XVII.—HISTOIRE DE CORNEILLE ET DE SA FAMILLE.

I.—Biographie de Corneille.

1175. Vie de Corneille, par Fontenelle.

Ce discours a paru pour la première fois, sous le titre d'Éloge, dans les Nouvelles de la République des lettres de janvier 1685; il a été inséré ensuite dans l'Histoire de l'Académie Françoise, donnée en 1729 par l'abbé d'Olivet. A partir de 1742, il a été réimprimé sous le titre de Vie de Corneille dans toutes les éditions des œuvres de Fontenelle et dans la plupart de celles des Œuvres de Corneille.

1176. Pierre Corneille, par Thomas Corneille.

Th. Corneille a parlé de son illustre frère dans son Dictionnaire géographique, à l'article Rouen. Bien que la notice qu'il lui ait consacrée soit très-succincte, nous ne pouvions manquer de la faire figurer dans ce travail.

1177. Vie de Pierre Corneille, Msc. du XVIIe siècle, 46 pp. in-4.

Ce manuscrit, à la suite duquel sont les parallèles faits au XVIIe siècle entre Corneille et Racine, figure, sous le no 144, dans le Catalogue de la belle Collection de lettres autographes composant le cabinet de feu M. R. Merlin (Paris, J. Charavay, octobre 1871, in-8).

1178. Notice sur la Vie et les Ouvrages de P. Corneille.

Mémoires pour servir à l'histoire des hommes illustres dans la République des lettres [par le P. Niceron], t. VIe, pp. 349-383; t. XVe, pp. 88-93.

1179. Pierre Corneille, par l'abbé Goujet.

Voy. Bibliothèque françoise, ou Histoire de la littérature françoise par M. l'abbé Goujet, t. XVIIIe (Paris, H.-L. Guérin et L.-F. Delatour, P.-G. Le Mercier, 1756, in-12), pp. 140-164.

Les grands dictionnaires critiques du XVIIIe siècle, tels que le Dictionnaire historique, de Bayle, l'Encyclopédie, etc., contiennent tous des articles sur Corneille; nous croyons inutile d'en donner une énumération, à cause du peu de développement de ces notices qui ne contiennent aucun fait nouveau.

1180. Vie de Pierre Corbeille, par M. Guizot.

Cet ouvrage, publié d'abord dans les Poëtes français du siècle de Louis XIV, par M. F. Guizot [et madame Guizot, née de Meulan]; Paris, Schoel, 1813, in-8, t. Ier (et unique), a été réimprimé avec additions en 1852 (Paris, Didier, 1852, in-8).

1181. Histoire de la Vie et des Ouvrages de P. Corneille, par M. Jules Taschereau. Paris, Alexandre Mesnier, 1829. In-8 de VII et 418 pp.

Cette excellente histoire, digne pendant de la Vie de Molière, a laissé peu de recherches à faire aux biographes de Corneille. M. Taschereau a réuni sur le poëte, sa famille et chacun de ses ouvrages, les renseignements les plus exacts et les plus circonstanciés. Il y a joint une série de notes et de pièces justificatives du plus haut intérêt. Il a donné, pp. 379 à 399, une première bibliographie des écrits relatifs à Corneille et des éditions annotées de ses Œeuvres choisies ou complètes.

1182. Réflexions sur un passage de l'Histoire de la Vie et des Ouvrages de P. Corneille, par M. J. Taschereau; par M. A. Floquet. [Rouen, 1830]. In-8 de 7 pp.

Extrait du Précis analytique des travaux de l'Académie de Rouen, 1830, pp. 413 sqq.

1183. Corneille (Pierre). Von F. Jacobs.

Allgemeine Encyclopädie der Wissenschaften und Künste, herausgegeben von J. S. Ersch und J. G. Gruber, t. XIXe (Leipzig, 1829, in-4), pp. 311-317.

1184. Pierre Corneille, par M. Villenave. Paris, 1835. In-8 de 8 pp. à 2 col.

Extrait de l'Encyclopédie des Gens du monde, t. VIIe, 1re part, pp. 7 sqq.

1185. Corneille (Pierre).

Extrait de l'Univers pittoresque (Dictionnaire encyclopédique de l'Histoire de France, par M. Ph. Le Bas), t. VIe, 7e livr.; Paris, Didot, 1841, in-8, pp. 100-108.

1186. Vie de Pierre Corneille, par Gustave Levavasseur. Paris, Debécourt, 1843. In-12 de 472 pp.

1187. Notice sur P. Corneille, par E. Charton.

Encyclopédie nouvelle publiée sous la direction de Pierre Leroux; Paris, Ch. Gosselin, 1843, in-8, t. IVe, pp. 50-52.

1188. Pierre Corneille, par P.-F. Tissot, de l'Académie Française.

Les Normands illustres (Paris, Dutertre, 1845, gr. in-8), livr. 6 et 7 (24 pp.).

1189. Notice sur P. Corneille, par P.-F. Tissot.

Poëtes normands, publiés sous la direction de L.-H. Baratte; Paris, 1846, gr. in-8.—Réimpression de la notice précédente.

1190. Vie de Pierre Corneille, par Gustave Levavasseur. Seconde édition. Paris, Dentu, 1847. In-12.

Voy. le no [1186].—On a ajouté à cette édition une eau-forte de J. B[uisson].

