Plantagenets

HENRI II
(1154-1189)

C'été la fils de ce princesse

Mathilde, dont on a conté

Qu'Etienne avait avec prestesse

Accaparé le royauté,

Et la fruit de sa mariaige

Avec Geoffroy Plantagenet,

Non pas oun petit personnaige,

Mais duc d'Anjou, pour parler net.

Henri vivait avec son père

En ressentant oun grand ennui

De voir sa troue d'Angleterre

Tenu si longtemps loin de lui;

Et toujiours refoulant ses larmes

Tant qu'il pouvait dans sa gosier,

De le grand science des armes

Il fit l'apprentissaige entier.

Si tant qu'à cet jeu dangereuse

Il se faisait fort remarquer

Déjà comme oun lutteur fameuse,

Lorsqu'Etienne vint à claquer.

Enfin, Henri prit le couronne

Dont si jeune il était sevré

Et le trouva beaucoup très bonne

Après qu'il s'en vit assuré.

D'Eléonore de Guyenne,

Que Louis Sept, étique époux,

Venait d'abandonner sans peine[ [12],

Il s'était mis à les genoux;

Si tant qu'avec son héritance

Il posséda, tout à le fois,

Presque le moitié de le France

Et sa propre pays anglois.

Il fit très beaucoup des conquêtes,

Avec ses voisins se battit

Et gagna victoires complètes

Autant qu'il en eut appétit.

Mais, tout en paraissant gentille,

Sa règne il fut bien attristé

Par des querelles de famille

A propos d'oun fils révolté.

Cet fils—nommons-la tout de suite,—

Etait Richard Cœur de Lion.

Nons faut-il blâmer son conduite?...

Tout la monde est d'avis que non.

C'est encor Henri la Deuxième

Qui de Becket versa la sang

Ou fit verser, à l'autel même,

Par quatre officiers de haut rang,

Crime qui tant fâcha l'Eglise

Que, pour rentrer dans sa giron,

Il se fit fouetter en chemise

Par plusieurs moines formant rond.

Puis, de la pauvre Rosamonde

La tant pathétique récit[ [13]

Qu'il fait encor pleurer la monde....

Enfin, tout dans cet règne-ci,

Jusqu'à le mort du grand monarque,

Il est vraiment très émouvant,

Bien que toujiours... l'anglaise barque

Il fît bonne route en avant.

[12] Voir note à l'appendice.

[13] Voir note à l'appendice.

RICHARD I, C[OE]UR DE LION.
(1189-1199)

En se révoltant de le sorte

Richard fit mal, cela s'entend.

Mais, pour moi, la diable m'emporte

Si je n'en aurais fait autant[ [14].

D'ailleurs, l'affaire est triste et noire,

Dénotant des esprits pervers,

Et les détails de ce histoire

Ne pouvé pas s'écrire en vers.

Quand la bonhomme il fut éteinte,

Pauvre Richard il devint roi;

Puis il s'en fut en Terre-Sainte

Pour oun peu ranimer son foi.

Là-bas il se couvrit de gloire,

Tua des Turcs autant qu'il put,

Courut de victoire en victoire

Et jamais ne manqua son but.

Peut-être encourt-il le censure

Pour avoir eu des goûts trop vifs,

Comme lorsqu'il fit, on assure,

Egorger cinq mille captifs.

Mais pendant que les Infidèles

Sous le pesanteur de son bras

Voyaient des milliers de chandelles

Et s'effondraient par grandes tas[ [15],

Richard il reçut d'Angleterre

Oun avis que sa frère Jean

—Cet-là qui s'appelait Sans Terre—

Il s'était fait nommer régent.

Richard, la cœur plein d'amertume,

Vers chez lui partit vitement,

Désirant, selon son coutume,

Y sortir sa ressentiment.

Mais, passant à travers l'Autriche

Pour dans sa pays revenir,

La duc, par oun procédé chiche[ [16],

En prison le fit retenir.

Bien! oun garçon de cet calibre

Ne se retienné pas longtemps;

Si tant que bientôt il fut libre

Et prit son vol à travers champs.

On dit que Blondel, la trouvère,

Lequel suivait Cœur de Lion,

En lui chantant d'oune voix claire

Favorisa l'évasion.

Bref, ayant repris son couronne,

Encore il régna quelques ans,

Jamais ne pliant à personne

Et ferraillant de temps en temps[ [17].

Car c'était oun fier batailleuse

Que cet Richard Cœur de Lion.

