de ce livret, Giovanni Palazzi, se servit, croyons-nous, du poëme de Pellegrin. La musique fut écrite par Francesco Brusa.
1091. Médée, ballet tragi-pantomime [en trois parties], De l'Invention et de la Composition de M. Noverre, Maître des Ballets de l'Académie Royale de Musique. Représenté sur le Théatre de l'Académie-Royale de Musique, Le Dimanche 30 Janvier 1780. Prix XII sols. A Paris, Chez P. de Lormel, Imprimeur de ladite Académie, rue du Foin S. Iacques, à Sainte Geneviève, M.DCC.LXXX [1780]. Avec Approbation & Permission. In-8 de 19 pp.
«C'est en 1762, dit Noverre, que je composai et fis exécuter à la Cour de Wurtemberg le Ballet de Médée; des talents, en tout genre, que le goût et la magnificence du Sérénissime Duc, avoit fixé [sic] à son service, ceux de M. Vestris, qui sont au-dessus de mes éloges, embellirent cette production par les charmes de l'exécution la plus brillante. MM. Servandony et Colomba furent chargés des décorations; M. Bocquet le fut du costume, et M. Rodolph composa la musique.»
Noverre remercie ensuite Vestris d'avoir donné le ballet de Médée à Varsovie, à Vienne et enfin à Paris, en disant qui en était l'auteur. Il mérite ainsi, ajoute-t-il, ma reconnaissance, «et il auroit augmenté ce sentiment, si, encouragé par le succès, il eut également remis mes ballets d'Armide, des Danaïdes, de Psiché, d'Alceste, d'Orphée, d'Hercule, etc. Il en faisoit à Stutcart le plus bel ornement; en travaillant à sa réputation, il eût cimenté la mienne.....»
Noverre, qui tient tant à être nommé, se garde bien de dire qu'il s'est borné à raconter brièvement et de la manière la plus plate la pièce de Corneille.
Le ballet de Noverre, dont Granier avait, dit-on, écrit la musique, avait dû être imprimé à Stuttgart en 1762. La première représentation à Paris ayant eu lieu le 31 décembre 1775, il est probable qu'un livret fut également publié à cette date. Il fut dansé, en 1775, par les deux Vestris, Dauberval, Gardel aîné, MM lles Allard et Guimard. En 1780, M lle Allard fut remplacée par M lle Heinel. On vit alors figurer MM lles Théodore, Le Breton, Bigottini, Olivier, Auguste, etc.
1092. Médée, tragédie lyrique en trois actes et en vers, paroles d'Hoffmann, musique de Cherubini, représentée sur le Théâtre Feydeau le 23 ventôse an V (13 mars 1797). Paris, an V. In-8.
«Le journal Le Censeur avait inséré le jugement suivant sur cet ouvrage: La musique, qui est de Cherubini, est souvent mélodieuse et quelquefois mâle, mais on y a trouvé des réminiscences et des imitations de la manière de Méhul.» Dans un beau mouvement d'enthousiasme, Méhul lui répondit: «O Censeur, tu ne connais pas ce grand artiste. Mais moi qui le connais et qui l'admire, parce que je le connais bien, je dis et je prouverai à toute l'Europe que l'inimitable auteur de Démophon, de Lodoïska, d'Elisa et de Médée, n'a jamais eu besoin d'imiter pour être tour à tour élégant ou sensible, gracieux ou tragique, pour être enfin ce Cherubini, que quelques personnes pourront bien accuser d'être imitateur, mais qu'elles ne manqueront pas d'imiter malheureusement à la première occasion. Cet artiste, justement célèbre, peut bien trouver un Censeur qui l'attaque, mais il aura pour défenseurs tous ceux qui l'admirent, c'est-à-dire tous ceux qui sont faits pour sentir et apprécier les grands talents. Méhul.» Je demandais un jour à un des rares spectateurs vivants de l'opéra de Médée, au successeur de Cherubini, ce qu'il pensait de cet ouvrage: «C'est de la musique bien faite,» me répondit M. Auber.» Clément et Larousse, Dictionnaire lyrique, ou Histoire des Opéras; Paris, [1869], in-8, p. 447.
Le succès de l'opéra de Médée donna naissance aux parodies suivantes:
La Sorcière, parodie en un acte et en vaudevilles de Médée. Par B. Sewrin. Représentée pour la première fois à Paris, sur le Théâtre de la Cité-Variétés, le 27 mars 1797 (vieux style), 7 Germinal de l'an V.—On peut rendre hommage aux talents sans exclure la parodie. Bébée, scène dernière. Prix, 15 sous. A Paris. Se trouve au Théâtre et chez tous les marchands de de (sic) nouveautés, [Imprimerie de Jamain, rue Montmartre, no 124], 1797. In-8 de 23 pp. en tout.
Les personnages de cette parodie sont: M. Bridon, bailli; Thyrcée, sa fille; Faussette, amie de Thyrcée; Fiston, époux de Thyrcée; Bébée, première femme de Fiston; Alix, servante de Bébée; deux enfans. La scène se passe dans un village. Au lever du rideau, Thyrcée et Faussette causent ensemble au milieu d'un chœur de villageoises. Faussette chante à son amie des couplets sur l'air de Marlborough.
Bébée et Jargon, rapsodie en un acte, en prose, mêlée de couplets, imitée de l'opéra Médée. Représentée à Paris, sur le théâtre de Mademoiselle Montansier, au Palais-Royal, le 7 Germinal (28 mars 1797, style français); Par MM. Villiers et Capelle. Prix 15 sous. Se trouve, Au Théâtre de Mademoiselle Montansier; et chez les Auteurs, rue de Chartres, no 340, [De l'Imprimerie de la grande rue Taranne, no 35, ancien Hôtel de Marsan]. In-8 de 32 pp. en tout.
Les personnages sont: Bébée; Jargon; Crayon, beau-père futur de Jargon; Trichée, fille de Crayon; Mimi, suivante de Bébée; un Garçon peintre; les deux enfants de Bébée; plusieurs Peintres de l'atelier de Jargon.
Ici vient se placer, dans l'ordre chronologique, un opéra de Médée que nous indiquons sous toute réserve, n'ayant pas été à même de vérifier si le librettiste s'était inspiré de Corneille.
Medea in Corinto, dramma tragico in due atti.—Médée a Corinthe, tragédie lyrique en deux actes [musique de Mayer]. Représentée, pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre royal Italien, Salle de Louvois, le 12 [lis. le 14] Janvier 1823. Prix: 1 fr. 50 c. Paris, Au Théâtre royal italien, et chez Roullet, libraire de l'Académie royale de Musique, rue des Bons-Enfans, no 26. De l'Imprimerie de Hocquet, rue du Faub. Montmartre, 1823. In-8 de 48 pp.
Texte italien, avec traduction française en regard. Les pages sont chiffrées de deux en deux, en sorte qu'il n'y a que 24 pp. doubles.
L'opéra de Mayer avait été joué pour la première fois à Venise en 1812.
1093. Medée et Jason, tragédie lyrique en trois actes, paroles de Milcent, musique de Granges de Fontanelle, représentée à l'Académie impériale de musique le 10 août 1813. Paris, 1813. In-4 de 2 ff., xvj et 44 pp.