1191. Pierre Corneille, par J. Fleury.

Encyclopédie du dix-neuvième siècle, t. VIIIe (Paris, 1850, gr. in-8), pp. 772-777.

1192. Pierre Corneille, par Victorin Fabre.

Biographie universelle (Michaud) ancienne et moderne; nouvelle édition (Paris, chez Madame C. Desplaces, gr. in-8), t. IXe, pp, 223-232.

1193. Vie de Corneille. Paris, Barba, [impr. Plon], 1852. In-4 à 2 col.

Panthéon populaire illustré.

1194. Corneille et son Temps, Étude littéraire par M. Guizot. Nouvelle édition. Paris, Didier, 1852. In-8 de 2 ff., xv et 476 pp.

M. Guizot a ajouté à ce volume une préface, dans laquelle il rend compte des modifications qu'il y a introduites. «J'y ai beaucoup changé, dit-il; j'étais tenté d'y changer bien davantage.» Voy. le no [1180].

1195. Corneille and his Times. By M. Guizot. Translated from the French. London, Richard Bentley, 1852. Gr. in-8.

1196. Histoire de la Vie et des Ouvrages de P. Corneille, par M. J. Taschereau. Seconde édition, augmentée. Paris, chez P. Jannet, 1855. In-16 de VIII et 440 pp.

En acceptant la tâche de publier une édition des Œuvres de Corneille dans la Bibliothèque elzévirienne, M. Taschereau a fait réimprimer son Histoire, qu'il a très-notablement augmentée. La partie bibliographique (pp. 389-420) a reçu en particulier de nombreuses additions. Nous avons eu déjà l'occasion de constater les emprunts faits par nous à cet excellent guide.

1197. Pierre Corneille, par Gustave Brunet.

Nouvelle Biographie générale, publiée par MM. Firmin Didot frères, sous la direction de M. le Dr Hoefer; t. XIe (Paris, 1865, in-8), col. 848-867.

1198. Pierre Corneille, par J.-P.-G. Viennet, de l'Académie Française.

Dictionnaire de la Conversation et de la Lecture, par une société de savants et de gens de lettres, sous la direction de M. W. Duckett; t. VIe (Paris, Firmin Didot frères, fils et Cie, 1868, gr. in-8). pp. 526-531.

1199. Notes sur la Vie de Corneille, par Édouard Fournier.

Ces notes sont placées en tête de Corneille à la Butte Saint-Roch, comédie en un acte, en vers, par Édouard Fournier, pp. i-clvj (voy. notre chap. [XXIe]).

L'auteur n'a pas eu l'idée d'écrire une vie de Corneille, mais d'ajouter seulement quelques notes aux renseignements recueillis par ses biographes antérieurs. Il a réuni quelques pièces qui avaient échappé jusqu'alors aux éditeurs de Corneille, ou qui étaient tout au moins peu connues (voy. les nos [180], [183], [185], [198]), Il attribue, en outre, au poëte six strophes qui auraient été composées en 1633 pour l'Académie des Palinods, mais cette attribution n'est accompagnée d'aucune preuve.

On trouve, dans les notes de M. Fournier, quelques détails curieux sur la vie littéraire de Corneille et sur les maisons qu'il habita successivement à Paris.

1200. Pierre Corneille, ses Œuvres, sa Vie intime, par C. Guénot. Lille, 1863. In-12 de 143 pp. (0 fr. 75).

II.—Documents biographiques divers.—Notices relatives a des faits particuliers de la vie de Corneille et aux maisons qu'il a habitées.

1201. Lettre de Gabriel Feydel, relative à Pierre Corneille.

Journal de Paris, 1788, p. 102.

M. Paul Lacroix a bien voulu nous signaler cette notice, où il est pour la première fois question d'une lettre anonyme «trouvée à Rouen dans des papiers de famille», lettre qui nous montre Corneille faisant rapetasser ses vieux souliers.

1202. La Maison de Corneille, par M. de Jouy.

Fait partie de l'Hermite en province, t. VIIe (Paris, Pillet, 1824, in-8), pp. 214 sqq.

1203. Dissertation sur la date de la naissance du Grand Corneille [signée à la fin: P[ierre-Alexis] Corneille]. [Rouen, F. Baudry, Imprimeur du Roi, rue des Carmes, no 20, 1826]. In-8 de 4 pp., avec un simple titre de départ.

Corneille fut baptisé le 9 juin 1606. On trouve dans les registres de la paroisse de Saint-Sauveur, à Rouen, la mention suivante: «Le neuvième jour de juin 1606, Pierre, fils de Mr Pierre Corneille, a été baptisé; le parrain, Monsieur Pierre Lepezant, secrétaire du Roi, et Barbe Houel.» L'ordonnance de 1539 prescrivait de joindre à la mention du baptême la date exacte du jour de la naissance; aussi divers biographes ont-ils cru que le futur auteur du Cid avait dû être baptisé le jour même de sa naissance. La Société d'émulation de Rouen, voulant tenir chaque année une séance générale en l'honneur de Corneille, choisit le 9 juin et non le 6. Lorsque des doutes s'élevèrent à ce sujet, elle chargea une commission d'étudier la question. Le rapport de M. P.-A. Corneille conclut en ces termes: «Après cet exposé, votre commission pense que toutes les probabilités font présumer que Pierre Corneille est né le 6 juin 1606; mais ces probabilités, quelque confiance qu'on y attache, donnent-elles une conviction intime? D'ailleurs la naissance légale à cette époque est celle des actes de baptême. Or l'acte de baptême porte la date du 9 juin; et quoique votre commission soit au fond persuadée que la naissance réelle est du 6 juin, néanmoins elle ne pense pas que les motifs énoncés ci-dessus soient suffisants pour vous proposer quelques changements dans vos usages, ni pour vous engager à en provoquer auprès de l'administration, dans les inscriptions qui peuvent se trouver dans notre ville et qui portent la seule date appuyée sur un acte authentique.»