Il avait oun bras merveilleuse

Qui tapait comme oun vrai pilon;

Et quand du bout de son épée

Il touchait Turc ou Moricaud,

Cet dernière était tant coupée

Qu'on n'en trouvait plus oun morceau.

Oh!... c'était oun pouissant monarque,

Très douce et tioujours complaisant,

Et, sous son œil, l'anglaise barque

Il... dépassait presque le vent.

[14] Voir note à l'appendice.

[15] Voir note à l'appendice.

[16] Voir note à l'appendice.

[17] Voir note à l'appendice.

JEAN SANS-TERRE
(1199-1216)

A le mort de Richard, son frère,

Jean, qui l'avait déjà tenté,

Put mettre sur son tête altière

Le couronne tant convoité.

C'était oun prince très hautaine,

Menteur et beaucoup querelleur,

Et dont le vie il fut très pleine

De ce qui n'est pas la meilleur.

On dit qu'il fut assez barbare

Pour tuer sa frère Geoffroi;

Mais, bah! oun tel fait n'est ni rare

Ni condamnable chez oun roi.

Enfin, lui-même il eut son heure

Pour descendre dans la tombeau,

Et... c'été le place meilleur

Pour bien garder oun tel crapaud[ [18].

[18] Voir note à l'appendice.

HENRI III
(1216-1272)

Henri Trois, fils de Jean Sans Terre,

A peine à l'âge de neuf ans

Il était roi de Angleterre

Et des pays environnants.

Il eut maints démêlés en France,

Comme en avaient eu ses aïeux;

Mais il paraît que son vaillance

Il ne fut pas beaucoup chanceux.

Louis Neuf, la pieux monarque,

Au moment d'en venir aux mains,

Lui dit un jour:—Petiot, rembarque

Ou je te fais casser les reins.—

Devant cet langaige énergique

L'anglais monarque eut si tant peur

Qu'on dit qu'il... avala son chique

Pour se remettre oun peu la cœur.

Est-ce cela qui, par le suite,

Lui fit tout croire et tout oser?

Je ne le sais; mais son conduite

Nous amène à le supposer.

Il fit le guerre à droite, à gauche,

Et tant de coups voulut porter

Que c'était comme le débauche

D'oun gars qui ne peut s'arrêter.

Saint Louis le battit à Saintes

Et puis encore à Taillebourg;

Si tant que d'entendre ses plaintes

La ciel il dut devenir sourd.

All right! Plus tard il devint saige[ [19],

Et c'est oun grand plaisir de voir

Qu'il n'est pas morte de la raige

Après tant d'efforts pour l'avoir.

[19] Voir note à l'appendice.

EDOUARD I
(1272-1307)

Dedans le grand famille anglaise

Il est tant d'éléments divers

Que, pour étudier son genèse,

Parfois on est tout à l'envers.

Ainsi l'on voit en autre paige

Trois Edouard tour à tour passer.

Bien! il faut la numérotaige

Des Edouard tout recommencer.

Cet-lui-là qu'ici je présente

Il était de race normand;

Mais le famille précédente

Il était saxon... seulement,

Vous avez compris, je l'espère,

Sans que je fasse plus de frais;

Sinon... c'été mieux de me taire,

Car vous ne comprendrez jamais.

Bien! cet nouvel Edouard Première

Il était la fils d'Henri Trois,

Et d'abord pour aider son père

Il se battit plus d'oune fois.

Ensouite, ayant pris le couronne,

Il régna des plus saigement

Et fut pour sa peuple oun garçonne

Dont on peut faire compliment.

Il battit Wallace en Ecosse

Et s'en fit rosser à son tour,

Puis lui fit prendre oun nouveau dose

Et le mena droit à la Tour[ [20].

Il conquit la pays de Galles,

Et c'été depuis cet jour-là

Que tous les héritiers royales

«Princes de Galle» on appela.

Edouard fit quelques injustices

Et fut parfois fourbe et menteur;

Mais ce sont là petits caprices

Dont maints grands se font oun honneur.

[20] Voir note à l'appendice.

EDOUARD II
(1307-1327)

C'est la fils de la précédente

Et je n'en dirai pas très long;

Car il eut oun vie écœurante,

Si tant qu'il était polisson.

Contre l'Ecosse faisant guerre,

Il faillit y perdre ses os;

Robert Bruce le mit à terre,

Comme on dit, en criant: Ciseaux!

Puis, retournant à les orgies

Pour quoi pauvre Edouard semblait né,

C'est dans la cours de ses folies

Qu'il fut oun jour assassiné,

De quel sauvaige, affreux manière,

Certes, je ne vous dirai pas...

