ACTE IV, SCÈNE X

LES MÊMES, MAJORIN

MAJORIN.—Monsieur Perrichon, j'ai touché mon dividende à trois heures… et j'ai gardé la voiture de monsieur[1] pour vous rapporter plus tôt vos six cents francs… les voici!

PERRICHON.—Mais cela ne pressait pas.

MAJORIN.—Pardon, cela pressait… considérablement: maintenant nous sommes quittes… complètement quittes.

PERRICHON, à part.—Quand je pense que j'ai été comme ça[2]!…

MAJORIN, à Daniel.—Voici le numéro[3] de votre voiture, il y a sept quarts d'heure. (Il lui donne une carte.)

PERRICHON.—Monsieur Armand, nous resterons chez nous demain soir… et si vous voulez nous faire plaisir, vous viendrez prendre une tasse de thé…

ARMAND, courant à Perrichon, bas.—Demain! vous n'y pensez pas[4]!… et votre promesse au commandant? (Il retourne près d'Henriette.)

PERRICHON.—Ah! c'est juste! (Haut.) Ma femme… ma fille… nous repartons demain matin pour la mer de Glace.

HENRIETTE, étonnée.—Hein?

MADAME PERRICHON.—Ah! par exemple! nous en arrivons! pourquoi y retourner?

PERRICHON,—Pourquoi? peux-tu le demander? tu ne devines pas que je veux revoir l'endroit où Armand m'a sauvé?

MADAME PERRICHON.—Cependant…

PERRICHON.—Assez! ce voyage m'est commandant… (Se reprenant.) commandé[5] par la reconnaissance!