1204. Rapport sur la date de la naissance de Pierre Corneille, lu à l'Académie royale des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Rouen, par M. Houël. Rouen, Imprimerie de Nicétas Périaux jeune, rue de la Vicomté, no 55, 1828. In-8 de 12 pp. inexactement chiffrées de 2 à 14.

M. Houël a recommencé, au nom de la Société royale de Rouen, l'étude déjà faite par M. P.-A. Corneille. S'appuyant sur la notice insérée dans le Mercure galant d'octobre 1684 et sur un passage du Dictionnaire géographique de Thomas Corneille (vo Rouen), il conclut que le poëte a dû naître certainement le 6 juin, et propose, en conséquence, à la Société d'adresser copie de sa décision à l'autorité administrative, «pour que l'erreur qui subsiste, notamment sur le marbre de la maison de Corneille, soit incessamment rectifiée dans le cas où l'autorité partagerait la conviction de l'Académie».

1205. Rapport sur le jour de la naissance de Pierre Corneille et sur la Maison où il est né, lu à la séance publique de la Société libre d'Émulation de Rouen le 6 juin 1828 par M. Pre Axis Corneille professeur d'histoire au Collége Royal. Rouen, F. Baudry, imprimeur du Roi, Avril 1829. In-8 de 24 pp.

Dans ce nouveau rapport, M. P.-A. Corneille se prononce définitivement en faveur du 6 juin, comme l'avait fait M. Houël.

En tête du rapport se trouve une figure sur cuivre, représentant les maisons contiguës où naquirent Pierre et Thomas Corneille.

Cette brochure se vendait 1 fr. 50, au profit de la souscription pour le monument à élever à Pierre Corneille.

1206. Notice sur la Maison et la Généalogie de Corneille, présentée à l'Académie de Rouen, dans sa séance du 29 mars 1833, par A.-G. Ballin. Rouen, N. Périaux, mai 1833. Gr. in-8 de 8 pp., figg.

Extrait de la Revue de Rouen du 10 mai 1833, avec quelques additions.

La brochure contient 3 tableaux et 2 gravures représentant l'état ancien et l'état actuel des maisons de Pierre et de Thomas Corneille.

Le titre annonce que cet opuscule n'a été tiré qu'à 60 exemplaires; M. Ballin lui-même (Précis analytique des travaux de l'Académie de Rouen, 1848, p. 286), nous apprend que le tirage a été de 75 exemplaires.

1207. Nouveaux Détails sur Pierre Corneille, recueillis dans l'année où Rouen élève une statue à ce grand poëte; par M. Emel Gaillard. [Rouen, 1834]. In-8 de 6 pp.

Extrait du Précis analytique des travaux de l'Académie de Rouen, 1834, in-8, p. 164 sqq.

1208. Role politique de Pierre Corneille, pendant la Fronde. Document communiqué à l'Académie de Rouen par M. Floquet, dans la séance du 18 novembre 1836. [Paris, Imprimerie de H. Fournier et comp., rue de Seine, 14]. In-8 de 8 pp.

Extrait de la Revue rétrospective (no de décembre 1836), avec un simple titre de départ.

En compulsant les registres du Parlement de Normandie, M. Floquet y a trouvé le texte d'une lettre de cachet datée de Rouen, le 17 février 1650, et par laquelle le sieur Bauldry, procureur général des États de Normandie, est destitué, et sa charge conférée au «sieur de Corneille». Cette nomination faite, ainsi qu'il est dit expressément, sur l'avis de la reine régente, qui avait ouvertement protégé l'auteur du Cid, devait faire songer à Pierre Corneille, mais ce n'était là qu'une supposition qui s'est trouvée confirmée par un passage de l'Apologie particulière pour M. le duc de Longueville (Amsterdam, 1650, in-4 de 136 pp.), où il est longuement parlé de la destitution de Bauldry. «On lui a donné un successeur, y est-il dit, qui sçait fort bien faire des vers pour le théatre [Le sieur Corneille, poëte fameux pour le théatre, porte une manchette marginale], mais qu'on dit estre assez malhabile pour manier de grandes affaires.»

1209. Note biographique sur Pierre Corneille, par M. A. Deville. [Rouen, 1840]. In-8 de 8 pp.

Extrait du Précis analytique des travaux de l'Académie de Rouen, 184, pp. 1860 et 276, avec un fac-simile de l'écriture de Corneille.

1210. Fragment d'étude sur la vieillesse de Corneille, lu à la Société des Sciences morales de Seine-et-Oise. [par V. Lanbinet]. Versailles, Imprimerie de Montalant-Bougleux, 1852. In-8.

