CHAPITRE II.

Des voyelles simples.—Leur valeur individuelle.—Comment on les modifiait les unes par les autres.—Multiplication des diphthongues par une réaction de la langue écrite sur la langue parlée.—Accents vicieux chez les modernes.—OU et EU se suppléant.

§ Ier.

Cinq caractères pour représenter toutes les voix du gosier humain, c'est bien peu! La musique du moins possède sept notes, et elle a le secours des dièses et des bémols, sans compter les octaves; mais le langage en est réduit aux cinq voyelles.

Encore sur les cinq y en a-t-il une dont l'énergie native se refuse à toute modification, excepté celle de la durée. C'est l'i, qui ne subit d'accent que le circonflexe.

On en tira parti comme l'on put en le condamnant à modifier les quatre autres, desquelles l'a et l'e se montrèrent les plus souples et dociles; l'o et l'u se prêtent à moins d'altérations.

Il faut poser en principe que la valeur primitive, individuelle de ces quatre sons A, E, O, U, était longue et fermée; ce qu'un grammairien du VIe siècle me paraît exprimer assez bien par pingues et impinguntur[42]. On fit ressource de l'i pour leur donner le son bref, sec et ouvert.

[42] Virgile Maron., apud Mai, Bibl. Vat., t. V.