Oh! non, ni pour or ni prière

Je n'oserais... Quel triste cas!

Non, je ne puis... Bien, c'est oun tige

De fer qu'on fit rougir à blanc...

Jamais je ne saurais, vous dis-je...

On le tenait solidement,

Et deux bandits... Fait désolante!...

Nommés Mautravers et Gournay

Lui poussèrent la fer brûlante...

Well!... Well!... ailleurs que dans la nez.

Ajoutons pour finir la thème,

Le fait, non des moins singuliers,

Qu'oun frère de la roi lui-même

Etait la chef des meurtriers.

EDOUARD III
(1327-1377)

C'été la fils de cet dernière.

A peine était-il couronné

Que les meurtriers de son père

Il chercha, comme oun fils bien né.

Mais, fait bien triste et lamentable,

De cet crime qu'il pleurait tant

Son propre mère était coupable

Avec Mortimer, son amant.

Il fit du haut d'oune potence

A cet dernier faire la saut,

Et se contenta, par clémence,

De mettre son mère au cachot.

Dans oun cachot mettre son mère,

Direz-vous, c'est agir en chien.

Just so; mais.... point de commentaire:

Ce qu'oun roi fait est toujiours bien.

Edouard prit le terre écossaise

Que son père il avait perdu;

Puis, dans la royaume française

Etant ensouite descendu

Pour en disputer le couronne

Au roi Philippe de Valois,

Il faisé, lui-même en personne,

Courber Calais dessous ses lois,

Remportant le fameux victoire

Sur cet prince, auprès de Crécy.

Oun peu plus tard, la prince Noire,

Son fils, très fort guerrier aussi,

Gagna ce que depuis l'on nomme

Le grand bataille de Poitiers,

Où la roi Jean, pauvre bonhomme,

Fut au nombre des prisonniers.

Pourtant, Charles Cinq dit le Saige,

Successeur de cet même Jean,

Il fit baisser la caquetaige

Du britannique conquérant.

Depuis, cet dernier fut tranquille

Et vécut pour beaucoup des ans,

Sachant faire oun travail utile

Chaque fois qu'il en était temps;

Protégeant lettres et finance,

Industrie, Ecole d'Oxford[ [21];

Bâtissant la palais immense

Qui s'appelle Château-Windsor,

Et créant l'Ordre mirifique

De la Jarretière, par quoi

Cet-lui sur laquel il s'applique

Devient presque égal à la roi.

Enfin, il fut... oun grand monarque,

Bon père et fils affectueux,

Et sous son œil l'anglaise barque

Il naviguait toujiours très mieux.

[21] Voir note à l'appendice.

RICHARD II
(1377-1399)

Petit-fils du roi précédente

Et fils du fameux Prince Noir,

Cet Richard n'était pas méchante,

Mais ni très bon, comme on va voir.

Il se plaisait dans le mollesse,

Ne songeant qu'à se bien nourrir,

Et laissait tout dans le détresse

Pour se livrer à la plaisir.

Avec cela faible à l'extrême,

Confiant tout à sa cousin

Qui, très fier, gouvernait lui-même

En méditant oun coup vilain.

Oun jour, cet-lui-ci le fit prendre

Et dans oun prison confiner,

Où bientôt l'âme il lui fit rendre

Pour pouvoir à son tour régner.

Afin de comprenner le suite

De l'histoire des rois anglais,

Il faut sur la prince susdite

Donner certains détails complets;

Et c'été le meilleur des choses

Qu'on pouvé faire pour, plus tard,

Dessus le Guerre des Deux Roses

Oun peu dissiper la brouillard.

Lorsque Richard prit le couronne,

Ayant à peine onze ans sonnés,

On mit auprès de son personne

Ses trois oncles, gens raisonnés

Et pleins de bonne expérience,

Pour former comme oun magister

Ou, si l'on préfère, oun régence:

C'était York, Lancastre et Gloster.

Well! Well! Maintenant si j'encastre

Dans ma récit que la cousin

Ci-haut était fils de Lancastre...

Vous n'avez plus besoin de rien.

HENRI IV[ [22]
(1399-1413)

C'est cet cousin dont tout à l'heure

On a vu la premier exploit.

Comme il disait: c'était son heure

De régner; donc, c'était son droit.

Quand oun gars a mis dans son tête

Qu'il a cet curieuse attribut,

Justice, honneur, rien ne l'arrête,

Il faut qu'il atteigne son but;

Et le chose est encor plus triste

Quand on voit certains grandes gens

Suivre l'ambitieux à la piste

Pour appuyer ses errements.

