Famille Tudor
HENRI VII
(1485-1509)
D'aucuns font le maison présente
Remonter à... Confucius.
Moi, je trouvé plus évidente
Qu'il commence à... Tu dors, Brutus!
(Vite, que la lecteur oublie
Cet exécrable calembour!
Autrement, ce petit folie
Pourrait marquer ma dernier jour.)
Well, then! la premier de ce race
Qui monta sur la trône anglais
Il ne fut pas oun gars bonasse,
Mais oun prince des plus discrets.
Descendant d'Edouard la Troisième
Par le branche Lancastrien,
Son bon droit à la diadème
N'était pas reconnu très bien.
Richard, dans sa courroux amère,
Disait que sa compétiteur
Etait «bâtard de père et mère,
Bien que ce fût sa seul malheur.»
Bah! quand on veut manger du trône
Et que son droit il est petit,
Oun tel raison n'est pas si bonne
Qu'il doive couper l'appétit.
Notre homme à Richard fit le guerre,
Le tua de son propre main[ [28],
Puis bientôt sur son front altière
Brilla la signe souverain.
Du monde alors les grandes causes
On approfondissait, oui-da!
Et sous cet règne, entr'autres choses,
Fut découvert la Canada.
On dit qu'Henri Sept fut avare
Et qu'il amassa de l'argent
Assez pour remplir oune mare
Ou fréter oun gros bâtiment.
Hum!... En cet temps-là, je présume,
De même qu'aujourd'hui chez nous,
Du métal oun gros apostume
Devait rencontrer tous les goûts;
Et l'on peut bien se faire imaige
Que la prince dont nous parlons
Dut avoir, pour lui rendre hommaige,
Nombre d'amis dans ses salons.
Bien!... Disons qu'il fut oun monarque
Prodigue... et beaucoup complaisant
Et que sous lui l'anglaise barque
Il marcha beaucoup en avant!
[28] Voir note à l'appendice.
HENRI VIII
(1509-1547)
Cet gros-là, c'est Henri Huitième,
Prince savant, rempli de soin,
Ami fidèle et charmant même
Pourvu qu'on s'en tînt... assez loin.
To begin with, il fit le guerre
A Louis Douze des Français
Pour je ne sais trop quelle affaire;
Mais bientôt il conclut le paix
En donnant à la vieil monarque
Son sœur Marie en conjungo,
Ce qui tioujours il fut la marque
D'oun cœur valant oun vrai lingot.
Ajoutons que cette Marie[ [29]
Au bout d'oun an il était veuf,
Et, par nouvelle épouserie,
—Ce qui partout n'est rien de neuf,—
Il devint, comme à l'ordinaire
Et dans la délai consacré,
Mère de celle qui fut mère
De la pauvrette Jeanne Grey.
Bien! De cet-lui-ci tout à l'heure
On verra l'histoire attristant.
Ne croyez pas qu'en son demeure
Alors Henri resta content.
En cet temps-là dessus le terre
Régnaient trois rois grands à l'excès:
C'était Henri dans l'Angleterre,
François Premier chez les Français,
Et puis l'empereur d'Allemaigne,
Charles-Quint de sa petit nom,
Qui pouvait en faisant campaigne
Passer son vie, oh! tout du long;
Tous trois de vaste intelligence,
Se jurant oun accord bien doux
Et, par mesure de proudence[ [30],
S'épiant toujiours en-dessous...
Mais passons! Car vouloir tout dire
Sur cet triplet intéressant
Exigerait oun travail pire
Que pour en calomnier cent.
En poursuivant d'Henri l'histoire,
De ses femmes il faut parler,
Et c'est oun soujet, veuillez croire,
Difficile à rafistoler.
D'abord, Henri pour son compaigne
Eut Catherine d'Aragon,
Tante de Charles d'Allemaigne,
Et de vertus vrai parangon.
Pour je ne sais trop quel caprice
Qu'ont parfois, dit-on, les grands rois,
Après quinze ans de cet cilice
Il voulut faire oun nouvel choix;
Mais Clément Sept, pape très saige
Et sur ces points beaucoup savant,
Voulut que d'Henri la menaige
Restât même qu'auparavant.
Certes, ce n'était que justice
Et prudence tout à la fois;
Car je crois que le moindre indice
De céder au monarque anglois
Eût attiré sur la Saint-Père
De Charles-Quint tout la courroux,
Cet dernier ne se gênant guère
De la faire éclater sur tous,
N'ayant pas même eu d'hésitance,
Six ans avant, comme l'on sait,
De tenir longtemps en souffrance
La même pape Clément Sept[ [31].
De parler sur oun ton de maître
Henri Huit très accoutumé,
Il ne voulut pas se soumettre,
Si tant il était allumé;
Et c'est au cours de ce chicane
Que cet épouseur enraigé
A fonder l'Eglise anglicane
Bientôt on vit tout engaigé.
De la dame Anne de Boleyne
Henri devint la tendre époux...