Le nom de l'auteur se trouve à la fin.

1211. Particularités de la vie judiciaire de Pierre Corneille, révélées par des documents nouveaux; par E. Gosselin, greffier-archiviste à la Cour Impériale de Rouen. Rouen, Imprimerie de E. Cagniard, 1865. In-8 de 15 pp.

Extrait de la Revue de Normandie, juillet 1865.

M. Gosselin a réuni dans ce travail quelques renseignements sur les fonctions d'avocat du Roi aux siéges de l'Amirauté, fonctions que Corneille eut à exercer en même temps que celles d'avocat général à la Table de marbre de Rouen.

1212. Un Épisode de la jeunesse de Pierre Corneille, par E. Gosselin, greffier-archiviste à la Cour impériale de Rouen. Rouen, Imprimerie de E. Cagniard, 1865. In-8 de 12 pp.

Extrait de la Revue de Normandie, t. VIIe, 1867, pp. 478-487.

M. Gosselin s'est proposé d'établir dans cet article que la véritable Mélite était une demoiselle Catherine Hue, qui devint depuis Mme du Pont. Il admet l'authenticité de l'anecdote racontée par Fontenelle, mais avec cette différence fondamentale que Corneille, loin de supplanter un ami, aurait été supplanté par un rival.

1213. La Maison de campagne du grand Corneille au Petit-Couronne achetée et classée comme monument historique, par M. l'abbé A. Tougard.

Extrait de la Revue de Normandie, t. VIIIe, 1868. pp. 506-511.

La maison du Petit-Couronne, sur laquelle M. Gosselin avait le premier attiré l'attention (voy. le no [1231]), fut acquise au prix de 12,000 fr. par le département de la Seine-Inférieure (délibération du conseil général du 28 août 1868). Cette maison avait été vendue, le 27 décembre 1686, par le fils du poëte, Pierre Corneille, «escuyer, sieur de Danville, capitaine de cavalerie, demeurant à Paris, rue Neuve-des-Petits-Champs, paroisse Saint-Roch, et en cette ville de Rouen, chez M. de Fontenelle, advocat en la Cour, rue Ganterie, paroisse Saint-Laurent».

1214. Corneille.—Ses relations avec la famille Pascal ET SA Maison de Petit-Couronne.

Magasin pittoresque, octobre 1869, pp. 322 sq.

Cet article, où l'auteur a mis à profit le travail de M. Gosselin (no 1231), fait partie d'une série intitulée: Promenades d'un Rouennais.

1215. Nouveaux Documents inédits sur le patrimoine de P. Corneille, publiés par M. l'abbé A. Tougard. Rouen, Imprimerie de Cagniard, 1869. Gr. in-8 de 12 pp.

Extrait de la Revue de Normandie, t. VIIIe, 1868, pp. 624-635.

Nous voyons, par les documents retrouvés par M. E. Gosselin et publiés par M. Tougard, «que les biens de la famille Corneille s'accroissent de plusieurs acquisitions importantes pendant la vie du père de notre poëte, ce qui témoigne de l'opulence qui y régnait alors; mais qu'après la mort de Corneille, le père, on ne signale plus que des ventes faites par le grand poëte, preuve évidente de la gêne où il se trouve, lui et les siens.»

1216. Un Document fameux sur Pierre Corneille.

L'Amateur d'autographes, IXe année (Paris, 1871, in-8), pp. 218 sqq.

M. P. Dumont soumet à M. Charavay et aux amateurs d'autographes la prétendue lettre de Corneille, insérée par M. Em. Gaillard dans le Précis analytique des travaux de l'Académie de Rouen (1834, p. 167). Il ne croit pas à l'authenticité de ce document et réclame des renseignements sur sa provenance aux personnes qui seraient en état d'en fournir.

1217. Aveu des biens tenus du Roi, à cause de sa châtellenie et vicomte d'Andely, par Pierre et Thomas Corneille, pour servir à la confection du nouveau terrier du domaine du Roi (13 décembre 1681).

Ce document, retrouvé par M. de Beaurepaire, a été inséré par lui dans la Revue des sociétés savantes des départements; Ve série, t. VIIIe (Paris, 1874, in-8), pp. 529-534.

«Cet acte, et les notes très-courtes et très-précises qui l'accompagnent, dit M. Marty-Laveaux, dans un préambule ajouté à cette communication, peuvent fournir un assez grand nombre de renseignements utiles. L'endroit habité par Corneille, dans les derniers temps de sa vie, s'y trouve fort exactement précisé. M. Taschereau avait constaté, à l'aide d'une procuration du mois d'août 1675, que, contrairement à l'opinion généralement reçue, Pierre Corneille était logé, à cette époque, rue de Cléry, paroisse Saint-Eustache, et qu'il n'était pas encore venu s'établir rue d'Argenteuil; j'avais montré, à l'aide d'une Liste de Messieurs de l'Académie Françoise, pour 1676, qu'il n'avait pas cessé, jusqu'au commencement de cette année, de demeurer au même endroit; mais l'acte que vient de nous communiquer M. de Beaurepaire prolonge singulièrement le séjour de Pierre Corneille dans la rue de Cléry, et nous prouve qu'il l'habitait encore à la fin de 1681, c'est-à-dire moins de trois ans avant son décès. Il nous apprend, en outre, un fait beaucoup plus intéressant, c'est qu'à Paris, rue de Cléry, comme à Rouen, rue de la Pie, conformément à une douce et touchante habitude, les deux Corneille demeuraient ensemble.»