Milcent ne s'est guère servi de la Médée, ni de la Toison d'or, de Corneille, qu'il paraît avoir peu connues; il dit, dans la Dissertation qui précède son poëme, que Corneille fit trois drames sur ce sujet, sans avoir soin de nous indiquer quel est le troisième. Dans cette même dissertation, Milcent raisonne longuement sur la Médée qu'ont représentée les poëtes modernes, et ses réflexions ne manquent pas d'une certaine justesse: «Si Médée est toute puissante, dit-il, si les élémens sont soumis à sa baguette, toute vraisemblance cesse, il n'y a plus d'illusion, et la pièce ne peut exister, car l'action doit nécessairement commencer par où elle finit. Du moment où Médée est certaine que Jason épouse Créüse, elle doit, d'un coup de sa baguette, anéantir sa rivale, son infidèle époux et le palais de Créon. Il est contraire à la raison que cette Médée, si indomptable, si jalouse et si puissante, se borne, pendant toute l'action, à vomir des imprécations et des menaces contre Créon et sa fille, et à faire d'inutiles reproches à Jason; comment se peut-il qu'elle n'entreprenne rien pour empêcher le mariage qu'elle craint, et ne pense à faire usage de son pouvoir magique que lorsqu'il est devenu inutile?...»
«Appuyé sur ces considérations, ajoute Milcent, et éclairé par Voltaire qui, dans son commentaire sur la Médée de Corneille, a le premier entrevu la nécessité de la rendre intéressante, j'ai pensé qu'il fallait peindre cette Princesse telle que l'histoire nous la représente: faire voir Jason sous un jour plus favorable qu'on n'a fait jusqu'à présent, et le rendre digne du violent amour qu'il avait inspiré à son épouse.»
L'auteur du poëme a suivi plus particulièrement Euripide et la tragédie anglaise de Glower, traduite en français par Saint-Amand.
Aux opéras que nous venons de citer, nous pourrions en ajouter un grand nombre d'autres, par exemple: Médée, opéra dont Lenglet avait écrit la musique vers 1805, et qui est resté inédit; Medea, opéra italien, musique de Celli, représenté à Palerme en 1838; Medea, représentée à Palerme en 1844, avec la musique de J. Pacini, etc.; mais nous n'oserions pas dire que les livrets de ces pièces offrent quelque rapport avec la tragédie de Corneille.
IX
1094. Amor e Dover. Dramma recitato nel Teatro di S. Gio. Crisostomo di Venezia, l'anno 1697. [Poesia di Domenico David, Veneziano; musica di Carlo Francesco Pollarolo, Bresciano]. In Venezia, per il Niccolini, 1697. In-12.
Nous croyons que cet opéra est tiré de la traduction italienne du Cid. Voy. no [832].
1095. Rodrigo, Dramma per musica; poesia di ?; musica di Giorgio Federico Haendel.
Cet opéra fut composé par Haendel en 1708, à la demande du prince de Toscane, frère du grand-duc Jean-Gaston de Médicis. La représentation eut lieu à la cour au mois d'octobre de la même année.
Plusieurs opéras, représentés en Italie à la fin du XVIIe siècle, sous le titre de Roderico, sont probablement aussi tirés du Cid; on en trouvera la liste dans la Drammaturgia di Lione Alacci; Venezia, 1755, in-4, col. 672 sq.
1096. Il gran Cid, Dramma per musica rappresentato nel Teatro di Livorno nel Carnevale dell' anno 1715, consecrato all' Alt. Reale della Sereniss. Violante Gran Principessa di Toscana. [Poesia di Logildo Mereo, P. A., cioè: Gio. Giacomo Alborghetti, Bergamasco; musica di Giambattista Stück.] In Massa, per Pellegrino Frediani, 1715. In-8.
1097. Cid, Dramma rappresentato in Firenze nel Teatro di Via della Pergola il Carnevale dell' anno 1737, sotto la protezione dell' Alt. Reale del Sereniss. Gio. Gastone I. Grand Duca di Toscana. In Firenze, da Anton Maria Albizzini, 1737. In-8.
Réimpression avec changements du poëme d'Alborghetti, auquel était adapté une musique nouvelle.
1098. Onore vince Amore, Dramma per musica da rappresentarsi nel Teatro de' Fiorentini in Napoli. Napoli, 1736. In-12.
Cet opéra, dont Leo avait écrit la musique, paraît être un arrangement du Cid.
1099. Il Cid, Dramma per musica da rappresentarsi nel Teatro di S. Sebastiano il Carnevale dell' anno 1741; dedicato a Sua Eccellenza il Signore Carlo Francesco, Libero Barone di Wachtendonck, cavaliere, ecc., ecc. In Lucca, M.DCC.XLI [1741]. Pet. in-12.
1100. Il gran Cid, Dramma per musica; poesia di ?; musica de L. Piccini.
Fétis n'indique pas la date de cet opéra, qui fut représenté à Naples vers 1765. Nous ignorons si le livret a été imprimé.
1101. Il gran Cid, Dramma per musica; poesia di ?; musica di Antonio Maria Gasparo Sacchini.
Cet ouvrage, pour lequel on dut imprimer un livret italien, fut représenté à Rome en 1764. Il fut transporté en français sous le titre suivant:
1102. Chimene ou le Cid, Tragédie en trois actes, [paroles de Guillard, musique de Sacchini, ballet de Gardel], représentée devant Leurs Majestés à Fontainebleau. Paris, de l'imprimerie de Ballard, 1783. In-8.
«L'auteur du livret n'eut pas à se mettre en frais d'imagination pour tailler un opéra dans le chef-d'œuvre de Corneille. Le musicien avait une tâche plus difficile, et il s'en est acquitté avec un mérite apprécié des contemporains, et qu'on a trop tôt oublié. L'air Je vois dans mon amant l'assassin de mon père, l'allegro Combats pour soustraire Chimène, doivent être signalés aux amateurs de la musique pathétique et des compositions d'une belle facture. Il y a dans cet ouvrage, comme dans tous les ouvrages de Sacchini, dans Œdipe, Renaud et Dardanus, une sensibilité noble, vraie et exempte de l'afféterie commune à cette époque. Au point de vue du style, la pureté de forme en rend l'audition très-agréable. Quoique Sacchini fût principalement un compositeur dramatique, et qu'il écrivît mieux pour la voix que pour l'orchestre, ses ouvertures sont bien traitées. Celle de Chimène offre des effets semblables à ceux qu'on remarque dans l'ouverture de la Caravane, opéra-comique joué la même année à Paris. Mais il est probable que Grétry a été l'imitateur involontaire de Sacchini, car il était assez riche de son propre fonds pour ne rien emprunter à personne. Chimène, en effet, avait été déjà jouée à Rome en 1762, puis à Londres, en 1778, sous le titre d'Il gran Cid. Mais autant l'ouverture de Chimène est instrumentée avec correction, de manière à tirer du quatuor une sonorité pleine et harmonieuse, autant celle de la Caravane offre des détails pauvres et un maigre accompagnement.» Clément et Larousse, loc. cit., p. 163.
L'opéra français de Sacchini fut représenté pour la première fois sur le théâtre de la cour, à Fontainebleau, le 18 novembre 1783. Le rôle de Chimène fut chanté par Mme Saint-Huberti; les autres rôles furent tenus par Lays (le roi), Laîné (Rodrigue), Chéron (don Diègue), Rousseau (don Sanche).