C'est bien là ce qui de Lancastre

Fit le fortune de hasard,

En précipitant la désastre

De cet imbécile Richard.

En tout cas, mossieu Henri Quatre

Il ne fut pas des plus fameux.

Tour à tour brutal et folâtre,

Fourbe, cruel et vaniteux,

Il fit si tant des injustices

Et mécontenta tant de gens,

Que tous, lassés de ses caprices,

Le haïssaient sur tous les sens.

Enfin, qu'il était oun roi piètre

Tout la monde semble d'accord

Et... se fait plaisir de connaître

Qu'il est depuis longtemps bien mort.

[22] Voir note à l'appendice.

HENRI V
(1413-1422)

Pour être la fils d'oun tel sire

Que cet-lui-là nommé plus haut,

Henri Cinq ne fut pas trop pire

Et vécut assez comme il faut.

Cependant il ne faut pas croire

Qu'il était oun ange du ciel.

Oh! non; les paiges de l'Histoire

Ne nous apprené rien de tel.

En France il continua le guerre

Que son père avait entrepris[ [23],

Et se donna grande misère

Pour garder ce qu'il avait pris.

A porter le français couronne

Alors on avait appelé

Charles Six, étrange personne

Dont le tête il était fêlé.

Son femme, Isabeau de Bavière

Par oune infâme trahison[ [24]

Elle livra le France entière

A la monarque anglo-saxon.

Well! Well! nous verrons dans le suite

Ce qu'il advint de tout cela

Quand le France, bien mieux conduite,

Encor grande se révéla...

Mais, pour la présent, peu n'importe

Ce qu'advint du monarque anglais:

Il est très certain qu'il est morte...

Après cela, rien je n'en sais.

[23] Voir note à l'appendice.

[24] Voir note à l'appendice.

HENRI VI
(1422-1461)

La fils du roi Henri Cinquième

Il n'était vieil que de huit mois

Quand il ceignit la diadème

Anglais et français à le fois.

Car, depuis quelque temps, le France

Presque entier il était soumis,

Et de l'anglaise dépendance

Il n'était pas encor remis.

Plus tard, levant son oriflamme,

L'anglais monarque il put entrer

Dans Paris même, à Notre-Dame,

Et, pompeux, s'y faire sacrer...

Bah! très souvent, par invective,

Bien des gens s'en font faire autant

Sans que leur pouvoir digestive

S'en affecte la moindrement.

Henri, d'oun race si tant fière,

N'était pas oun génie extra;

Peut-être en aurait-on pu faire

Oun très honneste magistrat.

Mais roi d'Angleterre et de France,

Ah, fichtre! c'est oun dur métier,

Exigeant plus la connaissance

Que pour compolser oun dossier.

N'importe! Il eut assez d'adresse

—Et ce fut pour lui très heureux,—

Qu'il put épouser oun princesse[ [25]

Ayant de l'esprit pour les deux.

Il voulut, tout d'abord, en France

Garder ce qui lui fut donné;

Mais des Anglais l'ancien pouissance

Il devint tout ratatiné.

C'est cet Henri dont les armées

Partout répandant les terreurs,

Furent si tant bien abîmées

Par la maiden de Vaucouleurs.

Devant la bras si redoutable

De la pieuse Jeanne Darc

L'Anglais courait comme la diable

Ou comme oun mouton dans oun parc.

Peut-être courrait-il encore

Si, dans oun guet-apens surpris

Par des alliés de Bedfore,

Pauvre Jeannot n'eût été pris

Et remis aux mains exécrables

D'oun gars... portant nom d'animal

Que devant les gens respectables

De mentionner il serait mal.

Elle était oun fille très saige,

Conduite par la doigt de Dieu;

Mais cet gueux, triplement sauvaige,

Il la fit périr dans la feu.

Depuis cette aventure inique

Jeanne il est partout admiré;

Mais la tribunal tyrannique

Qui l'a jugée est exécré.

Notre Henri Six en Angleterre,

A peu près dans la même temps,

Il ne savé plus comment faire

Pour répondre à les mécontents.

Les maisons d'York et de Lancastre

Alors commençaient à lutter,

Et préparaient la grand désastre

Qui tant de sang devait coûter;

Car, parmi tous les affreux choses

Qui désolèrent les humains,

Je crois le Guerre des Deux Roses

Il été l'oun des plus vilains.