Tendre!... il faut ici prendre haleine,
Cet mot je la dis entre nous;
Car tout se passa de telle sorte
Qu'après trois ans de renouveau
Pauvre Boleyne elle était morte,
Morte par la main de la bourreau.
Sans doute pour noyer son peine,
Henri prit alors la Seymour,
Car il n'avait point tant de haine
Qu'au fond il n'avait de l'amour.
Seymour étant mort de mort douce,
Sans la bourreau ni ses atours,
Notre homme en eut telle secousse
Que, craignant beaucoup pour ses jours,
Il choisit comme quatrième
Anne Cleves, femme allemand
Qu'il trouva, néanmoins, trop blême
Pour répondre à sa sentiment.
Alors, ramassant sa couraige,
Il prit Kate Howard aussitôt,
Qui le laissa dans la veuvaige,
Etant morte sur oun billot.
Enfin, pour montrer quel patience
Il était dans sa cœur de roi,
A Kate Parr, dans son clémence,
Il permit de lui jurer foi.
C'est tout... Sur cet aimant monarque
La ciel enfin reprit ses droits;
Trente-huit ans l'anglaise barque
Avait navigué sous ses lois.
De son femme ainsi que des grues
Il n'avait eu que trois enfants:
D'abord deux filles très bourrues,
Puis oun fils des plus innocents.
[29] Voir note à l'appendice.
[30] Voir note à l'appendice.
[31] Voir note à l'appendice.
EDOUARD VI
(1547-1553)
C'est la fils qu'Henri la Huitième
Il avait eu de la Seymour
Et qui de porter diadème
A dix ans vit venir son tour.
Il était oun faible jeune homme,
Malade, et, sans être oun nigaud,
Pour bien gouverner oun royaume
Possédant très peu la jingo.
Il fut d'abord sous le tutelle
De la frère de son maman,
Qui fut renversé de l'échelle
Par Dudley, oun autre manant.
Cet-lui-ci, dès lors, prit son place
Auprès du pauvre souffreteux
Dont il gagna le bonne grâce
En le cajolant de son mieux;
Si tant que la prince mourante
Fit testament en faveur... Bien!
De Jeanne Grey, oun descendante
Du famille lancastrien,
Oubliant son propre lignée
Très fâchée de cet curieux choix
Et puis pas du tout résignée
A perdre ainsi ses royaux droits.
Enfin s'éteignit cet monarque
A peine à l'âge de quinze ans;
Oh! mais, sous lui... l'anglaise barque
Il avait bravé bien des vents.
JEANNE GREY
(1553-....)
Nous avons, dans oun autre paige,
Vu d'où venait ce Jeanne Grey,
Fille d'oun beaucoup haut lignaige
Puisqu'il descendait de Mary,
Sœur du fameux Henri Huitième
Et femme, pour oun court moment,
Du roi français Louis Douzième.
Well! Well! Poursuivons maintenant!
Jeanne était mignon et gentille,
A peine âgée de dix-sept ans,
Et, quoique de royal famille,
Fuyait la trône tout le temps.
Mais tant fit Dudley, son beau-père,
Avec Guilford, son jeune époux[ [32],
Qu'elle consentit, pour leur plaire,
A régner. C'était, entre nous,
De la part des deux imbéciles,
Faire faire à cet jeune enfant
Oun pas non des moins difficiles
Et sûr d'avoir mauvais tournant.
Pauvre Jeanne! Bien éphémère
Fut sa règne. Sans hésiter
Mary Tudor, affreux mégère,
La fit vite décapiter.
[32] Voir note à l'appendice.
MARY TUDOR LA SANGLANTE
(1553-1558)
Mary Tudor était le fille
D'Henri Huit par le premier lit.
Elle était laide en vrai gorille,
Avec oun teint de pissenlit.
De son père la fanatisme
Barbare, étroit, hautain et fol,
Joint au dangereux royalisme
De la parentaige espagnol,
Fut, je crois, le pur héritaige
Du virago Mary Tudor,
Si tant il avait l'apanaige
De tout ce qui fait la butor.
Oun jour, Philippe Deux d'Espaigne[ [33]
Il vint pour réclamer son main.
Il l'obtint, mais sans son compaigne
Voulut partir le lendemain.
En apercevant cet visaige
L'hidalgo, surpris, s'était dit:
—Caramba! vite la veuvaige,
Autrement je suis déconfit.—
Et, depuis lors, le pauvre reine
Dut viver loin de son époux,
Et, pour mieux consoler son peine,
Fit éclater oun grand courroux.
D'abord, elle voulut le tête
De la pauvrette Jeanne Grey,
Et puis, pour compléter le fête,
Celle du jeune époux Dudley.
Northumberland perdit le sienne,
Ainsi que le fameux Cranmer[ [34];
Suffolk subit le même peine
Avec l'évêque Latimer.