1103. Chimene ou Le Cid, Tragédie lyrique en trois actes, représentée devant Leurs Majestés le mardy 18 Novembre 1783 et pour la premiere fois sur le Théatre de l'Académie Royale de Musique le lundi 9 février 1784, mise en musique par M. Sacchini. A Paris, chez Le Duc, s. d. [1784]. In-fol. de 1 f. et 274 pp.
Partition complète pour orchestre, avec les paroles.
1104. Chimene, grosse Oper in drei Akten. Frei nach dem Französischen von Carl Wagner. Darmstadt, 1821. In-8.
Traduction allemande adaptée à la musique de Sacchini.
1105. Il gran Cid. Dramma per musica; poesia di ?; musica di G. Paisiello.
Opéra représenté à Florence en 1776. Nous ignorons si le livret a été imprimé.
1106. Chimene et Rodrigue, ou le Cid, Opéra en trois actes, par M. de Rochefort, de l'Académie royale des Inscriptions et Belles-Lettres. Paris, Lambert et Baudouin, 1783. In-8.
Cet opéra n'a pas été représenté. Nous ne savons même pas par qui la partition devait être écrite.
1107. Rodrigo di Valenza, dramma per musica; poesia di ?; musica de F. Orlandi.
Cet opéra fut joué en Italie en 1814. Generali le fit représenter à Milan en 1817, avec une musique nouvelle de sa composition.
1108. Rodrigo, dramma per musica; poesia di ?; musica di Antonio Sapienza.
Représenté sur le théâtre San Carlo, à Naples, en 1823.
1109. Rodrigo e Chimene, dramma per musica in tre atti; poesia di ?; musica di G. G. Aiblinger.
Représenté sur le théâtre de la Scala, à Milan, vers 1824.
1110. Il Cid, dramma per musica in tre atti; poesia di Jacopo Ferreti; musica di Luigi Savi.
Représenté à Parme le 22 janvier 1834.
1111. Der Cid, grosse Oper von ?; Musik von Neeb.
Représenté à Francfort vers 1857.
1112. Don Rodrigo, drama lírico en tres actos, subdividido en cinco cuadros, que obtuvo el accesit en el certámen literario abierto por la real Academia española en 12 de Diciembre de 1857. Su autor D. Antonio Arnao. Madrid, Imprenta Nacional, 1859. In-4 de 72 pp.
1113. Der Cid, romantische Oper. Worte und Musik von P. Cornelius.
Représenté à Weimar en juin 1865.
1114. Le Cid, opéra en quatre actes; paroles de Louis Gallet; musique de Georges Bizet.
Cet opéra est la dernière œuvre du regretté Bizet, si prématurément enlevé à l'art musical français. Peut-être le directeur de notre grande scène lyrique se décidera-t-il un jour à produire cette œuvre posthume.
X
1115. Orazio Curiazio, Dramma per musica rappresentato in Venezia nel Teatro di S. Samuele nella Fiera dell' Ascensione l'anno 1746. In Venezia, 1746. In-12.
La musique de cet opéra était de Fernand Bertoni, de Saló.
1116. Gli Orazi e Curiazi, Dramma per musica in tre atti. Venezia, 1794. In-8.
Le livret de cet opéra célèbre fut tiré de Corneille par Ant.-Simon Sografi; la musique fut écrite par Cimarosa.
Une édition de la partition avec paroles parut à Venise en 1797.
1117. Gli Orazi e Curiazi. Dramma per musica in tre atti.—Les Horaces et les Curiaces. Drame en musique en trois actes. Représenté sur le théâtre des Tuileries, devant Sa Majesté Impériale et Royale, le 18 janvier 1810. Paris, [Fain, Imprimeur des Théâtres de la Cour, rue Sainte-Hyacinthe, no 25], 1810. In-8 de 4 ff. et 84 pp.
Texte italien de Sografi, avec traduction française en regard; la pagination est la même pour les deux textes, en sorte qu'elle va de 1 à 41 au lieu d'aller de 1 à 82.
1118. Gli Orazi e Curiazi, dramma per musica in tre atti.—Les Horaces et les Curiaces, tragédie lyrique en trois actes. Représentée, pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre de l'Impératrice, le 10 juin 1813. Prix: 1 fr. 50 c. Paris, au Théâtre de l'Impératrice. De l'Imprimerie de Hocquet, rue du Faubourg-Montmartre, no 4, 1813. In-8 de 52 pp.
Texte italien de Sografi, avec traduction française en regard; pagination double de 1 à 27.
Une édition des paroles italiennes parut à Padoue en 1814.
1119. Gli Orazi et Curiazi, dramma per musica in tre atti.—Les Horaces et les Curiaces, tragédie lyrique en trois actes, Représentée, pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre Royal Italien, salle Favart, le 8 novembre 1815. Paris, Au Théâtre Royal Italien. De l'Imprimerie de Hocquet, rue du Faubourg-Montmartre, no 4, 1815. In-8 de 56 pp.
Texte et traduction française; pagination double de 1 à 27.
1120. Gli Orazi e Curiazi, dramma per musica in tre atti.—Les Horaces et les Curiaces, tragédie lyrique en trois actes, Représentée, pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre Royal Italien, Salle de Louvois, le 14 août 1823. Prix: 1 fr. 50 c. Paris, au Théâtre Royal Italien, Et chez Roullet, libraire de l'Académie royale de musique, rue Villedot [sic], no 9. De l'Imprimerie de Hocquet, rue du Faub. Montmartre, 1823. In-8 de 56 pp.
Texte italien et traduction française en regard; pagination double de 1 à 27.
1121. Гораціи и Куріаціи, опера вѣ 3 дъиствіяхъ вѣ стихахъ, съ хорами, балетами и сражениями. Переводъ съ италіцискаго Александромъ Шеллеромъ Санктпетербургѣ. 1815. In-8.
Traduction russe du livret de Sografi, par Alexandre Scheller.
Des éditions italiennes parurent encore à Londres (1829), à Venise (1830), etc., etc.
1122. Les Horaces, ballet tragique [en cinq parties], de la composition de Mr. Noverre, représenté, pour la première fois, par l'Académie Royale de Musique, le mardi 21 Janvier 1777. Prix: XVIII. sols. A Paris, ches Delormel, Imprimeur de ladite Académie, rue du Foin. On trouvera des Exemplaires de ce Programme à la Salle de l'Opéra. M.DCC.LXXVII [1777]. Avec Approbation et Privilege du Roi. In-8 de 36 pp. en tout.
La musique de ce ballet était de Starzer, qui composa beaucoup de musique de danse et la plupart des ballets que Noverre fit jouer à Vienne.
Quant au livret, Noverre en parle dans sa préface avec le sérieux imperturbable qui caractérise les danseurs. «Le sujet des Horaces, dit-il, le plus riche peut-être qu'offre l'histoire de la danse en action, est bien fait pour déployer et mettre en jeu tous les ressorts de la pantomime..... On se plaindra peut-être que je n'ai pas saisi les beautés de Corneille; je répondrai pour ma justification que les beautés d'un art sont souvent inapplicables à un autre; si je me suis trompé dans le choix des moyens que j'ai risqués pour le succès de mon ouvrage, je dirai que ce n'est qu'en franchissant les barrières des préjugés qu'on peut atteindre le vol rapide du génie. Si j'ai pris quelques licences, c'est que je m'y suis trouvé forcé; les artistes doivent recourir à tous les moyens qui peuvent embellir leurs productions. Par exemple, ces êtres grands et sublimes, que la fonte ou le ciseau transmet à la postérité, paraîtront, pour la plupart, à ses yeux, sous un vêtement différent de celui où ils ont vécu, et par une suite de l'enthousiasme qu'inspire aux artistes les vertus et le goût des Grecs et des Romains: le costume de ces nations est devenu pour eux (si j'ose m'exprimer ainsi) cosmopolite...»
