VIII

A travers la nuit des siècles, éclairée par la lueur des prophéties, l’écho de la parole dite à Moïse retentit sur tous les sommets. Et, partout, partout n’oublions pas de le remarquer toujours, c’est la question de vie ou de mort qui est posée.


Bienheureux, dit Isaïe, l’homme qui fait cela et le fils de l’homme qui sauvera ceci : Gardant le sabbat pour ne pas le violer, gardant ses mains pour ne pas faire le mal[6].

[6] Rom. XII, 20.


Ceux qui auront gardé mon sabbat et cherché ma volonté et observé mon alliance, je leur donnerai place dans ma maison : Je leur donnerai un nom éternel qui ne périra pas[7].

[7] Is. LVI, 4, 5.

« Et la moisson sortira de la moisson et le sabbat du sabbat.

« Toute chair viendra pour adorer devant ma face, dit le Seigneur.

« Et ils sortiront, et ils verront les cadavres de ceux qui ont attenté contre moi. Et leur ver ne mourra pas, et leur feu ne s’éteindra pas, et ils seront offerts à toute créature pour rassasier ses yeux[8]. »

[8] Is., LXVI, 23, 24.


Et Jérémie :

« Voici ce que dit le Seigneur : « Gardez vos âmes, et ne portez pas de fardeaux le jour du sabbat. »

« Si vous ne m’écoutez pas, si vous ne sanctifiez pas le sabbat, si vous portez ce jour vos fardeaux……… Je mettrai le feu dans vos murs, et il dévorera les maisons de Jérusalem, et vous ne pourrez pas l’éteindre[9]. »

[9] Jér., XVII.

Les recherches de l’érudition moderne, faites autour de la mer Morte, ont constaté une intéressante analogie entre le bitume et le soufre, par qui périrent Sodome et Gomorrhe, et le pétrole que nous connaissons ; les procédés semblent les mêmes.


Et Ézéchiel :

« Je leur ai donné le sabbat pour être entre eux et moi le signe d’alliance……… et ils ont violé le sabbat……… car leur cœur courait après les idoles[10]. »

[10] Éz., XX, 12, 16.

Voici encore un mystère qui s’entr’ouvre, et que j’ai indiqué :

La violation du sabbat est assimilée à l’idolâtrie.

Dérober pour la créature ce qui appartient au Seigneur, c’est attribuer à cette créature ce qui est divin, c’est la proclamer divine, c’est l’idolâtrer.

Porter la main sur la réserve du Seigneur c’est le premier pas vers la magie.

Qui sait par quelle série de crimes surhumains, l’homme ayant déserté le sabbat du Seigneur a pu descendre jusqu’à la fréquentation de cet autre sabbat qui est le lieu même de la magie, et dont le nom ressemble à une épouvantable et infernale parodie de la chose trois fois sainte.


Écoutez la prière d’Esdras :

« J’ai dit aux lévites de se purifier, de venir garder les portes et de sanctifier le jour du sabbat. A cause de cela, souvenez-vous de moi, mon Dieu, et épargnez-moi selon la multitude de vos miséricordes ! »


Antiochus interdit la solennité du sabbat et sentit en mourant qu’il mourait puni.

La mort et la violation du sabbat sont deux compagnes qui ne se quittent pas dans l’Écriture. Elles cheminent inséparables à travers les siècles historiques.


Et un peu plus loin ;

Quand Nicanor apprit que Judas Macchabée était aux environs de Samarie, il songea à l’attaquer avec toutes ses forces le Jour du Sabbat.

Or, les juifs qui étaient contraints de le suivre, lui disaient :

Ne soyez pas si barbare, honorez le Jour du Seigneur, rendez gloire à celui qui voit tout.

Ce malheureux demanda si celui qui a ordonné la sanctification du Sabbat était puissant au ciel.

C’est le Dieu vivant, puissant au ciel, répondirent-ils, qui a ordonné le repos du septième Jour.


Et moi, dit Nicanor, je suis puissant sur la terre. Et Jérémie le prophète du Seigneur apparut en songe, au prêtre Onias et, dans le songe, il donnait à Judas Macchabée un glaive de feu.

Judas Macchabée supplia le Seigneur d’envoyer à ses ennemis, la Peur qui est à ses ordres, et lui et les siens en exterminèrent trente et un mille, et dans une joie magnifique, ils sentirent la présence de Dieu.

La tête de Nicanor fut coupée, sa langue qui avait insulté le Jour du repos fut donnée à manger aux oiseaux de proie.

Sa main fut suspendue au mur du temple.