COURAGE ET TÉMÉRITÉ
Pour arriver plus tôt, afin de sauver son jeune frère qu'il venait de voir tomber dans une mare, où il allait périr, le petit Claude s'élança un jour de la fenêtre du premier étage. Grâce à Dieu, il sortit sain et sauf de cette périlleuse prouesse et ramena son frère, vivant, sur le bord.
Comme on le félicitait de sa généreuse action: «Ah! le beau miracle! se prit à dire jalousement André, son cousin. J'ai bien sauté de plus haut, moi, l'autre jour. Vous savez la grande échelle du fenil? Eh bien! je ne m'y suis pas pris à deux fois. D'un bond: hop! Et je n'ai rien de cassé, moi, non plus.
—Tu as fait cela? demanda le père du jaloux.
—Oui.
—Et dans quel but t'exposer si follement?
—Pour m'amuser, pour prouver que je n'ai pas peur.
—Ah! oui!»
Le père, irrité de la sotte gloriole de son fils et du mauvais sentiment qui l'avait porté à essayer de s'en faire honneur, vint droit à lui, et, le prenant par l'oreille, il lui apprit à ne plus confondre le courage utile et la sotte témérité.