Ce ballet était dansé par les deux Gardel, Vestris, Léger, Barré, Favre, Abraham, Le Doux, Mlles Heinel, Guimard, Lafond, etc.
1123. Les Horaces, tragédie-lyrique en trois actes, mêlée d'intermèdes, représentée devant Leurs Majestés, à Versailles, le 2 Décembre 1786, et, pour la première fois, sur le Théatre de l'Académie Royale de Musique, le jeudi 7 Décembre de la même année. Prix XXX sols. A Paris, De l'Imprimerie de P. de Lormel, Imprimeur de ladite Académie, rue du Foin Saint-Jacques, à l'Image Sainte-Geneviève. On trouvera des Exemplaires à la Salle de l'Opéra. M.DCC.LXXXVI [1786]. Avec Approbation et Privilege du Roi. In-4 de 52 pp. en tout.
Guillard avait écrit le poëme de cet opéra, dont Scalieri avait composé la musique. Le librettiste fait lui-même connaître dans sa préface les changements apportés par lui à la tragédie de Corneille. Il a supprimé, suivant l'avis donné par le poëte lui-même dans son Examen, la mort de Camille qui «fait une action double par le second péril où tombe Horace après être sorti du premier.» Il a retranché de même le rôle de Sabine, et justifie encore ce retranchement par l'avis de Corneille lui-même: «Sabine, dit en effet le poëte, ne sert pas davantage à l'action que l'Infante à celle du Cid, et ne fait que se laisser toucher diversement, comme elle, à la diversité des événements.»
Guillard se défend ensuite contre les critiques adressées aux auteurs de livrets qui empruntent leurs sujets au théâtre classique. «Le cri général qui s'est élevé depuis peu contre cet usage, paroît d'autant plus étonnant, d'autant moins conforme à la véritable opinion du public, qu'il est de fait que les plus beaux ouvrages, les plus suivis depuis la Révolution, sont parfaitement dans ce cas. On ne me démentira pas quand je placerai à la tête les deux très-belles tragédies lyriques d'Iphigénie en Aulide et Didon.»
Les Horaces furent chantés par Chéron, Lays, Lainez, MMlles St Huberti et Gavaudan cadette; Mlle Bigottini figura parmi les marcheuses. Le succès ne répondit pas à l'attente des auteurs.
1124. Gli Orazi e Curiazi, Dramma per musica; poesia di ?; musica di Nic. Antonio Zingarelli.
Opéra représenté à Turin en 1794.
1125. Les Horaces. Tragédie-Lyrique, en trois actes, [poëme de Guillard, musique de Porta]; Remise au Théatre des Arts, le 12 Vendémiaire an 9 de la République française [10 octobre 1800]. Prix: 1 fr. 25 c. A Paris, Chez Ballard, Imprimeur du Théatre des Arts, rue des Mathurins-Jacques, no 328. An IX de la République [1800]. In-8 de 2 ff,, vij pp., 2 ff. pour les Acteurs et Actrices, 38 pp., 1 f. blanc et 2 ff. contenant une Note essentielle à joindre au poëme.
«Cet ouvrage, dit Guillard dans son Avertissement, n'est plus, à proprement parler, le même qui fut donné au théâtre de l'Opéra en 1786, et dont le célèbre Scalieri avait fait la musique. La suppression des intermèdes, qui formoient deux petits actes dénués de mouvement et d'intérêt, donne plus de rapidité à la marche du poëme. J'ai changé entièrement le troisième acte, qui étoit en récit, et que j'ai cru convenable de mettre en action.»
Cette reprise fut interprétée par Adrien (le vieil Horace), Lainé (Curiace), Lays (le jeune Horace), Mlle Maillard (Camille).
C'est pendant la représentation de cet opéra que le premier consul devait être assassiné. Le moment fixé pour l'exécution du complot était celui où devaient retentir les premières mesures du chœur du serment, au second acte. La police, prévenue à temps, fit arrêter les soixante conjurés, sans que le public qui remplissait la salle pût se douter de ce qui s'y passait.
Le 23 vendémiaire an IX (15 octobre 1800), on joua, sur le théâtre des Troubadours, une parodie intitulée: Les Voraces et les Coriaces. Nous ne pensons pas que cette pièce ait été imprimée. Elle n'est du moins pas citée au Catalogue Soleinne.
1126. Les Horaces, tragédie-lyrique en trois actes [en vers libres], par H. Montol-Sérigny. Paris, Fagès, an IX |1801]. In-8.
Cette pièce ne fut point représentée.
1127. Orazi e Curiazi, tragedia lirica in tre atti di Salvatore Cammarano, musica di Mercadante. Vienna, 1830. In-8.
Le livret italien fut réimprimé à Londres en 1846, à Venise en 1817, et dans plusieurs autres villes.
XI
1128. La Clemenza di Augusto, Melodramma rappresentato in Roma l'anno 1696 nel Teatro di Torre di Nona. In Roma, 1696. In-12.
L'auteur est Sigismond Capeci, de Rome.
1129. Clemenza di Augusto, Poemetto drammatico nel giorno del gloriosissimo Nome della Sac. Ces. R. M. di Leopoldo Imperadore de' Romani sempre Augusto, per comando della S. C. R. M. dell' Imperadrice Eleonora Maddalena Teresa, l'anno 1702. In Vienna, per gli Eredi Cosmeroviani, 1702. In-4.
Ce livret est d'Antoine Bernardoni, de Bologne. Joseph Fux en avait écrit la musique.
1130. Cinna, Dramma lirico di Leopoldo de' Villati; musica di C. H. Craun.
Représenté à Berlin en 1748.
1131. Cinna, Dramma lirico di ?; musica di Ferdinando Paer.
Représenté à Parme en 1797.
1132. Cinna. Dramma lirico di ?; musica di Bonifazio Asioli.
Représenté à Milan en 1801.
XII
1133. Poliuto, tragedia lirica di Salvatore Cammarano; musica di Donizetti.
Le sujet de Polyeucte avait été indiqué à Donizetti par le célèbre chanteur Adolphe Nourrit, qui se proposait de créer le rôle pathétique du martyr chrétien. Au mois de mars 1838, Nourrit avait signé un engagement avec le directeur du théâtre Saint-Charles, à Naples; c'est là que devait être jouée la nouvelle partition. Le chanteur, qui abordait pour la première fois la scène italienne, croyait pouvoir compter sur un grand succès. «Ce qui me rassure tout à fait, écrivait-il à Mme Aucoc, sa sœur, à la date du 1er mai 1838, c'est le début dans un opéra nouveau, où je n'aurai de comparaison à subir avec personne, un opéra écrit pour moi par Donizetti, qui a le talent de mettre bien en relief les qualités de ses chanteurs et de cacher leurs défauts; et puis, par-dessus tout, le sujet de cet opéra, qui me plaît, que j'ai choisi et auquel j'ai foi. L'effet de mon rôle reposera sur l'exaltation du sentiment religieux, combattu un instant par la passion humaine, mais finissant par triompher. Toutes les fois que j'ai eu cette corde à faire vibrer, j'ai su trouver des accents sympathiques, et plus que jamais aujourd'hui je crois à l'effet de la musique religieuse.»