III.—Notices sur les portraits de Corneille.

1218. Réflexions sur le tableau demandé par l'Académie A M. Court. Lu à l'Académie royale des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Rouen par M. Hellis. D.-M., en la séance du 9 mars 1831. Rouen, imprimé chez Nicétas Périaux, rue de la Vicomte, no 55, 1831. In-8 de 7 pp. plus une gravure au trait représentant le sujet du tableau, et une Indication des personnages qui occupe un f. autographié, en face de la gravure.

Extrait du Précis analytique des travaux de l'Académie, année 1831.

Le sujet du tableau demandé par l'Académie à M. Court, était Corneille accueilli au théâtre par le grand Condé, après une représentation de Cinna. Cette toile orne aujourd'hui une des salles de l'Académie de Rouen.

1219. Portrait de Corneille, par Gigoux.

Ce portrait, dont le Magasin pittoresque a donné, en 1835, une gravure sur bois assez grossière, doit être une copie du portrait de Lebrun.

1220. Découverte du portrait de P. Corneille, peint par Ch. Le Brun. Recherches historiques et critiques à ce sujet, par M. Hellis. A Rouen, chez Le Brument; à Paris, chez Hocdé, 1848. In-8 de 2 ff., 50 pp. et 1 f. blanc, plus 4 figg.

En tête de cette brochure se trouve le portrait de Corneille, d'après Lebrun, gravé sur acier par Réville; entre les pp. 4 et 5 se place un second portrait gravé au trait, d'après Paillet (1663), par Aug. Lebrun; entre les pp. 8 et 9 se trouve un troisième portrait, gravé au trait par le même, d'après Sicre (1683); enfin, entre les pp. 10 et 11 est placé un portrait de Th. Corneille, gravé au trait par Lebrun, d'après Jouvenet (1700).

IV.—Pièces relatives au monument de Corneille a Rouen.

1221. Rapport sur le monument a élever a Pierre Corneille, lu à la Société libre d'émulation de Rouen, le 15 avril 1829, par M. A. Deville. Rouen, Baudry, 1829. In-8.

1222. Proposition lue dans une séance particulière de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen, [par Duputel], Rouen, 1830. In-8.

Cette proposition est relative à la souscription ouverte pour l'érection d'une statue à Corneille.

1223. Statue de P. Corneille. Rouen, imp. de N. Périaux. In-fol. plano.

Au bas de la statue, qui occupe environ la moitié de la page, sont trois colonnes, dont la première contient la description de la statue, les deux autres des couplets.

1224. Notice sur la statue de P. Corneille, et Liste des souscripteurs qui ont concouru à l'érection de ce monument. Rouen, F. Baudry, 1834. In-8 de 90 pp. et 1 f., fig.

En tête de la Notice se trouve un portrait de Corneille, gravé d'après la statue par M. E.-H. Langlois et tiré sur papier de Chine. Le dernier feuillet ne contient que l'adresse de l'imprimeur.

Cet opuscule, dû à M. Deville, n'a été tiré qu'à six exemplaires.

1225. Inauguration de la statue de Pierre Corneille, par M. Ch. Richard.

Revue de Rouen, 1834, 2e semestre, pp. 249-266.

1226. Discours prononcé a l'occasion de l'inauguration de la statue de Pierre Corneille a Rouen, le 19 octobre 1834, par M. Lafon, des Français, ancien Professeur de l'École spéciale de déclamation au Conservatoire, membre de plusieurs Académies de Paris et Rouen; suivi du Discours sur la mort de Talma, par le même auteur. Paris, Chez Paccard, libraire, rue Neuve-de-Luxembourg, no 3; Barba, Galerie du Théâtre-Français, Palais-Royal, 1834. In-8 de 32 pp., y compris les deux titres.

Cette brochure est précédée d'un avis de l'éditeur, J.-E. Paccard, qui rappelle les fêtes célébrées à Rouen en l'honneur de Corneille.

«Parmi les discours qui ont été entendus dans cette solennité, on a surtout remarqué, avec une vive satisfaction, celui prononcé par M. Lafon, digne et éloquent interprète du Théâtre-Français. Ce discours méritait d'être conservé; pour arriver à cet heureux résultat, il fallait un éditeur. Il s'en est présenté un qui a su, dans toute l'acception du mot, faire violence a l'auteur, et obtenir de lui qu'il ne laisserait pas ensevelir dans l'oubli les énergiques et nobles pensées de cette improvisation chaleureuse, vraiment inspirée par le goût le plus épuré et par la reconnaissance de succès obtenus au théâtre.»

Il paraît qu'il n'a pas fallu faire une moindre violence à M. Lafon pour le décider à publier son discours en l'honneur de Talma.

1227. Précis historique sur la statue de Pierre Corneille, érigée à Rouen, par souscription, en 1834; par M. A. Deville. Publié par les soins de la Société libre d'émulation de Rouen. Rouen, F. Baudry, 1838. In-8 de 212 pp., figg.