Puis partout se multiplièrent
Les échafauds et les bûchers,
Et les flots de sang qui coulèrent
Auraient attendri les rochers.
Enfin.... elle mourut—ô chance!—
Sans avoir eu le moindre enfant,
Et c'est là que le Providence
Pour l'humanité fut clément.
[33] Voir note à l'appendice.
[34] Voir note à l'appendice.
ELISABETH[ [35]
(1558-1603)
Lisbeth il fut oun très beau reine
Avec oun grande nez pointu.
Son mère était Anne Boleyne
Qui lui légua tout son vertu.
Bien! à propos du damoiselle,
On eut d'abord difficulté
Pour établir oun peu sur elle
La point de légitimité;
Car des femmes en mariaige,
C'est comme du sel sur oun rôt:
Point n'en faut faire oun gaspillaige,
Mais éviter d'en mettre trop.
Or, chose non controversée,
Henri Huit pensait autrement
Et toujiours plus qu'à la pincée
Il usa de la condiment.
Si tant que de Lisbeth la titre
Il fut presque aussi débattu
Et mis sur transparente vitre
Que, plus tard, le fut son vertu.
N'importe! Il monta sur la trône,
Et je vous dirai certement
Que jamais femme, homme ou personne
Ne fut reine plus joliment.
C'été pendant sa règne illustre
Que la peuple anglais, jour et nuit,
Commença de prendre la lustre
Dont il reluit tant aujourd'hui;
C'est dans cet règne que Shakspeare
Il écrivit si trèsment bien
Que pas oun autre n'a fait pire
De si longtemps qu'il n'écrit rien.
Mais parlons de Lisbeth lui-même,
De qualités si bien nourri
Que c'est oun curiouse problême
De voir qu'il n'eut point de mari.
Oh! oh! si d'oun chef de ménaige
Il n'eut pour se faire oun portrait
Que le seul pitoyable imaige
D'Henri, son père, on comprendrait;
Car, vraiment, la cœur la plus tendre
Devient vite ratatiné
Lorsque tout il lui fait entendre
Qu'il est au billot destiné.
Et n'allez pas vous faire idée
Que Lisbeth manqua d'aspirants!
Elle en fut même incommodée,
Et parfois de très écœurants.
Nommons: Philippe, sa beau-frère,
Féroce espagnol carcajou,
Et cet gringalet légendaire
Qui s'appelait la duc d'Anjou.
Mais, si grand que fut la beau moine
Qui cherchait à la contourner,
Chacun dut manger son avoine
Et bredouille s'en retourner.
Et voilà! Des amis fidèles,
En eut-elle? Why! certainly,
Et pas des petits citronnelles;
Songez donc: Essex et Dudley,
Les deux boys les plus maggnifiques
Et plus adroitement docteurs
Possédant toutes empiriques
Pour soigner les grands maux de cœurs!
Ce reine était d'humeur changeante,
—C'est connu,—bonne à certain jour,
Puis tout à coup si tant méchante
Qu'on n'en pouvait faire le tour
Ni même y venir assez proche
Sans risquer d'accomplir oun saut
Qui vous jetait comme oun vrai poche
Tout en travers sur oun billot.
Et souvent après que son ordre
Il fut suivi jusqu'à la fin,
Lisbeth tombait tout en désordre
Si tant qu'il avait du chagrin.
Oh! l'on vit fort bien cet prodige,
Curieuse et beaucoup triste aussi,
Lorsqu'Essex, perdant sa prestige,
Sur la billot fut raccourci;
Car, sitôt que la coup fut faite,
—Ou, plutôt, qu'elle fut coupé,—
Le reine, au fond de son retraite,
A pleurer fut très occupé,
Faisant oun si grande vacarme
Avec si brûlante soupir
Qu'on pensa de sonner l'alarme
A tous les pompiers pour venir.
Et puis, le façon très indigne
Dont il traita Mary Stuart
Fait qu'aujourd'hui chacun trépigne
A cet infamous traquenard.
Non pas que le reine d'Ecosse
Il fut l'ange que quelqu'un dit;
Non, je crois que cet-ci fut rosse
Oun peu trop fort pour sa crédit.
Par exemple, sa ton hautaine...
Sa manque de discrétion...
Rizzio... hum!... Puis son grand haine
Pour Darnley... oh!... Bothwell, hon! hon!...
Ses menaces à le sourdine...
Mais ce n'était pas suffisant
Pour que Lisbeth à son cousine
Fît subir pareil traitement.
Aussi, dedans cette occurrence
Lisbeth perdit de sa grand nom
Et de sa plus noble héritance,
Si tant qu'il fut là polisson.
Et puis la monde avec tristesse
Se dit, devant tels faits flagrants:
Trop souvent que de petitesse
Ne trouve-t-on pas chez les grands!...
Oh! mais Lisbeth fut oun monarque,
Malgré tout, très fort et savant,
Et sous son œil l'anglaise barque
Il en fit, des bonds en avant!
[35] Voir note à l'appendice.