Donizetti donna tous ses soins à la composition de la musique qu'il écrivit autant pour la France que pour l'Italie; mais, au moment des répétitions, la censure napolitaine ne voulut pas permettre la représentation. «Le roi ne veut pas, écrivait Nourrît, le 16 août, à M. Duverger, que la religion chrétienne soit mise en scène, soit en bien, soit en mal... Je n'ai pas besoin de te dire tout ce que me donne à penser cette prohibition de notre Polyeucte: là-dessus nos idées doivent être les mêmes, comme elles l'ont été sur Rome. Il faut me dépêcher bien vite, bien vite, de gagner un peu de réputation dans ce pays, et revenir en France juste au moment où l'on voudra sortir de ce gâchis dans lequel tombent tous les jours davantage les affaires de l'art théâtral. Un jour que je serai moins pressé, nous causerons plus à l'aise de tout cela. En attendant, nous avons changé les personnages, le lieu de la scène et la religion de notre martyr chrétien, et nous en avons fait un Guèbre, sans rien changer ni aux situations du drame, ni aux sentiments. Dieu veuille que cette transmutation suffise aux susceptibilités de la censure royale. L'ouvrage y perdra, sans doute; mais j'espère, s'il est adopté ainsi, que le public ne voudra voir que des chrétiens.»
La censure napolitaine, inepte comme toutes les censures, qui croiraient manquer à leur rôle si elles ne suscitaient à l'art et aux artistes les plus misérables tracasseries, rejeta les Guèbres comme elle avait condamné Polyeucte. Nourrit en conçut un violent chagrin, dont on trouve la trace dans toutes les lettres qu'il écrivit depuis. Il voulut débuter dans la Muette, dans Guillaume Tell, dans les Huguenots, dans Lucrezia Borgia, mais aucune de ces pièces ne trouva grâce devant les autorités royales. Il dut se contenter de rôles médiocres dans des opéras plus médiocres encore: Il Giuramento et Elena da Feltre. Il crut s'apercevoir alors que ses études italiennes, loin de lui avoir profité, avaient nui à sa voix; il en eut un tel désespoir qu'il en devint presque fou. Dans un accès de fièvre chaude, il se jeta par la fenêtre et se tua (7 mars 1839). Voy. Adolphe Nourrit, sa vie, son talent, son caractère, sa correspondance, par L. Quicherat; Paris, Hachette, 1867, 3 vol. in-8.
1134. Les Martyrs, opéra en quatre actes, Paroles traduites par M. Eugène Scribe, Musique de M. Donizetti, Divertissement de M. Corali. Représenté pour la première fois sur le Théâtre de l'Académie Royale de Musique, Le [ ] avril 1840. Prix: 1 franc. Paris, Schonenberger [sic], éditeur de musique, commissionnaire, boulevard Poissonnière, 10; Ch. Tresse, successeur de J.-N. Barba, Libraire, Palais-Royal, galerie de Chartres, 2 et 3; Marchant, Boulevard Saint-Martin, 12, 1840. Gr. in-8 de 27 pp. à 2 col., plus 2 ff. pour le catalogue musical de Schönenberger.
«Corneille traduit en opéra! dit Scribe dans l'Avertissement, quelle impiété littéraire!
«Les messieurs qui, de nos jours, ont affiché le plus de mépris pour nos grands auteurs classiques vont, comme tous les faux dévots, crier le plus haut à la profanation.
«J'ai fait pour une tragédie de Corneille ce que nos pères avaient fait pour une tragédie de Racine: l'Iphigénie en Aulide, traduite en opéra, a fait connaître à la France une des plus belles partitions de l'immortel Gluck.
«Ensuite, et s'il est vrai, comme l'attestent nos plus illustres compositeurs, que la musique veuille avant tout des passions et des effets dramatiques, et que l'opéra le meilleur soit celui qui présente le plus de belles situations, on concevra sans peine que tous les ouvrages de Corneille doivent offrir, comme ils offrent en effet, de magnifiques sujets d'opéra!
«J'aurais voulu respecter et conserver intacts tous les vers de Polyeucte, mais la musique a des exigences auxquelles on doit se soumettre; de plus, il a fallu traduire les principaux morceaux, airs, duos, trios et finales, d'après la partition déjà faite du Poliutto, composé pour le théâtre de Saint-Charles, et défendu avant sa représentation par la censure de Naples.
«Si je me suis permis de supprimer les quatre confidents ou confidentes de Corneille, c'est que l'opéra doit mettre en action ce que la tragédie met en récit. Je n'ai hasardé, du reste, d'autres changements que ceux qui avaient été conseillés et indiqués avant moi, par Laharpe et par Andrieux.
«Quant au rôle du père et du gouverneur Félix, j'ai suivi l'idée donnée par Voltaire, qui désirait qu'à ce caractère pusillanime et peu digne de la tragédie, on substituât celui d'un zélé défenseur des divinités du paganisme; fanatique en sa croyance comme Polyeucte dans la sienne.»
La partition française des Martyrs est plus importante que celle de Poliuto.
«Donizetti y ajouta l'ouverture, presque tout le premier acte, à l'exception de la cavatine de Pauline, les airs de ballet, le morceau d'ensemble qui termine le deuxième acte, l'air de basse au troisième acte et le trio du quatrième acte.
«Plusieurs morceaux de Poliuto ne se retrouvent pas dans les Martyrs: la prière intercalée dans la cavatine du ténor, la cabalette de la cavatine du baryton, l'air du ténor et une courte scène de Pauline (dans le grand duo), telles sont les pages italiennes qui ne figurent point dans l'opéra français, dont le troisième acte est d'un maître.
«Interprètes: Duprez (Polyeucte), Derivis (Félix), Massol (Sévère), Serda (Callisthène), Wartel (Néarque), Mme Dorus-Gras (Pauline).
«L'ouverture des Martyrs, dont l'allégro a le tort de rappeler celui de la Vestale, est coupée vers le milieu par un chœur lointain et mystérieux. Meyerbeer s'en est souvenu en écrivant l'ouverture du Pardon de Ploërmel.» Chouquet.
1135. Paolina e Poliuto, opera in quattro atti. Nuova versione dal francese di C. Bassi. Milano, [1840?]. In-8.
Traduction italienne du livret de Scribe.
1136. Poliuto, tragedia lirica in tre atti di Salvatore Cammarano; musica di Donizetti. Parigi, Michel Levy Fratelli, editori, 1859.—Polyeucte, tragédie lyrique en trois actes, de Salvator Cammarano. Musique de Donizetti. Représenté pour la première fois, à Paris, le 14 avril 1859. Paris, Michel Lévy frères, libraires-éditeurs, 1859. In-8 de 51 pp.
Texte italien, avec traduction française en regard.
1137. Poliuto, ou os Martyres, tragedia lyrica em quatro actos de Salvador Cammarano, para ser representada com a musica de Donizetti no Theatro provisorio. Rio de Janeiro, Typographia Dous de Dezembro de P. Brito, 1852. In-8 de 63 pp.
Traduction portugaise de Luis Vincente de Simoni.
1138. Поліевктъ, Либретто оперы Доницетти въ 3-хъ длйетвіяхъ. Санктпетербург,, 1870. In-8.
Traduction russe du livret de Poliuto.