Ce volume est orné de 4 gravures et de 3 planches qui contiennent diverses signatures en fac-simile.

1228. Note sur l'emplacement de la statue de Corneille, par M. Léon de Duranville.

Revue de Rouen, février 1842, p. 136.

1229. Compte rendu des hommages décernés spécialement par la ville de Rouen aux célébrités normandes, notamment en ce qui concerne Pierre Corneille, par M. A. Deville. [Rouen, In-8 de 4 pp.

Extrait de l'Annuaire normand pour 1843, pp. 619 sqq.

V.—Notices sur la famille de Corneille et sur ses descendants.

1230. Lettres de noblesse accordées au père du grand Corneille. Lecture faite à l'Académie de Rouen, par M. Floquet. [Rouen, 1837]. In-8 de 7 pp.

Extrait du Précis analytique des travaux de l'Académie de Rouen, 1837, pp. 155 sqq.

1231. Pierre Corneille (le Père), maitre des Eaux et Forêts, et sa Maison de Campagne, par E. Gosselin, greffier-archiviste. (Extrait de la Revue de la Normandie des 31 mai et 30 juin 1864.) Rouen, Imprimerie de E. Cagniard, 1864. Gr. in-8 de 4 ff. et 43 pp., figg.

Les ff. préliminaires contiennent 2 lithographies représentant la maison de campagne de Pierre Corneille au Petit-Couronne, près Rouen, et les armoiries de P. Corneille.

1232. Thomas Corneille, par P.-F. Tissot, de l'Académie française.

Les Normands illustres (Paris, Dutertre, 1845), 7e livr., gr. in-8 de 8 pp.

Presque toutes les publications qui contiennent une notice sur Pierre Corneille en contiennent une également sur son frère.

1233. Ad Petrum Cornelium in obitu Caroli filii, Carmen a Carolo de La Rue. S. I. Parisiis, 1666. In-4.

Cette pièce touchante, reproduite dans les œuvres latines du P. de La Rue (voy. les nos [216]-[221]), a été réimprimée par MM. Taschereau et Marty-Laveaux.

L'édition séparée est citée dans la Bibliothèque des Écrivains de la Compagnie de Jésus, par le R. P. de Backer, 1re édit., t. Ier, p. 659.

Le fils que le poëte perdit en 1667 était Charles Corneille, âgé de quatorze ans, et filleul, dit-on, du P. de La Rue. C'était un enfant des mieux doués.

1234. Lettre a M*** [l'abbé Trublet] sur le grand Corneille, ou sa généalogie est établie et ses héritiers sont désignés. S. l., in-12.

Cette lettre, datée du 25 août 1757, est extraite du Conservateur de novembre 1757. Elle fut publiée à l'occasion du procès de J.-F. Corneille contre les légataires de Fontenelle, par Dreux du Radier, l'avocat du sieur Corneille.

1235. Mémoire pour le Sr. Jean-François Corneille, Joachim-Alexandre et Dlle Marie Corneille sa femme, et Dlle Marie-Françoise Corneille, Ve 1o de René Maigret, 2o de Sébastien Habert, seuls et uniques héritiers de Bernard le Bouvier de Fontenelle; contre le Sr Jean-Louis de Lampriere et autres se disant légataires universels dudit feu de Fontenelle [Par Dreux du Radier, avocat]. A Paris, chez Gissey, 1758. In-4 de 32 pp.

«On a, dans ce mémoire, la généalogie de P. et Th. Corneille, leurs alliances avec M. de Fontenelle, et les prétentions du demandeur à la succession du dernier. Il ne lui fut adjugé qu'une somme de 2,600 fr. Dans la suite, on se disputa le titre de son bienfaiteur.» Barbier.

1236. Représentation de Rodogune, au profit d'un neveu du grand Corneille.

L'Année littéraire, 1760, t. IIe, pp. 198-216. Lettre datée du 20 mars.

Le bénéficiaire était Jean-François Corneille, pauvre vannier d'Évreux, petit-fils de Pierre Corneille, avocat au parlement de Rouen, et cousin du poëte. C'était le même personnage que Dreux du Radier, induit sans doute en erreur par la confusion des noms, avait présenté comme un petit-fils du grand Corneille. La recette faite par la Comédie-Française fut d'environ 6,000 livres. Une seconde représentation fut donnée au profit du même personnage le 16 février 1778.

1237. Ode et Lettres a Monsieur de Voltaire en faveur de la famille du grand Corneille; Par Monsieur Le Brun, avec la Réponse de M. de Voltaire. A Genève, Et se trouve à Paris, Chez Duchesne, rue S. Jacques, au Temple du Goût. M.DCC.LX [1760]. In-8 de 32 pp.

Cette pièce a été réimprimée à la suite de la Wasprie, ou l'Ami Wasp, revu et corrigé par Le Brun (Berne, 1761, in-12), sous le titre de l'Ombre du grand Corneille.

