Nº III.—LE ROI D'ANGLETERRE ET SON FILLEUL.
I, p. 48.—Aux contes orientaux qui présentent le passage où le héros nourrit divers animaux mourant de faim, il faut ajouter un conte arabe des Mille et une Nuits, cité dans notre second volume, p. 243, et aussi un conte kabyle.
Dans ce dernier conte (A. Hanoteau, p. 282), qui, comme les autres contes kabyles, est venu évidemment de l'Inde par l'intermédiaire des Arabes, un prince veut aller conquérir la main de la fille du roi des chrétiens. Il part avec un esclave, cent chameaux et des bœufs. Arrivé dans un pays désert, il rencontre des oiseaux qui n'ont pas à manger; il tue des bœufs et leur en distribue la chair. Quand les oiseaux sont rassasiés, ils disent au prince de leur demander ce qu'il voudra. «Je désire que vous me donniez un peu de vos plumes.—Cela est facile. Quand tu auras besoin de nous, tu les feras brûler dans le feu.» Même aventure arrive au prince avec des sangliers, qui lui donnent de leurs soies; avec des fourmis, qui lui donnent quelque chose de leurs petites pattes, et enfin avec des abeilles, qui lui donnent quelque chose de leurs petites ailes. Plus tard, quand le roi, père de la princesse, impose au jeune homme plusieurs épreuves, les animaux reconnaissants viennent en aide à leur bienfaiteur. Ainsi, les sangliers labourent pour lui tout un champ dans l'espace d'une nuit; les fourmis trient un mélange d'orge et d'autres graines; les abeilles lui indiquent où est la princesse, qu'il faut reconnaître parmi les femmes de ses quatre-vingt-dix-neuf frères.