1139. Цоліэвкт. Либретто оперы въ 3-хъ актахъ. Москва, 1872. In-8.
1140. Poliuto, opera tragiczna w 3 aktach; rzecz Salv. Cammarana, muzyka K. Donizettego. (Tresćzebrana w krótkości). Warszava, w drukarni J. Ungra. S. d., in-12 de 28 pp.
Traduction polonaise du livret de Poliuto.
Dès que l'œuvre de Donizetti eut été représentée à Paris, elle fit le tour de l'Italie et chaque théâtre en fit imprimer le livret. Il serait peu intéressant de rechercher ces diverses éditions.
1141. Polyeucte, opéra en cinq actes; paroles de ?; musique de Charles Gounod.
Cette partition, à laquelle l'auteur de Faust travaille depuis longtemps, n'a pas encore vu le jour.
XVI
1142. Rodoguna, Dramma per musica dell' Abate Andrea Minelli, Veneziano. In Milano, nella Stampa di Carlo Giuseppe Quinto, 1703. In-12.
XVIII
1143. Eraclio, Melodramma recitato nel Teatro de' SS. Gio. e Paolo di Venezia l'anno 1671; [poesia del Co. Niccolò Beregani, Patrizio Veneto; musica di Don Pietr' Andrea Ziani, Veneziano, Canonico Lateranese]. In Venezia, per Francesco Niccolini, 1071. In-12.
Repris en 1692 sur le Théâtre Malvezzi, à Bologne.
1144. L'Eraclio, Dramma per musica; poesia di ?; musica di G. A. Bernabei.
Représenté à Vienne en 1690.
1145. Eraclio, Dramma rappresentato in Roma l'anno 1712; [poesia di Pier' Antonio Bernardoni, Bolognese; musica dell' Atto Io d'Incerto Autore, dell' Atto IIo di Francesco Gasparini, Romano, e dell' Atto IIIo di Carlo Pollaroli, Bresciano]. In Roma, a spese di Antonio de' Rossi, 1712. In-8.
1146. Heraklius, dramatische Oper von ?; Musik von Reinhardt Keiser.
Représenté à Hambourg en 1712.
XIX
1147. Persée, || Tragedie || Representée || Par l'Academie Royale || de Musique. || Le dix-septiéme [dans d'autres exemplaires: le dix-huitiéme] Avril 1682. || On la vend || A Paris, || A l'Entrée de la Porte de l'Academie Royale de Musique, || au Palais Royal, rue Saint-Honoré. || Imprimée aux despens de ladite Academie. || Par Christophe Ballard, seul Imprimeur du || Roy pour la Musique, || M.DC.LXXXII [1682]. || Avec Privilege de Sa Majesté. In-4 de 7 ff., 62 pp. et 1 f.
Collation des ff. prélim.; front. gravé tiré sur un f. séparé et représentant la scène de Persée et du monstre; le décor a une grande analogie avec celui du 3e acte d'Andromède, mais Persée n'est pas monté sur Pégase. (Ce frontispice est signé: Bérin in. et Doliuar fe.);—titre imprimé avec les armes royales;—4 ff. pour le Prologue;—1 f. pour les Acteurs de la Tragédie.
Le f. de la fin est occupé par le privilége général donné à Lully, pour trente ans, à la date du 20 septembre 1672.
Quinault, en écrivant pour Lully le livret, a suivi presque pas à pas l'Andromède de Corneille, mais il a dû supprimer plusieurs pièces et abréger beaucoup son modèle, l'opéra devant être entièrement chanté. Il a introduit un personnage nouveau, Mérope, sœur de Cassiope, qui, rivale d'Andromède, finit par favoriser les desseins de Persée. Les apparitions célestes sont plus nombreuses encore dans la pièce de Quinault que dans la pièce de Corneille. L'opéra se termine, comme la tragédie, par une brillante apothéose.
Avant que Quinault arrangeât pour l'opéra la tragédie de Corneille, le sujet d'Andromède avait été de nouveau traité en Italie et en Allemagne. On peut citer notamment les pièces suivantes, dont les auteurs eurent peut-être sous les yeux l'ouvrage français: Il Perseo, Dramma [di Aurelio Aurelj, Veneziano: musica di Andrea Mattioli], rappresentato nel Teatro de' SS. Gio. e. Paolo di Venezia, l'anno 1665 (in Venezia, per Francesco Niccolini, 1665, in-12);—Perseo, Dramma musicale [di Aurelio Amalteo, di Uderzo], nel giorno natalizio della Sacra Cesar. Real Maestà dell' Imperatrice Margherita (in Vienna d'Austria, per Matteo Cosmerovio, 1669, in-8);—Andromedes und Persaeus, dramatische Oper von J. Wolfgang Frank (Hamburg, 1679).
1148. Persée, Tragedie, representée par l'Academie Royale de Musique. Pour la premiere fois le dix-septiéme Avril 1682. Et remise au Theatre le neuf Février 1703. A Paris, Chez Christophe Ballard, seul Imprimeur du Roy pour la Musique, rue S. Jean de Beauvais, au Mont-Parnasse. M.DCC.III [1703]. Avec Privilege de Sa Majesté. Le Prix est de trente sols. In-4 de XVI-62 pp. et 1 f. bl.
1149. Persée, Tragedie, représentée pour la premiére fois par l'Academie Royale de Musique. Le dix-septiéme Avril 1682. Et remise au Théatre le Jeudy vingt Novembre 1710. A Paris, Chez Christophe Ballard, seul Imprimeur du Roy pour la Musique, rue S. Jean de Beauvais, au Mont Parnasse. M.DCCX [1710]. Avec Privilege de Sa Majesté. Le prix est de trente sols. In-4 de 75 pp. en tout.
Au verso de la p. 75, se trouve le privilége général accordé pour dix ans au sieur Guyenet, concessionnaire de l'Opéra, à la date du 22 juin 1709, avec mention de la cession faite par Guyenet à Ballard, pour l'impression des livrets et de la musique.
Distribution des rôles lors de cette reprise: Hardouin, Céphée; Mlle Milon, Cassiope; Mme Pestel, Mérope; Mlle Journet, Andromède; Thévenard, Phinée; Cochereau, Persée; Guédon, Mercure, etc.
1150. Persée, Tragedie, representée par l'Academie Royale de Musique, le 17. Avril 1682, et ensuite à Versailles au mois de Juin; Remise au Theatre le Dimanche 8. Novembre 1722. A Paris, Chez la veuve de Pierre Ribou, sur le Quai des Augustins, à la descente du Pont-Neuf, à l'Image Saint-Louis. M.DCC.XXII [1722]. Avec Privilege du Roi. In-4 de xvj et 67 pp.
Au verso de la p. 67, le privilége général accordé pour dix-neuf ans à Besnier, Chomat, Duchesne et de la Val de Saint-Pont, à la date du 10 août 1713, et cédé par eux à Ribou.
Distribution des rôles lors de cette reprise: Dubourg, Céphée; Mlle C. Antier, Cassiope; Mlle L. Antier, Mérope; Mlle Tulou, Andromède; Thévenard, Phinée; Muraire, Persée; Tribou, Mercure.