Le Brun, secrétaire des commandements du prince de Conti, le même qu'on appela depuis «le Pindarique», pour le distinguer de son homonyme, s'intéressa vivement à Mlle Corneille, fille de Jean-François, dont nous avons parlé à l'article précédent, et ne crut pouvoir faire plus pour elle que de la recommander à Voltaire, avec qui il avait eu des relations dans sa jeunesse. Ce fut le sujet de l'Ode qu'il lui adressa. Le succès de sa démarche fut complet. En livrant ses vers au public, Le Brun les fait précéder d'une nouvelle lettre à Voltaire:

«C'est au génie, dit-il, à protéger une race illustrée par le génie. A ce titre, je ne vois que Monsieur de Voltaire en Europe de qui un homme du nom de Corneille puisse, sans s'avilir, attendre les bienfaits; ces éloges, que vous avez tant de fois prodigués à sa mémoire, et que la patrie entière lui doit, me répondent de ce que vous ferez pour un de ses neveux. L'idée que m'inspire ce nom divin est si haute que, selon moi, il n'y a point même de rois qui ne s'honorassent beaucoup de prodiguer des secours en sa faveur. Vous seul, Monsieur, agirez en égal avec ce grand homme.»

Le Brun joint à son Ode la réponse que Voltaire lui avait adressée. Cette réponse était ainsi conçue:

«Au château de Ferney, pays de Gex,
par Genève, 5 novembre 1760.

«Je vous ferais, Monsieur, attendre ma réponse quatre mois au moins, si je prétendais la faire en aussi beaux vers que les vôtres. Il faut me borner à vous dire en prose combien j'aime votre Ode et votre proposition. Il convient assez qu'un vieux soldat du grand Corneille tâche d'être utile à la petite-fille de son général. Quand on bâtit des châteaux et des églises, et qu'on a des parents pauvres à soutenir, il ne reste guère de quoi faire ce qu'on voudrait pour une personne qui ne doit être secourue que par les plus grands du royaume.

«Je suis vieux, j'ai une nièce qui aime tous les arts et qui réussit dans quelques-uns; si la personne dont vous me parlez, et que vous connaissez sans doute, voulait accepter auprès de ma nièce l'éducation la plus honnête, elle en aurait soin comme de sa fille; je chercherais à lui servir de père. Le sien n'aurait absolument rien à dépenser pour elle. On lui payerait son voyage jusqu'à Lyon. Elle serait adressée à Lyon à Monsieur Tronchin, qui lui fournirait une voiture jusqu'à mon château, ou bien une femme irait la prendre dans mon équipage. Si cela convient, je suis à ses ordres, et j'espère avoir à vous remercier jusqu'au dernier jour de ma vie de m'avoir procuré l'honneur de faire ce que devait faire M. de Fontenelle. Une partie de l'éducation de cette demoiselle serait de nous voir jouer quelquefois les pièces de son grand-père, et nous lui ferions broder les sujets de Cinna et du Cid.

«J'ai l'honneur d'être, avec toute l'estime et tous les sentiments que je vous dois,

«Monsieur,
»Votre très-humble et très-obéissant serviteur,
Voltaire.»

Au reçu de cette lettre, Le Brun remercia Voltaire par quelques mots datés du 12 novembre 1760: «Vous goûtez ce bonheur si méconnu, si pur, de faire des heureux. Je m'attendais à votre réponse; elle n'étonnera que l'envie. J'ai couru la lire à Mademoiselle Corneille; elle en a versé des larmes de joie; elle vous appelle déjà son bienfaicteur et son père. Elle promet à vos bontés, à celles de Madame votre nièce, une éternelle reconnaissance, et je n'ai point de termes pour vous exprimer celle d'une famille que vous soulagez.»

Nous n'avons pas besoin de rappeler ici tout ce que Voltaire fit pour Mlle Corneille. Il lui constitua tout d'abord une rente de 1,500 livres, entreprit à son profit l'édition des Œuvres de Corneille (voy. le no [640]) qui ne rapporta pas moins de 52,000 livres, enfin il la maria à M. Dupuits, riche propriétaire des environs de Ferney, qui devint plus tard officier général.

1238. La Petite-Nièce d'Eschyle, histoire athénienne traduite d'un manuscrit grec, intitulé Εχ της των Επιστημονων ανεχδοτου ἱστοριας Εχλογαι: Fragments de l'histoire-anecdote des gens de lettres [par de Neuville]. S. l., 1761. In-8.

1239. Voltaire et la Société française au XVIIIe siècle. Voltaire aux Délices, par M. G. Desnoiresterres. Paris, Didier, 1873. In-8 de 513 pp.

Ce volume, qui est le t. VIe des études consacrées à Voltaire par M. Desnoiresterres, est en grande partie occupé par le récit de l'arrivée et du séjour de Mlle Corneille à Ferney.

1240. Visite de Claude-Étienne Corneille a Ferney.

Lettre de Voltaire à M. d'Argental du 9 mars 1763.

Claude-Étienne Corneille, fils de Pierre-Alexis et par conséquent arrière-petit-fils du poëte, vint implorer l'assistance de Voltaire à Ferney. Voltaire ne put faire pour lui ce qu'il avait fait pour Mme Dupuits, mais ne le congédia qu'avec de «l'argent comptant».

1241. Note sur le portrait de Marie-Angélique Corneille, meunière à Tilly, près de Vernon. Journal de Paris, 1787, p. 868.

Journal de Paris, 1787, p. 868.

