ACTE III, SCÈNE II
JEAN, PERRICHON, MADAME PERRICHON, HENRIETTE
Ils portent des sacs de nuit et des cartons
PERRICHON.—Jean… c'est nous!
JEAN.—Ah! monsieur!… madame!… mademoiselle!… (Il les débarrasse de leurs paquets.)
PERRICHON.—Ah! qu'il est doux de rentrer chez soi, de voir ses meubles, de s'y asseoir! (Il s'assied sur le canapé.)
MADAME PERRICHON, assise à gauche.—Nous devrions être de retour depuis huit jours…
PERRICHON.—Nous ne pouvions passer à Grenoble sans aller voir les Darinel[1]… ils nous ont retenus… (A Jean.) Est-il venu quelque chose pour moi en mon absence?
JEAN.—Oui, monsieur… tout est là sur la table.
PERRICHON, prenant plusieurs cartes de visite.—Que de visites! (Lisant.) Armand Desroches…
HENRIETTE, avec joie.—Ah[2]!
PERRICHON.—Daniel Savary… brave jeune homme! Armand Desroches…
Daniel Savary… charmant jeune homme!… Armand Desroches.
JEAN.—Ces messieurs sont venus tous les jours s'informer de votre retour.
MADAME PERRICHON.—Tu leur dois une visite.
PERRICHON.—Certainement j'irai le voir… ce brave Daniel!
HENRIETTE.—Et monsieur Armand?
PERRICHON.—J'irai le voir aussi… après. (Il se lève.)
HENRIETTE, à Jean.—Aidez-moi à porter ces cartons dans la chambre.
JEAN.—Oui, mademoiselle. (Regardant Perrichon.) Je trouve monsieur engraissé. On voit qu'il a fait un bon voyage.
PERRICHON.—Splendide, mon ami, splendide! Ah! tu ne sais pas? J'ai sauvé un homme!
JEAN, incrédule.—Monsieur?… Allons donc[3]!… (Il sort avec
Henriette par la droite.)