Après Quinault et Lulli, le sujet de Persée et d'Andromède a été repris si souvent par les compositeurs d'opéras qu'il ne nous a pas été possible de constater les emprunts qui ont pu être faits à Corneille. Nous nous bornerons à indiquer sommairement les opéras qui, par leur titre, se rapprochent de l'Andromède française:
Andromeda, Dramma per musica; [poesia di P. Pariati, musica di Marcantonio Ziani], rappresentato nel giorno natalizio della Sacra Cesareo-Real Maestà dell' Imperatore Carlo VI. Vienna, 1714.
Andromeda, Dramma per musica; poesia di ?; musica di Leonardo Leo. Napoli, 1742.
Andromède, Drame en musique [en trois actes et en vers libres italiens]. Musique d'Ignace Fiorillo. Cassel, Estienne, 1761. In-8.
Édition italienne, avec traduction française en prose.
Andromeda, Dramma per musica; poesia di ?; musica di Paisiello. Milano, 1770.
Andromède, Ballet héroïque et Pantomime, de la composition de M. Granger, musique de M. Raubach, décorations de M. Gradizzi, costumes du sieur Génard. Saint-Pétersbourg, de l'imprimerie de l'Académie impériale des sciences, 1772. In-8 de 18 pp.
Perseo, Dramma per musica di ?; musica di M. Gasp. Sacchini. Londra, 1774.
Andromeda, grosse Oper von ?; Musik von Joh. Fried. Reichhardt. Berlin, 1778.
Persée, Tragédie lyrique par Quinault [réduite par Marmontel]; musique de Filidor. Paris, 1780.
Persaeus und Andromeda, grosse Oper von Baumgärtner. 1780.
Andromeda E Perseo, Dramma per musica; poesia di ?; musica di J. M. von Haydn. 1780.
Andromeda, Dramma per musica; poesia di ?; musica di Pietro Persicchini. Varsovia, 1782?
Andromeda e Perseo, Dramma per musica; poesia di ?; musica di Marescalchi. Roma, 1784.
Persaeus und Andromeda, grosse Oper von ? ; Musik von Druzechy. Pest, 1787?
Andromeda, Dramma per musica; poesia di ? ; musica di Vittorio Trento. Napoli, 1792 (?) e 1805.
Andromeda, grosse Oper von ?; Musik von Jos. Elm. Naumann. 1795?
Andromeda, Dramma per musica; poesia di G. Bertati; musica di Nic. Antonio Zingarelli.
Cet opéra, non cité par Fétis, a été joué en Italie vers 1800.
Andromeda, liryczna tragedya L. Osińskiego; musyka Jos. Elsnera. Warzawa, 1807.
Osiński a dû s'inspirer de Corneille, d'autant plus qu'à la même époque il traduisit le Cid, Horace et Cinna (voy. les nos [1065]-[1069]).
1151. Persée et Andromède, ballet-pantomime en trois actes, par M. Gardel, maître des ballets de Sa Majesté impériale et royale; musique arrangée et composée par M. Méhul. Représenté, pour la première fois, sur le Théâtre de l'Académie Impériale de Musique, le 8 Juin 1810. Prix: 75 centimes. A Paris, Chez Bacot, Libraire, au Palais-Royal, Galerie de bois, no 252, côté du Jardin. 1810. De l'Imprimerie d'A. Égron, Imprimeur du Tribunal de commerce. In-8 de 32 pp. en tout.
«Le sujet de Persée et Andromède, dit Gardel, avec ce sérieux imperturbable que nous avons admiré chez Noverre, a été traité par des auteurs avec lesquels je dois trembler d'être mis en comparaison. Je le dois craindre d'autant plus que l'on trouvera sans doute dans mon ouvrage des fautes qu'ils ont su habilement éviter...»
Ce nouveau ballet fut dansé par Vestris, Milon, Albert, Montjoie et Galais, Mmes Gardel, Chevigny, Vict. Saulnier.
XXI
1152. Nicomede in Bitinia, Dramma rappresentato nel Teatro di S. Mosè di Venezia, l'anno 1677; [poesia del Dott. Gio. Matteo Giannini, Veneziano; musica del Cav. Carlo Grossi, Veneziano].* In Venezia, per Francesco Niccolini, 1677. In-12.
Réimprimé la même année, chez le même libraire, avec quelques changements et l'addition d'un prologue.
XXII
1153. Pertarido, Re de' Longobardi, Dramma per musica; [poesia di ?; musica di Giuseppe Boniventi.] Venezia, 1727. In-8.
1154. Pertharite, Koenig der Lombarden, grosse Oper von ?; Musik von Hoszisky. Rheinsberg, 1783.
XXIII
1155. Edippo, Dramma per musica di Domenico Lalli.
Cet opéra, dont le livret fut tiré plutôt de Voltaire que de Corneille, fut représenté à Munich le 22 octobre 1729. Les ballets étaient de Dubreuil, les décors de Nicolas Stuber, les costumes de Deschamps. La musique était probablement de Torri.
Voy. Geschichte der Oper am Hofe zu München, nach archivalischen Quellen bearbeitet von Fr. M. Rudhardt; Freising, Franz Datterer, 1865, in-8, t. Ier. pp. 116 sqq.
Un opéra allemand de G. Gebel, intitulé, Oedipus, qui fut représenté à Rudolstadt en 1751, ne présente sans doute pas de rapports avec la pièce de Corneille.
1156. Œdipe a Colonne. Opéra en trois actes [paroles de Guillard, musique de Sacchini], dédié à la Reine, représenté devant Leurs Majestés à Versailles, le 4 janvier 1786. Et pour la première fois, sur le Théatre de l'Académie Royale de Musique, le Mardi 30 Janvier 1787. Prix XXX sols. A Paris, De l'Imprimerie de P. de Lormel, Imprimeur de ladite Académie, rue du Foin Saint-Jacques, à l'Image de Sainte-Génevieve. On trouvera des Exemplaires à la Salle de l'Opéra. M.DCC.LXXXVII [1787]. Avec Approbation, et Privilége du Roi. In-4 de VIII et 48 pp.
Guillard s'est inspiré à la fois de l'Œdipe de Sophocle, de celui de Corneille et de celui de Voltaire.
La musique de Sacchini est son chef-d'œuvre, et pourtant ce grand artiste ne parvint pas à triompher des cabales qui s'élevaient contre lui; il mourut le 7 octobre 1786, avant que son ouvrage eût été représenté.
1157. Edipus te Kolone, zangspel vry naar het fransch van Guillard, muzyk van Sacchini, door Pieter Johannes Uylenbroek. Amsteldam, P. J. Uylenbroek, 1705. In-8 de 2 ff., 42 pp. et 1 f.
Traduction néerlandaise du livret de Guillard.
Nic. Zingarelli fit encore représenter, à Venise, en 1799, un opéra intitulé: Edipo a Colonna.
XXIV
1158. La Conquista del Vello d'oro, Festa teatrale di Nice. Minato; musica di Antonio Draghi. Vienna, Crist. Cosmerov, 1678. In-12.
Cet opéra, dont l'auteur n'eut peut-être pas recours à la tragédie de Corneille, fut représenté pour les fiançailles de la reine de Pologne Éléonore avec le duo Charles de Lorraine.
La musique des ballets fut écrite par Jean H. Schmelzer.
Il existe une édition allemande du livret publiée la même année chez le même libraire.
1159. Jason, ou la Toison d'or. Tragedie, représentée par l'Academie Royalle de Musique. On la vend, A Paris, A l'Entrée de la Porte de l'Academie Royalle de Musique, au Palais Royal, rue Saint Honoré. Imprimée aux dépens de ladite Academie. Par Christophe Ballard, seul imprimeur du Roy pour la Musique. M.DC.XCVI [1696]. Avec Privilege de Sa Majesté. In-4 de 4 ff., 80 pp. et 1 f.