M. Taschereau croit que cette meunière descendait d'un des cousins du poëte.

1242. Mémoire de Malesherbes sur la descendance de Corneille.

Revue rétrospective, 2e série, t. VIIIe, pp. 113 sqq.

Ce mémoire, rédigé en faveur de Mlle Jeanne-Marie Corneille, fille de Claude-Étienne Corneille, est accompagné d'une lettre d'envoi datée du 8 septembre 1792. M. Taschereau l'a fait suivre d'une correspondance de Collin d'Harleville avec la Comédie-Française et le Directoire, relativement à la même personne. La protégée de Malesherbes obtint une petite pension de Louis XVI et plus tard une autre de la Comédie-Française.

1243. La Citoyenne Corneille d'Angély, arrière-petite-fille du grand Corneille.

Article de Legouvé, inséré dans les Veillées des Muses, ou Recueil périodique des ouvrages en vers et en prose lus dans les séances du Lycée des Étrangers, an VI [1798], no X, vendémiaire, pp. 68-79.

En révélant au public l'existence de cette femme qui «languit dans la misère», Legouvé a reproduit l'ode adressée par Le Brun à Voltaire au sujet de Mlle Corneille.

Mme Corneille d'Angély était une fille de Mme Dupuits, mariée en 1786 au baron d'Angély. Déjà, sur la proposition de M.-J. Chénier, la Convention lui avait accordé, le 14 nivôse an III, un secours de 3,000 livres. En 1811, elle obtint une pension de 300 fr.

1244. Droits d'auteur cédés par Andrieux aux héritières de Corneille.

Courrier des Spectacles, 23 avril 1803.

Andrieux céda la moitié de ses droits d'auteur, tant à Paris que dans les départements, pour son remaniement de la Suite du Menteur (voy. le no [820]), à deux personnes de la famille du grand Corneille: l'une, Marie Corneille, devenue Mme Dupuits, la même que Voltaire avait mariée en 1763 avec le produit de son Commentaire; l'autre, Mlle Jeanne-Marie Corneille, fille de Pierre-Alexis et descendante directe de l'illustre poëte.

1245. Lettre de Mlle Corneille a M. A. de S. P.

M. A. de S. P. avait proposé, dans une lettre publiée par le Courrier des Spectacles du 17 octobre 1805, l'institution d'une fête annuelle en faveur de Corneille. «Le poste, disait-il, compte encore en France des héritiers de son nom. Avec quel plaisir on les y verrait réunis, tenant dans leurs mains les couronnes destinées à orner le front de leur illustre aïeul. Cette fête serait encore celle des poëtes de notre siècle qui se sont illustrés dans l'art dramatique, et dont les ouvrages soutiennent honorablement la gloire de la scène française.»

MlleCorneille répondit à l'auteur du projet par la lettre suivante:

«Je ne saurais vous dire, Monsieur, avec quels sentiments d'attendrissement j'ai lu l'article de votre journal, où l'on propose l'institution d'une fête annuelle à la mémoire du grand Corneille, mon bisaïeul. Cette pensée ne saurait avoir été conçue que par une âme élevée et généreuse. Et qui peut mieux mériter le souvenir de toutes les personnes sensibles à la gloire des arts, que l'illustre auteur de Cinna? Dira-t-on qu'il s'est enrichi du produit de ses ouvrages? Non. Tout entier à la gloire, il a négligé les faveurs de la fortune. L'état où il est mort était voisin de l'indigence: un grand nom est tout ce qui reste à ses descendants. Ses véritables héritiers sont les nations qui lisent ses chefs-d'œuvre et les acteurs qui les représentent. Oui, Monsieur, j'espère que la proposition faite dans votre journal ne sera pas perdue pour le Théâtre-Français, et que nous verrons célébrer à Paris une fête digne du père de la tragédie française. Vous avez la bonté, Monsieur, de rappeler au souvenir public la famille de ce grand poëte, et de former le vœu de la voir assister à la fête que vous proposez. De quelle douce satisfaction ne seraient pas pénétrés les deux tendres neveux dont l'éducation occupe toutes mes pensées et tous mes soins! Quelle noble émulation n'allumerait pas dans leur jeune cœur la pompe d'un pareil spectacle! Pour moi, je ne saurais trop remercier celui qui en a donné l'idée; et si ma lettre ne vous paraît pas trop au-dessous de son sujet, daignez l'insérer dans votre journal, afin qu'il sache que ma reconnaissance égale la grandeur de son projet.

«J'ai l'honneur d'être, etc.

«Corneille.»

(Courrier des Spectacles, 21 octobre 1805.)

L'auteur de cette lettre eut à s'occuper, non pas seulement de deux, mais de douze neveux restés orphelins. Elle obtint des bourses pour les fils dans les lycées de l'état et parvint à nourrir les filles. L'opéra donna, en 1816, une représentation en sa faveur.

1246. Note sur les descendants de Corneille, par M. le baron de Stassart. Bruxelles, Hayez, 1851. In-8.

Extrait des Bulletins de l'Académie royale de Belgique (t. XVIIIe). Cette note a été reproduite dans les Œuvres complètes de Corneille; Paris, Didot, 1855, gr. in-8, pp. 350 sqq.

XVIII.—DISCOURS, ÉLOGES, CRITIQUES, PARALLÈLES RELATIFS A CORNEILLE.