D'abord Henri, cet imbécile,

Il se fit battre à Saint-Alban

Par Warwick, capitaine habile

Et quelque peu d'oun prétendant.

Mais bientôt le reine lui-même

Prenant parti pour son mari,

Battit comme oun œuf de carême

Cet-là qui l'avait conquéri.

L'an suivant, oun autre défaite

Mit encor Henri Six à bas;

Alors il dut, courbant le tête,

Vers le prison tourner ses pas.

Dans le Tour, pour six longs années

Probablement qu'il s'ennuyait,

Quand Warwick, maître-ès-destinées,

A la trône il le renvoyait;

Procédé bien étrange, en somme,

Et si tant curieuse à la fois

Que, depuis lors, Warwick on nomme

«Faiseur et défaiseur de rois.»

Enfin, par la prince Edouard Quatre,

Oun fils de la Yorkais maison,

Pauvre Henri se fit encor battre

Et refourrer dans le prison

Où, cinq ans plus tard... il est morte...

Peut-être cet dernier malheur

Peut s'expliquer de meilleur sorte

Par... Edouard, la compétiteur.

[25] Voir note à l'appendice.

EDOUARD IV
(1461-1483)

Edouard, de le maison yorkaise,

Etait oun fort joli garçon,

Ce qui pour en être oun mauvaise

N'est, certes, pas oune raison.

Nous avons vu comment cet homme

Il parvint à roi devenir;

Bien! son histoire il est, en somme,

Pas de très bonne souvenir.

Toujiours il ne fit que batailles

Même avec ses meilleurs amis,

Multipliant impôts et tailles,

Croyant que tout lui fût permis.

De Lancastre, maison rivale,

Il chercha la malheur en tout,

Affectant sa pouvoir royale

A le poursuivre jusqu'au bout.

Mais ce n'est pas là tout encore

Qu'il s'arrêta dans son chemin;

Il eut comme oun soif qui dévore

De répandre la sang humain.

Il avait avec lui deux frères:

L'un Clarence, et l'autre Richard,

Cet-lui-ci des meilleurs guerrières,

Et cet-lui-là fameux pochard.

Un jour, au malheureux Clarence,

Gardé par son ordre en prison,

Edouard fit mettre en son présence

Oun grand tonneau de vin, dit-on.

Puis... on trouva le pauvre hère

Noyé... du coup qu'il avala...

Bien! on ne dit pas que son frère

Il pleura beaucoup pour cela.

Ayant emprisonné le femme

De la défunt roi Henri Six,

Edouard, le vengeance dans l'âme,

Encore assassina son fils.

On verra bientôt par le suite

Que cet attentat odieux,

Infâme et lâche il fut bien vite

Rétribué jusqu'au plus creux.

Au roi de France il chercha noise[ [26];

Mais Louis Onze eut vite alors,

Avec sa petit air sournoise,

Mit la fougueux saxon dehors.

Enfin, croyant voir son pouissance

Montée au gré de ses désirs,

Il se mit à faire bombance

Et se jeta dans les plaisirs.

Il mourut d'étrange manière,

Et... je vous ferai remarquer

Que sans doute Richard, son frère,

Mieux qu'oun autre... peut l'expliquer.

[26] Voir note à l'appendice.

EDOUARD V
(1488-....)

C'est la fils de la précédente.

Pauvre enfant! Son oncle Richard

Voulut être nommé Régente

Et le tenir sous sa regard...

La prince—ô destinée amère!—

Régna deux mois... dans oun prison

Avec Richard, sa petit frère,

Qu'on lui donna pour compaignon.

Puis, sur les ordres du Régente,

Cet criminel audacieux

Que le soif de régner tourmente,

A mort ils furent mis tous deux[ [27].

[27] Voir note à l'appendice.

RICHARD III
(1483-1485)

C'est lui, l'infâme meurtrière

De son frère et de ses neveux,

Qui, dans l'art triste de mal faire

Surpassa toutes ses aïeux.

Cet homme monté sur la trône

Après s'être couvré de sang,

Jamais dans les yeux de personne

Ne fut autre qu'oun grand tyran.

Il avait l'âme vile et noire,

La c[oe]ur de vices saturé,

Et dans la monde son mémoire

Il fut toujiours très exécré.

D'être reconnu pour oun diable

C'est déjà beaucoup assez mal;

Mais, vrai, c'est trop abominable

Que d'être oun pareil animal.

Bien! Ecoute, Richard, écoute!

Vivant je t'aurais craint, bandit;

Mais puisque ta mort ne fait doute,

Je n'ai point peur: donc sois maudit!