VII
Ce jour sera le signe entre moi et vous.
Le signe est la marque de l’alliance.
Le signe !
Ainsi la profanation du Dimanche est un attentat contre l’alliance. Elle efface le signe que Dieu a fait. Elle est le crime contre l’arc-en-ciel.
Le repos et l’Arche sont sans cesse rapprochés dans l’Écriture.
Surge, Domine, in requiem tuam, tu et arca sanctificationis tuæ.
Le précepte du sabbat était contenu dans les tables de la loi, et les tables de la loi étaient contenues dans l’Arche.
Souvenez-vous des Bethsamites frappés de mort parce qu’ils avaient jeté sur l’Arche d’alliance un regard profane.
Souvenez-vous du roi frappé de mort pour l’avoir touchée.
Souvenez-vous du vieillard Héli qui tombe de cheval et meurt, apprenant que l’Arche est aux mains des ennemis.
Souvenez-vous des Philistins qui ont peur de la garder, car elle contient pour eux la mort.
Et rappelez-vous les paroles qu’entendit Adam et la parole qu’a entendu Moïse :
« Le jour où tu auras mangé du fruit défendu tu mourras de mort. »
« Celui qui aura profané le jour du repos, mourra de mort. »
Mea est ultio[4], dit le Seigneur.
[4] Deut. XXXII, 35.
La loi du pardon ne s’éclaire-t-elle pas ici, d’une grande lumière ?
La vengeance est comptée parmi les trésors qui appartiennent en propre au Seigneur. Elle est sa réserve et sa propriété.
« Mea ultio. — La vengeance est ma chose. Mihi vindicta. — La vengeance m’appartient.
« Nonne hæc condita sunt apud me et signata in thesauris meis. — Marquée dans mes trésors. »
Celui qui se venge lui-même attente à la réserve du Seigneur.
Si esurierit inimicus tuus, ciba illum, et si sitierit, da ei aquam bibere[5].
[5] Is. LVI, 2.
Prunas enim congregabis super caput ejus, et Dominus reddet tibi.