VI
La vie de Jésus-Christ sur la terre a été ce que le péché l’a faite, terrible et dure au delà des paroles.
Cependant le Thabor a restitué un moment le Fils de l’Homme à la splendeur.
Le Dimanche des Rameaux l’a restitué à la gloire.
Le Dimanche de Pâques l’a montré dans la Résurrection.
Et l’Église dit, en parlant de ce jour-là :
Voici le jour que le Seigneur a fait.
Elle nous présente Dieu comme étant l’auteur du Dimanche, et ayant sur ce jour-là une autorité particulière.
Les élus verront Dieu, mais il y a néanmoins, au fond de lui, quelque mystère réservé, quelque gloire inouïe, improbable, dit le père Faber, qu’ils ne verront jamais. Ils l’adoreront, mais ils ne la verront pas, et loin de s’opposer à leur bonheur, cette gloire éternellement inconnue les ravira sans se montrer, dans une adoration suréminente qui portera sur l’ineffable.
Même dans l’éternité, même pour les saints, même pour les anges, Dieu garde sa réserve, son secret, son partage.
Plus le regard humain est profond et éclairé, plus il distingue l’exception de la loi.
Plus il est grossier et corrompu, plus il tend à les confondre.
Plus l’homme est aveugle, plus le Dimanche s’efface devant lui. Le signe posé par la main de Dieu n’est visible qu’à l’œil éclairé.