Cet opéra, dont J.-B. Rousseau avait écrit le livret et Colasse la musique, fut représenté le 17 janvier 1696.
Jean-Baptiste Rousseau ne se faisait pas d'illusions sur ses tragédies lyriques: «Elles sont ma honte, disait-il; je ne savais pas encore mon métier quand je me suis adonné à ce pitoyable genre d'écrire.»
J.-B. Pescetti fit représenter à Londres en 1737 un opéra du Vello d'oro; Scolari en donna un autre à Venise, sous le même titre, en 1749.
1160. La Toison d'or. Tragédie-Lyrique, en trois actes, [paroles de Desriaux, musique de Vogel], représentée, pour la premiere fois à Paris, sur le Théatre de l'Académie-Royale de Musique, le Mardi 29 août 1786. Prix XXX sols. A Paris, De l'Imprimerie de P. de Lormel, Imprimeur de ladite Académie, rue du Foin Saint-Jacques, à l'Image de Sainte Genevieve. On trouvera des Exemplaires à la Salle de l'Opéra. M.DCC.LXXXVI [1786]. Avec Approbation et Privilege du Roi. In-4 de 8 et 46 pp.
Cet opéra fut chanté par Laïs (Jason), Moreay (Arcas), Mlles Maillard (Médée), Gavaudan cadette (Calciope), Dozon, cette vachère devenue cantatrice, grâce aux leçons de Gossec (Hypsiphile), etc. Il fut remanié aussitôt après la première représentation.
1161. Médée a Colchos, ou la Toison d'or, Tragédie-Lyrique en trois actes [paroles de Desriaux, musique de Vogel], représentée, pour la première fois sur le Théatre de l'Academie-Royale de Musique, le Mardi 27 Septembre 1786. Sit Medea ferox invictaque; flebilis Ino. Hor. Art. Poe. A Paris, De l'Imprimerie de P. de Lormel, Imprimeur de ladite Académie, rue du foin Saint-Jacques, à l'Image de Sainte-Génevieve. On trouvera des Exemplaires à la Salle de l'Opéra. M.DCC.LXXXVI [1786]. Avec Approbation, et Privilege du Roi. In-4 de VIII et 49 pp.
Remaniement de l'opéra précédent. Mlles Gavaudan et Dozon cédèrent leurs rôles à Mlle Audinot et à Mme Chéron; Martin remplaça Moreau.
XXVI
1162. La Sofonisba, Dramma dell' Ab. Francesco Silvani [musica di Antonio Caldara, Veneziano], recitato nel Teatro di S. Gio. Crisostomo di Venezia l'anno 1708. In Venezia, per Marino Rossetti, 1708. In-12.
Il est probable que Silvani suivit plutôt la Sofonisba du Trissin que celle de Corneille. Son livret fut représenté à Naples l'année suivante avec une musique nouvelle de Leo.
Ce n'est sans doute pas à Corneille que Zanetti emprunta son livret de Sofonisba, dont la musique fut tour à tour écrite par Jomelli (Venise, 1746), Traetta (Parme, 1761), Buroni (Venise, 1764), Agnesi (Naples, 1771), Paer (Bologne, 1796) et Federici (Turin, 1805). Le même sujet a été traité, en outre, en Allemagne, par Gebel (Rudolstadt, 1753), Neefe (1782), et en Italie, par Vento (vers 1760) et Petrali (Milan, 1844).
XXVII
1163. Ottone amante, Amor e Sdegno, Dramma per musica; poesia di Michel Angelo Boccardi; musica di M. Tavelli.
Cet opéra, représenté à Venise en 1726, avait été précédé de l'Ottone, de Pollaroli (Udine, 1696) et de celui de Haendel (Londres, 1722), mais nous ne croyons pas que ces pièces fussent tirées de Corneille. Nous en dirons autant de l'Ottone, de Gennaro d'Alessandro (Venise, 1740).
XXVIII
1164. Agesilao, Dramma per musica; poesia di ? ; musica di Gaetano Andreozzi.
Opéra représenté sur le théâtre San Benedetto, à Venise, pendant le carnaval de 1788. Le sujet, tiré de Corneille, a été singulièrement altéré.
1165. Agesilao, Dramma per musica; poesia di ? ; musica di Gio Domenico Perotti.
Représenté à Rome en 1789.
XXIX
1166. Attila. Dramma recitato nel Teatro de' SS. Gio. e Paolo di Venezia, l'anno 1672. [Poesia di Matteo Noris, Veneziano; musica di D. Pietr'Andrea Ziani, Veneziano, Canonico Lateranese.] In Venezia, per Francesco Niccolini, 1672. In-12.
Repris en 1678 sur le théâtre Formagliari, à Bologne.
1167. Attila, grosse Oper von ? ; Musik von Joh. Wolfgang Franck.
Représenté à Hambourg en 1682.
1168. Attila, Dramma per musica; poesia di ?; musica del Persiano.
Représenté à Parme en 1727.
1169. Attila, Dramma in musica recitato nel Regio Ducale Teatro di Milano. Milano, Malatesta, s. d. [1797?]. In-12.
L'auteur de ce livret est, d'après Melzi, Ascanio Lonati, de Milan; la musique était, croyons-nous, de Farinelli.
1170. Attila, tragedia lirica in tre atti di Temistocle Solera; musica di Giuseppe Verdi. Venezia, 1846. In-8.
1171. Attila, opéra en trois actes, en vers libres, traduit de l'italien de Solera, sur la musique de Verdi, par M. Joos; représenté sur le Théâtre royal de la Monnaie à Bruxelles, au mois de décembre 1850.
Cette traduction n'a pas été imprimée.
1172. Attila. Dramma lirico in un prologo e tre atti da rappresentarsi nel gran teatro del Liceo filarmonico-drammatico barcellonese di S. M. Dona Isabella Seconda, nel l'autunno del 1850. Barcelona, imprenta de T. Gorchs; Madrid, libreria de Cuesta, 1850. Gr. in-8 de 56 pp.
Texte italien, avec traduction espagnole.
1173. Attila, dramma lyrico em um prologo e tres actos, poesia de Themistocles Solera, musica de José Verdi, que vai representar-se no theatro provisorio. Rio de Janeiro, Typographia. Dous de Dezembro de P. Brito, 1853. In-8 de 59 pp.
Traduction portugaise de Luis Vicente de Simoni.
XXX
1174. Tito e Berenice, Dramma per musica, [poesia di Carlo Sigismondo Capece, Romano, musica di Antonio Caldara, Veneziano]; rappresentato nella Sala de' Signori Capranica in Roma nel Carnevale dell' anno 1714. In Roma, per il Bernabò, 1714. In-12.
Nous nous bornons à mentionner ici l'opéra de Caldara. Il existe, sur Bérénice, une foule d'opéras, plutôt inspirés par la pièce de Racine que par celle de Corneille. On en trouvera la liste dans notre Bibliographie Racinienne.
M. Gastinel a fait jouer au théâtre des Bouffes-Parisiens, le 11 mai 1860, une opérette intitulée Titus et Bérénice, pour laquelle M. Edouard Fournier avait écrit un livret, sans emprunter à Corneille autre chose que le titre.